Depuis le lundi 4 mai, les repas à 1 euro sont généralisés à l’ensemble des étudiants dans les restaurants du Crous à Mayotte et à La Réunion. Jusqu’à présent, seuls les étudiants boursiers pouvaient en bénéficier, tandis que les autres devaient s’acquitter d’un tarif de 3,30 euros.
« Certains étudiants préféraient manquer un repas pour économiser »

Pour accéder à cette offre, les étudiants doivent être munis d’une carte étudiante valide et disposer d’un compte Izly activé. Les repas comprennent un plat principal accompagné d’un ou deux compléments, comme une entrée ou un dessert, avec la possibilité d’ajouter des options payantes.
Une mesure attendue de longue date par les étudiants, notamment dans un contexte de vie chère. À Mayotte, cette réalité est d’une tout autre dimension puisque près de 8 jeunes sur 10 grandissent dans un foyer vivant sous le seuil de pauvreté, selon les données de l’Insee. Dans un territoire où la population est très jeune, cette précarité touche directement les élèves et étudiants, souvent confrontés à des difficultés pour se loger, se déplacer et donc simplement se nourrir. Accéder à un repas complet à prix réduit ne relève donc pas du confort, mais d’un besoin essentiel au quotidien.
Pouvoir se restaurer rapidement entre deux cours constitue aussi un moment important pour le corps et la concentration en classe.

Certains étudiants, rencontrés ce mardi 5 mai, approuvent la mesure. « On a déjà remarqué que des étudiants attendaient la fin des cours pour rentrer chez eux et manger. Ils préfèrent sauter le repas de midi et économiser quelques euros, donc c’est une bonne chose », souligne Yannel, 17 ans.
« C’est beaucoup plus avantageux, et c’est bien car tout le monde est désormais sur le même pied d’égalité ! », ajoute une autre étudiante, qui souhaite garder l’anonymat.
Mais dans les échanges avec les étudiants, c’est la qualité même des repas qui est parfois remise en question. « 1 euro c’est bien mais ce n’est pas tout le temps bon et ça arrive que les repas soient froids. La plupart des étudiants préfèrent les sandwichs », interpelle un étudiant, conscient que cela relève tout de même des goûts de chacun. « L’essentiel c’est que le plus de monde puisse manger », rétorque un autre.
Le Crous assure tout de même maintenir un niveau de qualité élevé des repas, avec des plats préparés sur place par des « chefs », privilégiant des produits locaux et un équilibre nutritionnel.
En 2025, plus de 331.000 repas à tarif social ont été servis dans les structures du Crous, dont une grande majorité à destination des étudiants boursiers. Désormais il faut s’attendre à une plus grande affluence. Des adaptations sont déjà envisagées pour fluidifier l’organisation, comme l’ajustement des horaires ou la modernisation des systèmes de commande.
Ombre, aménagements : des souhaits d’amélioration du quotidien
Mais au sein de l’université, interrogés sur la mise en place du dispositif, certains étudiants saisissent aussi l’occasion pour dénoncer des conditions de travail jugées difficiles à l’intérieur de l’établissement.
« On n’a pas assez de points d’ombre pour s’asseoir, se reposer. Résultat, on va sur le trottoir aux abords du parking. Nous souhaitons plus d’aménagements, ou au moins la mise en place de chapiteaux. Il y a plus de 1.000 étudiants ici, ce n’est pas normal », témoigne une étudiante pendant sa pause. Selon elle, depuis le passage de Chido, certaines salles de classe, dont l’amphithéâtre principal, ne sont toujours pas entièrement réparées.
Victor Diwisch


