Dans le cadre de la mission d'évaluation des politiques publiques du sport en Outre-mer, le sénateur Dominique Théophile s’est rendu à Mayotte du 12 au 14 janvier. Ayant rencontré responsables institutionnels, politiques, sportifs, le parlementaire poursuit sa visite des territoires ultra-marins afin de rendre ses conclusions en mai prochain.

Pour muscler le sport dans les outre-mer, le sénateur Dominique Théophile s’est rendu à Mayotte

Dans le cadre de la mission d'évaluation des politiques publiques du sport en Outre-mer, le sénateur Dominique Théophile s’est rendu à Mayotte du 12 au 14 janvier. Ayant rencontré responsables institutionnels, politiques, sportifs, le parlementaire poursuit sa visite des territoires ultra-marins afin de rendre ses conclusions en mai prochain.

« Il est important de venir voir comment cela se passe ». Le préfet de Mayotte a salué la démarche du sénateur de la Guadeloupe Dominique Théophile d’être venu dans le cadre de sa mission d’évaluation des politiques publiques du sport en Outre-mer. Confiée par la Première ministre, sur proposition de la ministre des Sports, Amélie Oudéa Castera, et le ministre délégué en charge des Outre-mer, Jean-François Carenco, le sénateur aura la responsabilité « de faire remonter les préoccupations mais aussi ce qui fonctionne bien dans ces territoires [ainsi que] tout ce qui mérite d’avoir une attention particulière pour faire monter en gamme les pratiques et la question des équipements et du sport de haut niveau », note-t-il.

Le sénateur Dominique Théophile

Le sport dans l’outre-mer accumule du retard

Mayotte est loin d’être le seul département ultra-marin à souffrir d’un manque d’équipements, de difficultés à les entretenir, souligne le parlementaire qui précise sa vision de sa mission : « Il ne faut pas que ce soit un rapport de plus. Une fois que l’on a fait le constat qu’est-ce qu’on fait ? Comment le fait-on et avec qui? Quel calendrier fixer ? ». Autant d’interrogations susceptibles de trouver une traduction dans la réalité puisque le combat du sénateur est bel et bien « de faire accepter quelques préconisations pour que ce soit inscrit dans un budget de l’Etat ». Afin de tirer vers le haut niveau les athlètes d’aujourd’hui, le constat réalisé au regard de la situation dans les outre-mer nécessite une traduction concrète.

Un équilibre de vie favorisé par le sport

Plusieurs axes seront à l’étude dans le rapport du sénateur comme l’augmentation du nombre de pratiquants dans les outre-mer afin qu’ils participent à leur échelle à l’ambition nationale d’atteindre « les trois millions de pratiquants à l’orée des jeux Olympiques de 2024 ». En effet, note le sénateur, « quand on regarde le ratio habitant population, nous sommes à près de 9 points d’écart avec l’hexagone ». L’insuffisance de la pratique sportive doit pouvoir trouver une réponse dans le développement du « sport-santé » afin de lutter contre la « prévalence de l’obésité, de pathologies avec des taux importants ». Ainsi comme le rappelle en septembre dernier l’Agence régionale de santé, à Mayotte, « en 2019, six femmes de 15 ans ou plus sur dix sont en situation de surpoids dont la moitié en obésité, tandis que chez les hommes, cinq sur dix sont concernés dont le tiers en situation d’obésité ».

Madi Vita (2e en partant de la gauche), attend que les futures préconisations se traduisent dans la réalité

Adapter la politique du sport à la réalité du territoire

Néanmoins, comme souligné par le préfet du 101e département, « on ne peut pas s’extraire à Mayotte du contexte sécuritaire. On ne peut pas s’extraire de la violence en disant que cela se passera bien, notamment dans le sport en plein air. Il faut prendre en compte la sécurité des lieux ». Dans cette démarche, un travail conjoint avec la gendarmerie nationale a été réalisé afin de « reconquérir les lieux touristiques ». Madi Vita, Président du comité régional olympique et sportif (CROS), a insisté sur la nécessité de « mettre en place une politique cohérente du sport » ainsi qu’un « rattrapage au niveau des équipements » ; rattrapage se devant être proportionnel à la réalité du territoire. Cette mission parlementaire semble avoir suscité nombre d’espoirs au niveau des acteurs locaux, puissent-ils trouver une déclinaison dans les préconisations attendues en mai prochain.

Pierre Mouysset

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.