Le week-end dernier à Cambaie, un quartier de Saint-Paul à La Réunion, étudiants mahorais en mobilité, institutions, universités et acteurs économiques se sont réunis à l’occasion de la deuxième Journée Interculturelle Estudiantine, placée sous le thème : " Ensemble, bâtir Mayotte de demain - Etudiants d'aujourd'hui, talents de demain". L'événement a été organisé pour rapprocher les formations des besoins de compétences à Mayotte.

À La Réunion, plus de 120 jeunes et acteurs réunis pour penser la reconstruction de Mayotte

Le week-end dernier à Cambaie, un quartier de Saint-Paul à La Réunion, étudiants mahorais en mobilité, institutions, universités et acteurs économiques se sont réunis à l’occasion de la deuxième Journée Interculturelle Estudiantine, placée sous le thème : " Ensemble, bâtir Mayotte de demain - Etudiants d'aujourd'hui, talents de demain". L'événement a été organisé pour rapprocher les formations des besoins de compétences à Mayotte.

Organisée par la Délégation de Mayotte à La Réunion (DMR) et l’Institut du Design Climatique de l’océan Indien, également engagé depuis le cyclone Chido sur des actions d’accompagnement et de formation. La deuxième Journée interculturelles estudiantine a rassemblé étudiants mahorais en mobilité, institutions, universités, entreprises et acteurs de l’accompagnement autour d’un même objectif : rapprocher les parcours de formation des réalités du territoire en pleine construction.

Très vite, la question des besoins futurs de l’île s’est imposée dans les échanges. Bâtiment, eau, énergie, santé, éducation, numérique, environnement ou encore économie bleue sont revenus dans les échanges, avec toujours la même question de fond : quelles compétences il faudra vraiment pour répondre aux besoins de Mayotte dans les prochaines années.

Relier formation et réalités du terrain

Sur place, plusieurs acteurs étaient mobilisés : les universités de Mayotte et de La Réunion, le CROUS Réunion-Mayotte, le GIP CARIF-OREF, ainsi que des représentants économiques et associatifs. Une présence large qui a permis d’aborder, dans la même journée, des questions très différentes mais toutes liées à la condition de vie étudiante : le logement, le coût de la vie, les démarches, les parcours ou encore les opportunités d’emploi.

Les jeunes ont pu avoir des réponses par rapport à diverses difficultés de la vie étudiante. (CR : DMR)

Une autre idée est revenue avec insistance : les étudiants ne doivent pas seulement être bénéficiaires de la reconstruction de Mayotte, ils doivent aussi en être les acteurs.

« Reconstruire l’île ne consiste pas uniquement à rebâtir des infrastructures. Il faut aussi préparer les compétences qui permettront de faire fonctionner durablement les écoles, les services publics, les équipements de santé, les réseaux d’eau, ou encore les transports », explique Marie Josée Karake, chargée marketing territorial à la DMR.

Les jeunes de Mayotte sont ainsi invités à prendre part aux réflexions, aux décisions et aux opportunités liées à cette nouvelle étape du territoire. « Figurez-vous que lorsque le président de l’université a demandé : levez la main ceux qui ne souhaitent pas rentrer et reconstruire Mayotte. Aucun n’a levé la main, tous veulent rentrer ! ».

Mobilité et accompagnement des étudiants

Sur le terrain, la DMR joue le rôle de relais entre les jeunes en mobilité, les institutions, les établissements de formation et les opportunités professionnelles, en complément des organismes spécialisés.  « On est à la fois un lieu d’accueil, un facilitateur de parcours et un trait d’union entre Mayotte et La Réunion. On les aide à mieux comprendre leur nouvel environnement », confie Marie José Karake.

À l’issue de la journée, quatre jeunes ont présenté une restitution collective à quatre voix, partageant ce qu’ils ont compris, entendu et ressenti au cours des échanges. (CR : DMR)

Elle rappelle les difficultés rencontrées par les étudiants en mobilité. En effet, au-delà des études, beaucoup font face à des réalités quotidiennes lourdes parmi lesquelles l’isolement et l’éloignement familial.

Selon elle, ces difficultés s’accumulent souvent et peuvent fragiliser des parcours pourtant prometteurs si elles ne sont pas prises en compte à temps. « Il y a un véritable besoin d’accompagnement humain, de repères et de réseau. Et ils doivent aussi être rassurés, mais également responsabilisés ».

Dans ce contexte, un besoin d’information est également nécessaire, car beaucoup d’entre eux ne savent pas toujours vers qui se tourner, ni comment organiser leur installation. L’enjeu est donc de les aider à gagner progressivement en autonomie, sans réduire la mobilité à la seule obtention.

Dans cette logique, la mobilité doit être comprise comme une circulation des compétences. Les jeunes partent se former, acquièrent des connaissances et des expériences ailleurs, puis peuvent les réinvestir à Mayotte. « La mobilité ne doit pas être perçue comme une rupture avec Mayotte ni comme une fuite des talents », insiste-t-elle.

Une coopération pour la formation et le territoire

L’événement s’est conclu par la signature d’un document de travail entre la Délégation de Mayotte à La Réunion et l’Université de Mayotte.

Un document a été signé entre l’Université de Mayotte et celle de La Réunion. Léo Vignal / JDM.

Il s’agit d’une convention-cadre stratégique visant à renforcer le suivi des étudiants en mobilité, via le tutorat et le mentorat, à rapprocher les formations des besoins du territoire et à faciliter l’insertion professionnelle ainsi que le retour des compétences sur l’île.

« Renforcer les liens entre les deux territoires permettra de mieux préparer les mobilités, d’éviter les ruptures de parcours et de faciliter l’accès aux stages, à l’alternance, à l’emploi et aux expériences professionnelles », partage la chargée marketing de la DMR. 

Au-delà des échanges, la journée a mis en lumière une réalité plus large : la reconstruction de Mayotte ne dépend pas seulement des infrastructures, mais aussi de la capacité à accompagner la génération future.

Shanyce MATHIAS ALI.

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