Présent à Paris lors des Assises internationales des territoires d'activités durables, le président de la Communauté de communes de Petite-Terre a défendu une vision ambitieuse de l'avenir économique de Mayotte. Entre souveraineté, emploi et transition écologique, l'île entend faire de ses contraintes un moteur de développement.

Mayotte plaide pour une transition écologique au service de son développement économique

Présent à Paris lors des Assises internationales des territoires d'activités durables, le président de la Communauté de communes de Petite-Terre a défendu une vision ambitieuse de l'avenir économique de Mayotte. Entre souveraineté, emploi et transition écologique, l'île entend faire de ses contraintes un moteur de développement.

Longtemps perçue comme un handicap économique, l’insularité pourrait-elle devenir un atout stratégique ? C’est le message porté par Charaffoudine Ramadani Toto lors des Assises internationales des territoires d’activités durables, organisées les 10 et 11 juin à Paris. Face aux acteurs nationaux du développement territorial, le président de la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT) a plaidé pour une approche où la transition écologique devient un levier de souveraineté économique pour Mayotte et, plus largement, pour les territoires ultramarins.

Faire de la décarbonation un projet économique

Invité à intervenir lors d’une conférence consacrée à la décarbonation des territoires insulaires, l’élu mahorais a défendu l’idée selon laquelle les enjeux environnementaux ne peuvent être dissociés des réalités économiques locales. Pour Mayotte, confrontée à une forte dépendance aux importations, à une croissance démographique soutenue et aux effets déjà perceptibles du changement climatique, la transition écologique apparaît comme une nécessité autant qu’une opportunité.

Au cœur de cette stratégie figure l’écologie industrielle et territoriale (EIT), une démarche qui vise à créer des synergies entre collectivités, entreprises et acteurs économiques afin de mieux valoriser les ressources locales et limiter les dépendances extérieures. L’objectif : transformer les contraintes structurelles du territoire en nouveaux gisements d’activités et d’emplois. « Dans les territoires ultramarins, la décarbonation n’est pas seulement une ambition environnementale. C’est une stratégie de souveraineté économique, de création d’emplois et de résilience territoriale », a déclaré Charaffoudine Ramadani Toto devant les participants.

Les cinq intercommunalités mahoraises avancent de concert

Le président de la CCPT a également insisté sur la dynamique collective engagée à l’échelle départementale. Avec près de 329 000 habitants répartis dans 17 communes et cinq intercommunalités, Mayotte cherche à structurer son développement autour d’une vision commune. Cette démarche se traduit notamment par l’engagement des cinq établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) dans le programme « Territoire d’Industrie », destiné à renforcer les filières économiques locales et à favoriser l’émergence d’activités productives.

Plusieurs secteurs sont identifiés comme stratégiques : l’agriculture et l’agroalimentaire, la valorisation des ressources locales, l’économie bleue, les énergies renouvelables ou encore la gestion et la transformation des déchets. Autant de domaines dans lesquels les collectivités espèrent réduire la dépendance extérieure du territoire tout en stimulant l’emploi local. Le développement de nouvelles zones d’activités économiques adaptées aux besoins de l’île fait également partie des priorités affichées.

Un plaidoyer pour une meilleure prise en compte des Outre-mer

Au-delà des projets locaux, l’intervention du président de la CCPT avait également une portée politique. Devant les représentants des collectivités et du monde économique réunis par l’Association PALME, il a rappelé la nécessité d’adapter les dispositifs nationaux de financement et les politiques publiques aux spécificités ultramarines. Pour les responsables mahorais, les Outre-mer disposent d’atouts particuliers pour expérimenter des solutions innovantes dans les domaines de l’économie circulaire, de l’autonomie énergétique ou encore de la gestion durable des ressources.

« Les Outre-mer peuvent devenir de véritables laboratoires de l’innovation écologique française », a affirmé Charaffoudine Ramadani Toto. Un message porté à Paris alors que les territoires ultramarins cherchent de plus en plus à faire entendre leur voix dans les débats nationaux sur la transition écologique et la réindustrialisation. Pour Mayotte, l’enjeu dépasse désormais la seule question environnementale. Il s’agit aussi de construire un modèle économique capable de répondre aux défis sociaux, démographiques et climatiques des prochaines décennies.

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