À quelques kilomètres des échanges organisés dans le cadre des Assises Outre-mer de la biodiversité, le programme s’est poursuivi au bord du lac Karihani, à Tsingoni. Propriété du Conservatoire du littoral, cet espace humide offre un habitat à plusieurs espèces d’oiseaux et constitue un lieu de reproduction pour certaines d’entre elles.
Un écosystème qui a déjà connu des bouleversements

La vie animale du lac ne se limite pas aux oiseaux. Des grenouilles y trouvent également leur place, tandis que les crabiers blancs, poules d’eau et grèbes castagneux fréquentent les abords du plan d’eau. Pour certaines espèces, Karihani constitue un lieu de reproduction utilisé au fil des saisons. La végétation présente autour du lac contribue elle aussi à maintenir les conditions nécessaires à cette diversité.
D’ailleurs, Karihani a déjà connu des périodes difficiles. Le plan d’eau s’est retrouvé à sec il y a quelques années, avant de se remplir à nouveau. Depuis, d’autres problèmes se sont installés, avec notamment une quantité importante de sédiments qui se dépose dans le lac. Les déchets présents aux abords favorisent par ailleurs la présence de rats, qui peuvent s’en prendre aux oeufs et aux nids des oiseaux.
Les usages du territoire au coeur des discussions
Ainsi, la situation du lac ne peut pas être dissociée de ce qui se passe autour. Les constructions urbaines se rapprochent progressivement du site et plusieurs infrastructures importantes sont appelées à se développer dans le secteur.
Ces évolutions posent la question de la place accordée aux espaces naturels sur une île où les besoins en logements et en équipements sont colossaux alors même que les besoins de nature restent précieux, voire vitaux, sur un aussi petit territoire qu’est Mayotte. Autour du lac de Karihani, des éleveurs et des habitants ont également leurs propres usages et activités, ainsi la préservation du lac, devra nécessairement composer avec les transformations à venir du territoire et les usages de ceux qui vivent autour.
Mathilde Hangard


