L’Office de l’eau de Mayotte organise, ces mercredi 14 et jeudi 15 octobre 2026 à l’hôtel Hamaha Beach, la toute première édition des Rencontres citoyennes de l’eau. Conçu pour devenir un rendez-vous annuel, l’événement a ouvert ses micros aux habitants lors d'une première journée d'écoute sur les pénuries, la qualité et le coût de la ressource.

Rencontres citoyennes de l’eau à Mayotte : donner la parole aux usagers pour éclairer les décisions publiques

L’Office de l’eau de Mayotte organise, ces mercredi 14 et jeudi 15 octobre 2026 à l’hôtel Hamaha Beach, la toute première édition des Rencontres citoyennes de l’eau. Conçu pour devenir un rendez-vous annuel, l’événement a ouvert ses micros aux habitants lors d'une première journée d'écoute sur les pénuries, la qualité et le coût de la ressource.

Face aux coupures chroniques, aux incertitudes sur la qualité sanitaire et à l’inflation des factures, l’accès à l’eau potable demeure l’épreuve quotidienne numéro un de la population insulaire. Si les arbitrages se négocient régulièrement à huis clos au sein des comités techniques et des états-majors administratifs, la parole des premiers concernés peinait jusqu’ici à trouver un canal d’expression structuré et apaisé.

L’accès à l’eau potable demeure l’épreuve quotidienne numéro un de la population de l’île.

C’est pour combler ce vide que l’Office de l’eau de Mayotte (OEM), présidé par son délégué Nadjayedine Sidi, a convié la société civile aux premières Rencontres citoyennes de l’eau sous le mot d’ordre fédérateur : « L’eau se partage. La parole aussi ».

Malgré un déménagement de dernière minute vers le site côtier d’Hamaha Beach en raison de travaux menés à l’hémicycle Younoussa-Bamana, le public a répondu présent dès l’ouverture des portes. « Notre objectif premier, c’est d’écouter les citoyens, de recueillir leur vision, les difficultés qu’ils traversent et leurs propositions concrètes pour une gestion durable », explique Mohamed Issouf, directeur général de l’Office de l’eau. Pour le responsable, ces retours d’expérience du terrain arrivent à un moment charnière. Ils viendront alimenter les réflexions en cours sur la révision du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) pour le prochain cycle d’usage, tout en précisant la stratégie départementale que l’OEM portera auprès de l’État et du syndicat Les Eaux de Mayotte (LEMA).

Un débat sans filtre… 

Mohamed Issouf, directeur général de l’Office de l’eau Mayotte. Léo Vignal / JDM

Durant la matinée de ce mercredi, les échanges ont porté sur l’état physique de la ressource, sa préservation et le recours aux solutions alternatives, avant d’aborder dans l’après-midi les questions épineuses de gouvernance et de tarification : qui décide et qui paie réellement sur le territoire ? Munis de fiches de doléances et de bulletins de vote déposés dans des urnes, les participants ont dressé leurs priorités d’action de manière chiffrée. 

Loin de l’agressivité parfois constatée sur les réseaux sociaux ou lors des mouvements de blocage routier, la libre expression s’est opérée dans un cadre constructif. « Les gens ont pu exprimer librement leurs colères, critiquer l’action institutionnelle ou suggérer des pistes nouvelles, mais toujours dans le respect mutuel. C’est exactement de ce type de débats dont Mayotte a besoin pour avancer », salue Mohamed Issouf.

Les priorités populaires 

Durant la première matinée, la population a été invitée à s’exprimer. Léo Vignal / JDM

Opérationnel depuis environ un an et demi avec une équipe de sept agents, l’Office de l’eau de Mayotte s’appuie sur une convention stratégique avec l’Office de l’eau de La Réunion, dont le directeur général a fait le déplacement pour partager son retour d’expérience inter-îles face aux dérèglements climatiques qui frappent l’ensemble de l’océan Indien. En parallèle de ses programmes d’accompagnement sur les cuves de récupération d’eau de pluie ou l’assainissement, l’OEM peaufine la mise en place d’un futur Observatoire de l’eau, pensé comme un outil chiffré d’aide à la décision.

Mais la véritable épreuve de vérité se joue ce jeudi 15 octobre. Les organisateurs restituent fidèlement devant les élus départementaux, les représentants des intercommunalités, les services préfectoraux, l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction des Eaux de Mayotte l’ensemble des constats formulés la veille, sans occulter les points de désaccord. En confrontant ces exigences citoyennes aux orientations des décideurs publics dans l’optique d’établir une feuille de route partagée, l’institution espère que la parole de la population pèsera enfin sur les investissements à venir.

Léo Vignal

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