À l’approche de la saison sèche, le Service départemental d’incendie et de secours de Mayotte (SDIS) se prépare à une période de forte exposition aux feux de végétation. Des actions de prévention et de coordination doivent être mises en place avec les services de la préfecture afin de limiter les risques.
Des campagnes de prévention seront lancées à partir du mois de juillet prochain, a indiqué Patrick Clerc, chef de corps et directeur du SDIS. Cette période est l’une des plus redoutées par les sapeurs-pompiers de Mayotte. « La population n’est pas du tout informée sur ces sujets. Il faut donc absolument communiquer sur les mauvaises habitudes et comment éviter les départs de feu », explique Patrick Clerc.
La prévention comme l’un des axes principaux
« Il y a trois axes principaux pour préparer l’arrivée de cette saison : le premier, informer le grand public sur les risques de feu. Le deuxième : coordonner l’action interservices et le troisième : la montée en puissance du SDIS en termes d’outils et de moyens ». Les années précédentes, les feux de végétation ont été particulièrement rudes, détruisant de nombreux espaces de faune et de flore. L’année dernière, plusieurs hectares ont été complètement dévastés à Tsingoni, Combani et Ironi-Bé.
« Les conditions météo ont changé. On ne peut plus pratiquer l’écobuage comme avant », renchérit Patrick Clerc. Cette pratique agricole consiste à brûler une partie de la végétation sèche pour défricher et préparer un espace à la culture. En saison sèche, le risque d’incendie est plus élevé « car les agriculteurs pensent contrôler le feu mais ce n’est pas le cas ».
Les services de l’État renforcent la prévention
C’est pourquoi, une réunion de coordination sera organisée courant juillet 2026, sous l’égide du préfet, réunissant les services de l’État, l’Office national des forêts (ONF), le Département et la Région de Mayotte, ainsi que la gendarmerie et la police, afin de présenter l’ensemble du dispositif curatif et préventif de lutte contre les incendies.
Dans le prolongement de ce travail de coordination, les services souhaitent renforcer la prévention de proximité, notamment à travers des actions ponctuelles menées auprès de la jeunesse dans les casernes, afin de sensibiliser aux bons comportements.
Un hélicoptère bombardier d’eau et des drones en cours de déploiement
Concernant les moyens aériens, le financement de l’hélicoptère bombardier d’eau est désormais sécurisé et un appel d’offres a été lancé. Le dispositif pourra être déployé dès qu’un prestataire y répondra et que la procédure sera finalisée. La mise en œuvre de cet outil s’inscrit dans cette logique de montée en puissance opérationnelle et de coordination des moyens face aux feux de végétation.
« L’avantage, c’est que pour la première fois nous aurons un hélicoptère bombardier d’eau qui puisera de l’eau en mer », ajoute-t-il. Cet hélicoptère permettra de gagner du temps et de limiter l’extension des feux à des surfaces importantes. Son utilisation n’aura pas d’incidence sur les coupures d’eau. « D’autres nouveautés sont à prévoir à Mayotte », affirme Patrick Clerc. « Une équipe de drones sera également mise en place pour permettre de trouver les zones de départ de feu », conclut-il.
Léo Vignal et Mathilde Hangard


