Le chaos routier vécu par les habitants de Mayotte à Mamoudzou, et notamment à Kawéni, pourrait connaître une certaine accalmie. À compter du 16 septembre jusqu’au 11 octobre 2026, les voitures de tourisme dotées d’une plaque d’immatriculation paire pourront circuler les mardis et jeudis, de 5h du matin à 17h l’après-midi. Les lundis et mercredis, sur les mêmes horaires, la circulation sera autorisée aux véhicules dont la plaque est impaire.
Un trafic routier saturé
La Ville explique cette décision par la congestion du trafic routier, qui « nuit considérablement aux conditions de déplacement et à la qualité de vie des habitants ». Selon le communiqué, « de nombreux usagers sont contraints à des départs matinaux pour des trajets pouvant durer 5 à 6 heures », avec des conséquences sur leur santé, notamment en termes de « stress, fatigue et exposition accrue à la pollution atmosphérique ».
La municipalité estime également que cette situation pèse sur le pouvoir d’achat des Mahorais. Elle indique que l’augmentation des coûts d’approvisionnement « contribue à l’inflation constatée dans le département » et fait peser « un risque de rupture de stocks, notamment pour les produits de première nécessité et les denrées alimentaires ».
Une décision adoptée après plusieurs concertations
La décision intervient à la suite d’une réunion de concertation organisée le 8 septembre dernier avec les acteurs socio-économiques de Kawéni et les organisations syndicales, indique la Ville. Selon le communiqué, les acteurs économiques font face à « de grandes difficultés provoquées par la congestion du trafic routier » et ont sollicité la reprise de la circulation alternée afin « d’endiguer la baisse d’activité ».
Les partenaires institutionnels, que sont la Préfecture, le Rectorat de Mayotte, la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement, du Logement et de la Mer de Mayotte, la Communauté d’Agglomération de Dembéni-Mamoudzou, forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers, ont « opté à l’unanimité pour répondre favorablement à la demande des entreprises et des organisations syndicales », poursuit la Ville.
Une population pas si favorable
La population a également été consultée lors d’une enquête en ligne organisée les 9 et 10 septembre. Selon la municipalité, 1.408 personnes ont participé à cette consultation et 55% se sont déclarées favorables à la mise en place d’une circulation alternée sur le secteur.
Deux axes concernés
La réglementation s’appliquera sur la route nationale 1, entre l’intersection du boulevard Mawana-Madi avec la rue de la Barge, au niveau du quai Colas, et le rond-point du supermarché Carrefour, à l’intersection de la rue Océane avec la RN1.
Elle concernera également la route départementale 14, entre l’intersection du boulevard Halidi Sélémani avec le boulevard Younoussa Bamana, au niveau de la côte SOGEA, et le rond-point SFR. Certaines catégories de véhicules seront cependant exemptées de l’interdiction, sur présentation du justificatif correspondant.
Sont concernés les riverains de Kawéni et des Hauts-Vallons, sur présentation de leur carte grise, ainsi que les véhicules des services publics et de leurs délégataires. Les véhicules professionnels, légers et poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sont également exemptés sur présentation de leur carte grise. Les véhicules des services de secours, de sûreté, de sécurité et des services médicaux et d’urgence sociale sont eux aussi exemptés, sur présentation d’une carte professionnelle. Les personnes à mobilité réduite et leurs accompagnants bénéficient également d’une exemption sur présentation de leur carte mobilité inclusion.
« Toute autre dérogation devra rester exceptionnelle », précise la Ville. Elle devra être motivée par « un impératif sanitaire, social ou économique incontestable » et validée directement par le maire de Mamoudzou.
Les transports collectifs encouragés
La Ville rappelle que plusieurs solutions de transport collectif sont disponibles pour les usagers, notamment le réseau urbain Caribus, le réseau interurbain M’Safara et les taxis. Le communiqué indique également que le covoiturage ou des activités physiques comme la marche et le vélo, sont encouragés. Des actions de communication et de concertation avec le public et les acteurs économiques seront organisées « régulièrement pendant toute la durée de la mesure », indique enfin la municipalité.



