Ils parlent de "tentative de meurtre" et expliquent ne pas avoir reconnu leur collègue victime de coups de fer à béton après avoir été extirpé de force de son véhicule. 

Les enseignants du lycée de Dzoumogné solidaires de leur collègue violemment agressé à Koungou

Ils parlent de "tentative de meurtre" et expliquent ne pas avoir reconnu leur collègue victime de coups de fer à béton après avoir été extirpé de force de son véhicule. 

C’était une agression d’une grande violence que nous avions relayée, également parce qu’aucun secours ne pouvait accéder à la pointe de Koungou où cet enseignant réside, la zone étant en plein chaos sous le joug de délinquants prêts à tout. La plaie au crâne d’environ 15 cm sans parler de sa profondeur avait provoqué de grosses pertes de sang, et ce n’est qu’en après-midi, une voiture banalisée de gendarmes passant par-là, qu’il avait pu être acheminé par un voisin et dûment escorté jusqu’au CHM. Malgré les multiples appels des voisins au 17 et au 15, ces forces de l’ordre bienvenues découvraient la situation…

Un contexte que les habitants de Koungou ne connaissent que trop bien, étant les proies régulières de ces agressions de jour comme de nuit, sans protection, nous l’avons suffisamment rapportée, un coursier et un cadre de la mairie de Koungou en ayant fait les frais. Une mairie qui a dû d’ailleurs fermer ses portes pour préserver ses agents.

Violences, Mayotte
Pierres et fer à béton ont fait exploser les vitres avant que l’automobiliste soit agressé

Ce lundi noir, l’enseignant avait été caillassé au volant de sa voiture, vitres explosé, il avait été extirpé du véhicule et frappé de multiples fois avec des fers à béton. « Je ne sais pas comment je suis revenu chez moi au volant de ma voiture », nous avait-il indiqué. Un voisin l’avait filmé, une vidéo postée sur les réseaux sociaux qu’on découvert avec horreur ses collègues de travail du lycée de Dzoumogné. « Nous ne l’avons pas reconnu tellement la violence de ce qu’il a vécu l’a marqué », rapportent-ils en expliquant vouloir témoigner de leur solidarité.

Une fois la sidération passée, « la colère nous a submergé. Gérard a été victime d’une tentative de meurtre en essayant de se rendre sur son lieu de travail où chaque jour il enseigne le français et l’histoire/géographie afin d’accompagner ses élèves pour en faire des citoyens instruits et éclairés ».

Ils rendent hommage « à son courage », « lui qui a failli mourir en essayant de remplir ses missions d’éducateur » : « La situation actuelle nous empêche de nous rencontrer et même d’aller le voir pour lui montrer notre soutien mais nous voulons témoigner de notre colère face à cette situation dans un territoire que nous aimons et que nous voyons s’enfoncer peu à peu dans la violence et l’incompréhension. Gérard, nous sommes avec toi… »

A.P-L.

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