Présenté officiellement ce mardi 29 septembre, l’hélicoptère bombardier d'eau loué par le SDIS de Mayotte intervient depuis le 15 août sur les incendies de végétation, avec plus de 350 largages réalisés en un peu plus d’un mois, notamment lors du feu de Ouangani.

Feux de végétation : le SDIS de Mayotte passe à l’attaque par les airs

Présenté officiellement ce mardi 29 septembre, l’hélicoptère bombardier d'eau loué par le SDIS de Mayotte intervient depuis le 15 août sur les incendies de végétation, avec plus de 350 largages réalisés en un peu plus d’un mois, notamment lors du feu de Ouangani.

Derrière les pompiers réunis pour la présentation, l’appareil attend sur son aire de stationnement, prêt à repartir en intervention. Loué par le SDIS de Mayotte, l’appareil est utilisé depuis le 15 août pour lutter contre les feux de végétation.

Grâce à une poche reliée à l’engin, la capacité d’emport est environ de 800 litres, puisés directement dans le lagon, évitant ainsi de mobiliser le réseau d’eau potable instable. À bord, deux personnes composent l’équipage, avec également un sapeur-pompier chargé du guidage et du suivi des opérations au sol.

La sécheresse et le vent compliquent souvent les interventions, avec des risques de propagation rapide. Dans ce contexte, l’intérêt de l’hélicoptère est surtout de pouvoir agir dès les premières minutes.  « Ça nous permettra d’attaquer plus précocement les feux, d’avoir accès à des endroits  inaccessibles à pied, de gagner du temps et de gagner sur l’épuisement des hommes et des femmes qui combattent le feu », Colonel Patrick Clerc, directeur du SDIS.

Des premières interventions déjà nombreuses

Le Colonel Patrick Clerc, directeur départemental et chef de corps du SDIS 976.

Depuis son arrivée, le bombardier a déjà été engagé sur plusieurs incendies. En un peu plus d’un mois, il a réalisé plus de 350 largages, ainsi que 20 heures de vol, un bilan qui donne déjà une idée de l’utilisation de ce nouveau moyen aérien. Le feu de Ouangani l’a notamment mobilisé pendant 2 jours. « Plus de 260 largages en 2 jours, c’est énorme », souligne le directeur du SDIS.

Au-delà du nombre de largages, les premières semaines ont aussi permis de tester la coordination entre l’équipage et les équipes au sol. Le guidage du largage depuis le sol fait partie des points importants du dispositif, notamment pour assurer la sécurité des équipes engagées autour du feu.

L’autre avantage est la possibilité de puiser directement dans le lagon. Fréderic Poisot insiste sur ce point alors que les feux peuvent nécessiter une grande capacité d’eau. « Non seulement cet engin participe à la sauvegarde de la vie humaine, mais aussi à celle de l’environnement », explique-t-il.

L’appareil reste cependant soumis à ses propres limites techniques, notamment en matière d’autonomie.  Mais cette proximité avec la mer, lui  permet tout de même d’enchaîner les rotations malgré la nécessité de refaire le plein. Un fonctionnement totalement adapté aux besoin du SDIS d’après le directeur.

Du feu de végétation au sauvetage en mer

Le bombardier en pleine action.

Pour cette première saison, la mission principale reste la lutte contre les feux de végétation. Mais le SDIS regarde déjà ce qu’il pourrait en faire au-delà de cette période.

Le sauvetage en mer fait notamment partie des pistes envisagées. L’objectif serait de pouvoir transporter rapidement des plongeurs sauveteurs vers une personne en difficulté, notamment lors de moments de fortes occupation des plages. «  On est quand même très concerné à Mayotte, on a un nombre d’accidents que ce soit des plaisanciers ou autres qui se retrouvent dans l’eau sans pouvoir être secouru assez rapidement  », explique le Préfet.

Des formations doivent être mises en place pour permettre aux équipes d’utiliser l’appareil dans ce type de situation. D’autres missions sont également envisagées, notamment le transport de personnels vers des zones inaccessibles et le sauvetage en milieu périlleux.

« S’il y a un randonneur qui se blesse sur un chemin de randonnée et qui ne peut plus descendre, à ce moment-là, on pourra l’hélitreuiller », précise Patrick Clerc. Des possibilités qui seront explorées à partir de l’année prochaine.

Un appareil encore en location

Pour l’instant, l’hélicoptère reste loué pour la saison des feux, jusqu’au mois de décembre, soit environ quatre mois. Si son utilisation devait s’étendre à d’autres missions, la durée de fonctionnement pourrait être revue.  « Si on décide d’augmenter le potentiel pour d’autres missions comme celle du sauvetage en mer, on revisitera évidemment le contrat et la durée d’opérations pour la machine », indique le préfet.

Frederic Poisot, le Préfet de Mayotte.

La question d’une acquisition à terme est également posée. Pour le moment, aucune décision n’est arrêtée, notamment parce qu’un hélicoptère de ce type représente un investissement important. Le coût de la location actuelle se chiffrerait à plusieurs centaines de milliers d’euros. « Des réflexions sont en cours », précise-t-il, avec la possibilité de conjuguer plusieurs usages et plusieurs administrations autour d’un même appareil.

Celui-ci doit notamment réaliser prochainement des missions de travail aérien à Combani, en parallèle de son engagement pour le SDIS. Hélilagon a également repris les opérations de largage de parachutistes et souhaite relancer ses activités de vol touristique.

L’entreprise prévoit  de reprendre son activité à Mayotte après l’interruption de plusieurs projets liée à Chido, avec notamment la construction d’une nouvelle base et le développement de capacités de maintenance aéronautique sur place.

Réclamé depuis des années par les pompiers, ce nouvel hélicoptère ne règle pas à lui seul la question des incendies, mais vient toutefois renforcer leurs moyens d’intervention avec un outil supplémentaire pour agir rapidement, avec les besoins en eau nécessaires.

Shanyce MATHIAS ALI

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