Les Affaires maritimes de Mayotte disposent désormais d’un nouveau moyen nautique pour assurer leurs missions en mer : le Kashkazi, une vedette inaugurée ce mercredi en présence du préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, dans un contexte où les besoins de surveillance restent importants et où la filière de pêche doit faire face aux conséquences du cyclone Chido.
Cette nouvelle embarcation était nécessaire pour remplacer un bateau qui avait déjà 25 ans. Elle doit notamment permettre à l’Unité littorale des Affaires maritimes (ULAM) de poursuivre ses missions de contrôle des activités de pêche et d’accompagnement des professionnels, alors que les moyens nautiques du service ont été fragilisés.
« On espère dans quelques mois, remplacer notre principale embarcation qui a été coulée pendant le cyclone », indique Christophe Trollet, directeur adjoint de la DEALM.
Un outil pour contrôler les activités de pêche
La mise en service du Kashkazi intervient alors que les autorités veulent renforcer le suivi des activités de pêche dans les eaux mahoraises, pour vérifier le respect des règles applicables aux navires et les équipements de protection que les marins doivent porter, mais aussi pour mieux accompagner les professionnels dans l’évolution de leur activité.

Le préfet, Frédéric Poisot, a rappelé que les Affaires maritimes avaient besoin de moyens adaptés pour intervenir en mer, soulignant le paradoxe d’un service dont la mission principale se déroule sur l’eau, mais qui avait perdu une partie de ses capacités après Chido.
Au-delà des contrôles, le représentant de l’État insiste sur la nécessité de remettre la filière pêche sur de bonnes bases, alors que celle-ci occupe une place importante dans l’économie locale et que plusieurs difficultés persistent, notamment en matière d’équipements, de réglementation et de renouvellement des embarcations.
« Le contrôle c’est pas simplement une action qui vient contraindre… elle vient sécuriser, elle vient protéger et puis elle vient restructurer », rappelle le représentant de l’état.
Le lagon sous pression après Chido
La reconstruction du secteur de la pêche reste un chantier important, d’autant que le cyclone Chido a détruit de nombreuses installations, dont une grande partie des dispositifs de concentration de poissons, qui permettent de regrouper ces derniers dans certaines zones pour faciliter leur capture.

Cette destruction accentue la pression sur les ressources du lagon, selon le préfet, qui évoque un problème de surpêche et la nécessité de reconstituer ces dispositifs. L’objectif annoncé est d’en remettre en place environ 25 à 26, afin de contribuer à une meilleure organisation de l’activité et de limiter la pression exercée sur les zones de pêche.
Mais les difficultés ne se limitent pas à la disponibilité de ces installations, puisque les professionnels doivent également faire face à la destruction de leurs embarcations et au manque de moyens pour exercer leur métier, tandis que les questions de normes et de réglementation des navires restent à régler. Face à ces problèmes, Frédéric Poisot souhaite réunir rapidement les pêcheurs, les services de l’État et les collectivités concernées afin de définir les mesures à prendre à partir des besoins exprimés sur le terrain.
« Moi, ce que je souhaite, c’est qu’on puisse se réunir assez vite. Donc avant la fin de l’année, j’espère au mois de novembre », a-t-il indiqué.
Un autre navire attendu en 2027
L’arrivée du Kashkazi ne marque pas la fin du renouvellement des moyens nautiques des Affaires maritimes, puisque l’État prévoit de remplacer l’autre embarcation encore en service l’année prochaine, avec un navire d’un gabarit comparable à celui du bateau qui vient d’être inauguré.
Le préfet a également évoqué les autres moyens présents à Mayotte, notamment les neuf intercepteurs opérationnels destinés à différentes missions, dont la lutte contre l’immigration clandestine (Lic), ainsi que le grand patrouilleur utilisé par la gendarmerie maritime.

Il a toutefois tenu à rappeler que les missions des Affaires maritimes ne se confondent pas avec celles de la lutte contre l’immigration, leur rôle principal restant notamment le contrôle des activités de pêche et la surveillance des conditions de sécurité en mer. Les agents peuvent cependant faire remonter des observations utiles aux services compétents lorsqu’ils sont en mission.
Avec l’arrivée du Kashkazi, l’État entend donc renforcer les capacités d’action des Affaires maritimes, et préparer la remise en état d’une filière pêche durement affectée. Le renouvellement des navires constitue la première étape, mais la reconstruction du secteur dépendra aussi des moyens laissés aux pêcheurs, des règles applicables à leurs embarcations et des décisions qui seront prises avec les acteurs locaux dans les prochains mois.
Shanyce MATHIAS ALI.


