Du 6 au 12 avril 2026, l’association Amalca, en partenariat avec le Centre hospitalier de Mayotte (CHM), organise la quatrième édition de la « Semaine du Bien-être ». Une initiative devenue essentielle pour accompagner autrement les patients atteints de cancer, en misant sur des soins de support qui apaisent autant le corps que l’esprit.
Une parenthèse de bien-être au cœur du parcours de soins

Massages, modelages, séances de relaxation : au Centre hospitalier de Mayotte, le quotidien des patients en oncologie prend, le temps d’une semaine, une dimension différente. Grâce à l’intervention des bénévoles de l’association réunionnaise Un Autre Regard, ces soins sont proposés gratuitement aux malades, mais aussi à leurs proches.
Ces moments suspendus vont bien au-delà du simple confort. Ils permettent aux patients, souvent éprouvés par les traitements lourds comme la chimiothérapie, de retrouver des sensations positives et de se reconnecter à leur corps. « Après ces soins, les malades se sentent bien », confie-t-on du côté de l’organisation. Dans un contexte où les allers-retours entre l’hôpital et le domicile rythment la vie des malades, ces instants de répit deviennent essentiels pour mieux supporter la maladie.
La socio-esthétique, une discipline encore méconnue à Mayotte
Au cœur de cette semaine : la socio-esthétique. Encore peu développée sur le territoire mahorais, cette pratique se situe à la croisée du soin et de l’esthétique. Elle s’adresse aux personnes fragilisées, qu’elles soient malades, âgées ou en situation de précarité.
Concrètement, les socio-esthéticiennes interviennent pour atténuer les effets visibles et psychologiques de la maladie : perte de cheveux, altérations de la peau, perte d’estime de soi. À travers des gestes simples — apprendre à se maquiller, à porter un foulard, ou à prendre soin de sa peau — elles contribuent à restaurer la confiance.
« Les patients perdent parfois l’estime d’eux-mêmes à cause des traitements. Ces soins leur permettent de se réapproprier leur image », explique Sourayat Bamana, présidente de l’association Amalca. À Mayotte, l’absence de structure dédiée rend ces interventions d’autant plus précieuses, soulignant un besoin encore largement non couvert.
Former localement pour pérenniser l’accompagnement

Au-delà des soins ponctuels, l’enjeu est désormais de structurer une offre durable sur le territoire. L’association Amalca souhaite ainsi former des professionnels locaux à la socio-esthétique. La semaine est aussi rythmée par des actions de sensibilisation. Des rencontres avec des professionnels de la beauté ont déjà eu lieu, tandis qu’une intervention est prévue samedi prochain, auprès des élèves du lycée professionnel de Kawéni. Objectif : susciter des vocations et faire émerger une nouvelle génération de praticiens.
« Il faut déjà être esthéticienne ou coiffeuse, puis suivre une formation complémentaire », précise Sourayat Bamana. Un premier projet est d’ailleurs en cours avec une jeune stagiaire, qui pourrait bientôt exercer à Mayotte. À terme, l’ambition est claire : permettre aux patients de bénéficier toute l’année de ces soins, à l’hôpital comme à la maison. Car derrière cette initiative, un message s’impose : soigner ne se limite pas aux traitements médicaux. Cela passe aussi par l’écoute, la dignité et le bien-être.
Mathilde Hangard



