Signé mercredi 16 septembre après quatre heures trente de négociations, le protocole conclu entre la direction du CHM et la CFTC met officiellement fin à la grève des brancardiers et ambulanciers. Heures supplémentaires, effectifs, organisation des transports et groupes de travail figurent parmi les engagements désormais inscrits dans l'accord.

« Une nouvelle étape de travail » : au CHM, le protocole de sortie de grève des brancardiers fixe les engagements 

Signé mercredi 16 septembre après quatre heures trente de négociations, le protocole conclu entre la direction du CHM et la CFTC met officiellement fin à la grève des brancardiers et ambulanciers. Heures supplémentaires, effectifs, organisation des transports et groupes de travail figurent parmi les engagements désormais inscrits dans l'accord.

La grève est terminée, place maintenant aux engagements. Après deux jours de mobilisation, la direction du Centre hospitalier de Mayotte et la section syndicale CFTC ont signé, mercredi 16 septembre, un protocole de sortie de grève. Le document transmis à notre rédaction dessine désormais une feuille de route pour les prochaines semaines et les prochains mois.

Il ne se limite pas à la question des heures supplémentaires. Il prévoit également une réactualisation de l’organisation des services, des possibilités de renfort et la création de groupes de travail avec les professionnels concernés et le SAMU. Une partie des revendications soulevées pendant la grève reste toutefois renvoyée à ces futurs travaux.

Les heures supplémentaires au coeur des engagements

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Les brancardiers et ambulanciers du CHM mettent fin à leur grève après la signature d’un protocole avec la direction. Mathilde Hangard / JDM

Le premier volet du protocole concerne les heures supplémentaires, l’un des principaux motifs de mécontentement des agents. La direction s’engage à assurer le « traitement d’une partie des heures supplémentaires réalisées, dans le respect de la réglementation ». Une formulation qui laisse toutefois une part d’incertitude, le protocole ne précisant ni quelles heures sont concernées ni quelle proportion sera effectivement prise en compte. Un point d’autant plus sensible que certains professionnels disent avoir accumulé plusieurs centaines d’heures au fil des mois, comme l’indiquait lors des négociations de mardi 15 septembre, le président de la CFTC, également brancardier au CHM, Zakouoini Hamada. D’après lui, la difficulté ne résidait pas seulement dans leur reconnaissance ou leur récupération, mais également dans la capacité du service à libérer les agents concernés sans aggraver le sous-effectif.

Le protocole prévoit une autre mesure destinée à agir sur cette situation. Il s’agit d’une « réactualisation des maquettes organisationnelles », autrement dit une remise à plat des besoins en effectifs et de l’organisation du travail. Dans l’attente de cette refonte, la direction ouvre également la possibilité de mettre en place des renforts pour soutenir le service des transports sanitaires, considéré désormais comme un « service en tension ». 

Des groupes de travail pour revoir l’organisation des missions

L’autre volet important de l’accord porte sur l’organisation même du travail des ambulanciers et des brancardiers. Le CHM annonce la création de groupes de travail réunissant les « acteurs concernés », avec notamment la participation du SAMU. Leur objectif sera d’améliorer les conditions d’exercice des professionnels chargés du transport sanitaire et du brancardage.

Cette annonce vient prolonger les discussions menées, mardi, autour des interventions de la Structure mobile d’urgence et de réanimation (SMUR). Les ambulanciers avaient notamment contesté le fait d’être mobilisés seuls sur certaines situations graves, alors que ces interventions relèvent de missions médicalisées.

Une évolution avait été annoncée pour le 1er janvier 2027, avec la volonté de renforcer les équipes du SMUR et de faire en sorte que les ambulanciers ne soient plus seuls sur les situations graves. Pour Zakouoini Hamada, cette réorganisation constituait l’une des avancées majeures des négociations. « Je ne pouvais pas espérer mieux sur cela », estimait-il mardi, défendant une séparation plus claire des missions. « Pour que le SMUR fasse du SMUR et les transports sanitaires du transport sanitaire ». 

Si le protocole signé, mercredi 16 septembre, ne détaille pas l’ensemble des modalités de cette future organisation, il acte en revanche le principe de « groupes de travail » destinés à poursuivre les discussions.

Une sortie de crise, mais plusieurs dossiers encore à concrétiser

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Les retours à domicile des patients en fin de vie restent l’une des situations que les ambulanciers et brancardiers du CHM acceptent de continuer pour permettre aux patients de retrouver leurs proches. Mathilde Hangard / JDM

Si la signature du protocole met fin à la mobilisation, elle ne signifie pas pour autant que toutes les revendications ont trouvé une réponse définitive. Les retours à domicile restent notamment un sujet à trancher. Mardi 15 septembre, les agents souhaitaient que ces transports ne leur soient plus confiés, à l’exception notamment des situations de fin de vie. Le dossier devait encore être présenté aux instances de l’établissement.

Même situation pour les missions effectuées à la morgue. Les brancardiers n’ont pas obtenu la suppression de la prise en charge des corps. Ils souhaitent en revanche que leur intervention soit limitée au transport, sans tâches supplémentaires auprès des familles ou dans la prise en charge des défunts.

Néanmoins, ces questions ne figurent pas, dans les éléments transmis par le CHM. La direction insiste, elle, surtout sur la portée plus générale de l’accord. Elle affirme être « particulièrement attentive à l’amélioration des conditions de travail des agents » et à la nécessité de leur permettre d’exercer leurs missions dans un « cadre sécurisé et adapté ».

Le protocole doit ainsi ouvrir, selon le CHM, une « nouvelle étape de travail ». L’objectif affiché est désormais de mettre en oeuvre les engagements pris et de rechercher des « solutions durables » pour les professionnels comme pour le fonctionnement des services.

Après deux jours de grève, le conflit laisse donc place à une période de mise en oeuvre et de suivi. Pour les brancardiers et ambulanciers, l’enjeu sera désormais de vérifier que les engagements inscrits noir sur blanc dans le protocole se traduisent par des changements concrets dans leur travail au quotidien.

Mathilde Hangard

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