LPO Mtsangadoua : l’APECSN et la FCPE Mayotte appellent à rouvrir le lycée et à formaliser un protocole de sortie de crise

Après plusieurs semaines de blocage au LPO Mtsangadoua, l’APECSN et la FCPE Mayotte plaident pour une reprise rapide des cours accompagnée d’un retour au dialogue. Les deux organisations jugent que l’affrontement entre personnels mobilisés et administration a atteint ses limites et qu’il faut désormais « construire la sortie de crise » afin que les élèves retrouvent leur établissement.

Le 17 septembre, le Rectorat a présenté de nouvelles réponses aux revendications des personnels et des parents. Parmi les mesures actées, la location pour 18 mois de quatre salles supplémentaires – deux de travaux dirigés d’environ 30 m² et deux banalisées d’environ 60 m² – destinées à faciliter les enseignements en demi-groupes et à desserrer la pression sur les locaux. Pour la rentrée 2027, plusieurs scénarios visant jusqu’à onze salles supplémentaires sont étudiés, avec un point d’étape annoncé avant les congés d’octobre. Concernant les secondes, le retour immédiat à 25 élèves n’est pas retenu, mais 69 heures supplémentaires hebdomadaires sont accordées pour des dédoublements en sciences, langues et co‑enseignement. Le Rectorat reconnaît par ailleurs que l’absence de concertation et d’explications anticipées sur le passage à 30 élèves par classe a nourri l’incompréhension des équipes, une « reconnaissance » que les associations souhaitent transformer en relance du dialogue.

Des zones d’ombre persistent toutefois. La remise aux normes du réseau électrique et informatique s’étale jusqu’en octobre 2027. Les moyens humains en vie scolaire restent incertains : le Rectorat dit avoir remonté au ministère les besoins supplémentaires en AED et annonce un groupe de travail au premier trimestre sur une éventuelle hausse des temps de travail. Pour la filière logistique, plusieurs pistes sont à l’étude, dont une mutualisation via convention avec le LPO Gustave Eiffel de Kahani–Ouangani, en attendant la reconstruction du plateau technique « dans le meilleur délai possible ». La restauration scolaire demeure un point dur : la construction d’une cantine n’est pas financée dans le Contrat de convergence et de transformation 2024‑2029 et pourrait être inscrite dans le prochain CCT.

Face à ces avancées partielles, l’APECSN et la FCPE Mayotte mettent en avant l’urgence pédagogique. « Les premières victimes de cette crise sont nos enfants », rappellent-elles, refusant l’alternative entre abandon des revendications et fermeture indéfinie du lycée. Elles proposent une « troisième voie » : rouvrir l’établissement tout en poursuivant les négociations, avec l’organisation « sans délai » d’une réunion de sortie de crise réunissant Rectorat, direction, représentants des personnels, des parents et, le cas échéant, des élèves.

Cette réunion devrait déboucher, selon elles, sur un protocole écrit précisant engagements déjà annoncés, revendications restantes, responsables de mise en œuvre et calendrier de suivi. La réouverture ne signifierait « ni l’abandon des revendications ni la victoire d’une partie », mais un geste collectif de responsabilité envers les élèves. Les associations demandent au Rectorat de « consolider ses propositions par des engagements écrits, datés et évaluables » et invitent les personnels à examiner ces avancées et les garanties d’un protocole de suivi, afin d’envisager la suspension du blocage. « Personne ne doit sortir humiliée de cette crise », concluent-elles, tout en martelant que les enfants doivent « retrouver leurs salles de classe » et que l’amélioration durable des conditions d’enseignement doit désormais se poursuivre dans le dialogue, lycée ouvert et élèves en cours à l’appui.

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