Le collectif Ré‑MaA a adressé ce 9 octobre 2026 une nouvelle mise au point au député de Seine‑Maritime Jean‑Paul Lecoq, à la suite de son intervention la veille à l’Assemblée nationale. Dans ce droit de réponse, les signataires reprochent à l’élu d’avoir encore une fois remis en cause la souveraineté française de Mayotte et d’avoir avancé des éléments historiques jugés erronés.
Au cœur de leur indignation, la mémoire de Zena M’Déré, figure du mouvement populaire pour Mayotte française. Le collectif estime que les propos du député ont porté atteinte à cette personnalité « dont l’engagement, le courage et la détermination ont profondément marqué l’histoire » de l’île. Ils dénoncent des « jugements approximatifs » proférés depuis l’hémicycle et rappellent que Mayotte s’apprête à honorer prochainement cette mémoire, rendant d’autant plus « honteuse » l’intervention incriminée.
Les auteurs du courrier concèdent qu’une lecture différente de l’histoire peut exister, mais refusent qu’elle s’exprime au mépris « de la portée du combat » de celles et ceux qui ont choisi Mayotte française. Ils appellent le parlementaire à la rigueur historique et au respect d’un peuple et de ses figures. Sur la souveraineté, ils soulignent qu’il ne s’agit pas d’un « exercice théorique » destiné à satisfaire « des convictions idéologiques de responsables politiques de l’extrême gauche », mais d’un enjeu ancré dans l’histoire, l’identité et les consultations successives qui ont marqué le destin de l’île.
Le collectif invite Jean‑Paul Lecoq à quitter son « bureau parisien » pour venir écouter les Mahorais, estimant que ses déclarations ont « profondément altéré » la considération dont il bénéficiait et sa légitimité à parler de Mayotte « avec justesse et respect ». Il met également en cause la « cohérence » de son parti et de ses alliés, doutant de la « sincérité » de l’intérêt porté à l’archipel et dénonçant une attention trop souvent guidée par la communication politique.
S’agissant de la proposition de résolution visant à garantir l’accès à l’eau à Mayotte, le texte reconnaît qu’il s’agit d’un droit fondamental, tout en reprochant à l’élu un soutien « ponctuel » servant de caution à un discours en décalage avec « les aspirations profondes » des Mahorais. Les signataires affirment refuser toute instrumentalisation polémique de l’histoire de l’île et exigent « des explications précises » plutôt que « de nouvelles justifications idéologiques ». En conclusion, ils demandent des excuses publiques, réaffirmant que « la mémoire de Zena M’Déré mérite le respect », que « le choix des Mahorais mérite d’être entendu » et que « la dignité de Mayotte n’est pas négociable ». Le courrier est signé par le collectif Ré‑MaA.


