Alors que le coût de la vie quotidienne demeure au cœur des préoccupations insulaires, le passage aux stations-service TotalEnergies va peser plus lourdement sur les budgets des ménages mahorais. Dans un communiqué, les services de l’État ont arrêté les nouveaux tarifs plafonds des carburants, marqués par une révision tarifaire orientée à la hausse. La hausse la plus spectaculaire concerne le supercarburant sans plomb. Facturé 2,05 euros le litre en septembre, son prix maximal toutes taxes comprises grimpe de 16 centimes d’un coup pour s’établir à 2,21 euros le litre au 1er octobre.
Une augmentation brutale qui dépasse le simple ajustement marginal. Le gazole routier connaît également une augmentation, bien que plus mesurée. Le litre de diesel avance de 4 centimes, passant ainsi de 2,00 euros tout rond à 2,04 euros. Les activités maritimes et les ménages utilisant des combustibles spécifiques ne sont pas épargnés par cette vague inflationniste.
Très utilisé par les pêcheurs artisanaux et les usagers de petites embarcations à moteur, le mélange détaxé subit la même envolée que le sans-plomb, avec un bond de 16 centimes pour atteindre 1,62 euro le litre (contre 1,46 euro en septembre). Le pétrole lampant enregistre quant à lui une augmentation de 9 centimes, s’affichant désormais à 1,58 euro le litre contre 1,49 euro le mois écoulé. Dans le tableau général de hausse, une seule catégorie reste immobile : le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le prix de la bouteille de gaz domestique de 12 kg demeure strictement gelé à 25,50 euros.
Cours mondiaux et du Fret maritime
Pour justifier ces réévaluations tarifaires, la préfecture rappelle les composantes de sa méthode de calcul réglementaire. À Mayotte, les prix maximaux sont fixés chaque mois en deux temps : d’abord le prix hors taxe, qui agrège les coûts réels d’achat supportés par les entreprises importatrices, les frais d’acheminement, la marge commerciale et la rémunération des capitaux ; puis l’intégration des taxes locales, notamment la fiscalité indirecte votée par le Conseil départemental et servant à financer les collectivités locales du territoire.
Sur le mois écoulé, la détérioration constatée provient directement de la sphère amont. « Cette hausse s’explique par la hausse des coûts liés à l’approvisionnement et le coût d’achat qui ont fortement progressé », souligne l’administration préfectorale. L’éloignement géographique et les contraintes logistiques de l’océan Indien répercutent ainsi de plein fouet les tensions sur les marchés pétroliers internationaux. Dans un contexte économique insulaire déjà sous tension, cette brutale revalorisation des tarifs des carburants risque de se diffuser rapidement à l’ensemble des chaînes de distribution locales, accentuant un peu plus les charges quotidiennes des ménages et des entreprises mahoraises.


