Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.

À Longoni, la situation est loin de l’image d’un port paralysé. Alors que des informations faisant état de centaines de conteneurs bloqués et de navires au mouillage se propageaient dans la matinée, le syndicat SGTPM-CGT assure que les marchandises continuent de circuler. En revanche, un incident survenu lors du déchargement d’un navire chargé de quelque 600 véhicules a ravivé les tensions sur les conditions d’intervention et le rôle des dockers professionnels.

Pas de port bloqué, assure le SGTPM-CGT

Des informations faisant état de centaines de conteneurs bloqués au port de Longoni et de plusieurs navires au mouillage circulaient ce mardi matin. Contacté à ce sujet, Madi Malidi, secrétaire adjoint du syndicat SGTPM-CGT, a toutefois démenti tout blocage des marchandises. « Il n’y a pas de blocage de conteneurs, les marchandises circulent », affirme-t-il.

Derrière ce démenti, un autre sujet cristallise toutefois l’attention du syndicat : le déchargement d’un grand navire transportant environ 600 véhicules. L’opération a bien été menée, mais, selon le SGTPM-CGT, elle l’a été dans des conditions inhabituelles, avec l’intervention de travailleurs intérimaires à la place des dockers.

« Normalement, ce sont les dockers qui doivent rentrer dans le bateau »

La manutention de nouveau manipulée à Longoni… (Image d’illustration)

C’est cette intervention qui suscite l’incompréhension du syndicat. Selon Madi Malidi, les dockers étaient censés assurer le déchargement du navire, mais ont finalement été écartés de l’opération au profit d’intérimaires. Le syndicat affirme en outre ne pas avoir été informé au préalable de ce changement.

« Ils étaient censés travailler avec nous, les dockers, mais aujourd’hui, le gestionnaire du port, le département de Mayotte, la capitainerie autorisent que des personnes civiles non professionnelles (intérimaires) puissent accéder au bateau et opérer des mouvements », déplore le secrétaire adjoint du SGTPM-CGT.

Au-delà de cet épisode, le syndicat s’interroge sur les conditions d’accès aux navires et sur la place des dockers professionnels dans les opérations de manutention. « Normalement, ce sont les dockers qui doivent rentrer dans le bateau pour décharger la marchandise. Ce sont les intérimaires qui ont fait le boulot », insiste Madi Malidi.

Une mise en garde, sans volonté de bloquer le port

Le SGTPM entend désormais obtenir des explications sur les conditions dans lesquelles ils ont été autorisés à intervenir. « Nous on va interpeller les élus, le directeur du port… », annonce Madi Malidi. Le syndicat souhaite notamment comprendre pourquoi il n’a pas été informé de cette organisation et sur quelle base ces travailleurs ont pu effectuer les opérations à bord du navire.

Malgré cette contestation, le SGTPM-CGT assure ne pas vouloir provoquer de nouveau blocage du port. Le syndicat entend tenir compte de la période de transition engagée avec la reprise en main progressive de la gestion de l’infrastructure par l’EPPCM. « Mais on ne va pas mettre en difficulté l’EPPCM qui commence tout juste à reprendre la main sur la gestion du port », explique Madi Malidi. Le syndicaliste assure vouloir privilégier le dialogue. « On n’a pas fait de blocage, on veut être de bonne composition. »

Néanmoins, le syndicat prévient qu’une répétition de la situation pourrait entraîner une réaction plus ferme. « Si ce même scénario se répète, ce serait grave car la direction ne nous a rien dit », prévient Madi Malidi, avant de résumer la position du syndicat. « Mais si on nous écarte une prochaine fois, on le fera savoir. » 

Mathilde Hangard

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