Environnement : chaque Mahorais peut désormais devenir « Sentinelle de la Nature » grâce à une application

Ce vendredi 27 octobre au matin, Mayotte Nature Environnement (MNE) et la Cadema ont signé une convention de partenariat pour mettre en place et gérer ensemble l’application « Sentinelles de la Nature ». Déjà déployée en métropole par France Nature Environnement, cette plateforme numérique permet à chaque citoyen de signaler une dégradation de l’environnement constatée sur le terrain.

« Signalez une dégradation de l’environnement en quelques clics ! Une photo, une description et le tour est joué ! », peut-on lire sur l’affiche de présentation de la plateforme numérique « Sentinelles de la Nature ». La fédération d’associations environnementales MNE et la Cadema ont décidé d’unir leurs forces pour la déployer à Mayotte via une convention signée ce vendredi matin par Houlam Chamssidine (président de MNE) et Rachadi Saindou (président de la Cadema). Cet outil permettra non seulement de pouvoir agir plus efficacement pour réparer les dommages causés à l’environnement, mais aussi de rendre chaque citoyen acteur de la préservation de la nature à Mayotte.

« Sentinelles de la Nature » est déployé en métropole par France Nature Environnement.

Déjà très mobilisée sur la préservation de l’environnement, la Cadema n’a pas hésité à s’engager dans le déploiement de ce nouvel outil afin de contribuer à changer les mentalités. « La Cadema effectue de nombreuses opérations de nettoyage des déchets sur son territoire. Malheureusement, ça ne se voit pas forcément car une semaine plus tard, tous les déchets sont déjà revenus ! », déplore Houlam Chamssidine qui espère qu’en rendant les Mahorais directement acteurs de la préservation environnementale via cette application, les mentalités évolueront. « Notre levier d’action, c’est la population, mais il faut changer les esprits et cela prend du temps », explique-t-il. Rachadi Saindou se félicite quant à lui de ce partenariat qui « s’inscrit dans la dynamique mise en place par la Cadema » et qui, il l’espère, « permettra d’agir avec rapidité et efficacité ».

Une juriste engagée pour gérer les signalements de dégradation de l’environnement

La juriste Léna Lessard (à droite) est chargée de gérer les signalements.

« Sentinelles de la Nature » est une application gérée territorialement et développée par l’association prête à porter le projet. A Mayotte, MNE n’a pas hésité à endosser le rôle. Pour cela, elle a fait appel à Léna Lessard, une juriste spécialisée. C’est elle seule qui gèrera les signalements dans un premier temps. Si la plateforme s’envole, d’autres personnes seront bien sûr engagées. « Le but premier est de sensibiliser la population. Mon rôle consistera donc également à informer les gens sur les interlocuteurs à contacter dans tel ou tel cas tout en préservant leur anonymat. Nous voulons créer un réseau de gens actifs », affirme-t-elle tout en expliquant que le partenariat avec la Cadema permettra de déployer les moyens techniques pour agir efficacement.

« La saleté sur l’île entache l’image de marque de Mayotte et son attractivité. Nous espérons que cette plateforme contribue à y remédier », a conclu le président de MNE appuyé par celui de la Cadema.

Nora Godeau

 

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Fortes pluies et inondations : la population subit toujours sans réelle politique publique

Ce mercredi 11 mars, de fortes pluies ont transformé rues et quartiers de Mayotte en torrents d’eau, paralysant routes, habitations et écoles. Si les habitants ont été pris de court, l’événement révèle surtout l'absence de prévention et l’insuffisance des infrastructures, déjà fragilisées face aux risques climatiques et à l’urbanisation croissante.

« Discord Etudiants Mahorais », la solidarité étudiante qui dépasse les frontières

À travers un serveur Discord, l’association aide les étudiants de Mayotte à s’installer, réussir et se créer un réseau professionnel, qu’ils soient en France, à la Réunion, au Canada ou ailleurs dans le monde.

L’association Le Regard du Cœur, véritable refuge et famille pour la jeunesse

À Longoni, l’association Le Regard du Cœur accompagne depuis plusieurs années les jeunes du village et des alentours à travers des activités éducatives, sportives et culturelles. Un lieu d’échange et de partage où chacun peut apprendre, s’exprimer et grandir aux côtés des autres.

« C’est la première fois que les hommes assistent à la naissance d’un volcan »

Depuis la découverte du volcan Fani Maore, le chercheur Saïd Saïd Hachim travaille avec le public, en particulier les enfants, pour développer du savoir scientifique sur le phénomène et pour les sensibiliser aux risques naturels et sur les bons gestes à adopter en cas de danger.