Quai Issoufali : après quatre mois de travaux, les Mahorais retrouvent leur quotidien

Les barges sont de retour au quai Issoufali, depuis dimanche 1er février, mettant fin au détour obligé par le quai Ballou. Pour les usagers, c’est surtout la fin d’un quotidien compliqué.

Depuis dimanche matin, à Dzaoudzi, les habitudes ont repris leur place. Après quatre mois de travaux, le premier quai est de nouveau opérationnel. Les liaisons maritimes vers la Grande-Terre ont redémarré normalement pour les piétons ainsi que les véhicules légers, une ouverture qui était très attendue et qui soulage de nombreux habitants.

La fin du détour par le quai Ballou

Depuis septembre 2025, en raison du renforcement du quai Issoufali, les départs d’amphidromes avaient été déplacés vers le second quai. Un changement qui avait énormément affecté l’organisation sur le rocher de Dzaoudzi, entrainant de longues files d’attente, une circulation modifiée, un stationnement restreint et des taxis déplacés. A cela s’ajoutait la marche sous le soleil ou la pluie, valises à la main pour certains usagers.

Avec ce retour, toutes ces restrictions provisoires prennent donc fin, mettant également un terme aux files de véhicules et de camions sur le rocher, tout comme à la mobilisation quotidienne des forces de l’ordre chargées de faire respecter ces dispositifs temporaires.

 

Les ouvriers sont en plein chantier, cet abri devrait être similaire à celui présent au quai Ballou.

Sur place, les travaux ne sont toutefois pas totalement terminés, car à quelques mètres du quai, des modulaires sont encore en cours d’installation pour accueillir les voyageurs. Un chantier ralenti par la mauvaise météo de ces derniers jours, expliquent les ouvriers présents, mais l’inauguration reste tout de même toujours prévue ce samedi si le temps le permet.  Ces installations resteront toutefois temporaires, une nouvelle gare maritime doit voir le jour, a annoncé Ali Omar, 5e vice-président de l’Assemblée de Mayotte en charge des transports, lors de son passage au JT de 19h chez nos confrères de Mayotte La 1ère.

Horaires et organisation retrouvés

Les horaires des barges sont eux aussi revenus à leur fonctionnement habituel : les départs se font à “pile” et à “et demi” au quai Issoufali, et à “quart” et à “quarante-cinq” au quai Ballou. Une organisation qui permet aux usagers de se rabattre sur l’autre jetée en cas de départ manqué, même si, dans les faits, les taxis restent majoritairement positionnés près du premier quai.

Les poids lourds font la file d’attente côté Ballou.

Côté embarquement, la répartition reste claire, la première zone d’embarquement accueille principalement les piétons et les véhicules légers, la seconde quant à elle, est réservée en priorité aux poids lourds et aux véhicules transportant des matières dangereuses, avec la possibilité d’embarquer des véhicules légers si la barge n’est pas complète. Sur site, un agent de la Direction des transports maritimes (DTM), talkie-walkie en main, coordonne en temps réel les déplacements avec ses collègues postés au second quai.

Un soulagement pour les usagers

Pour les passagers, , c’est un vrai réconfort après des mois de difficultés. « Franchement, c’est génial ! Marcher jusqu’à Ballou, c’était fatiguant », confie Warda Ousseni, enceinte. « Entre le taxi, la marche sous le soleil ou la pluie, c’était compliqué. Là, c’est un vrai soulagement ». Elle note toutefois que les travaux ne semblent pas totalement visibles en surface. Un autre usager, qui prend la barge tous les matins pour aller travailler, partage un avis plus mitigé. « On est content parce qu’on n’a plus à marcher sous le soleil. Mais on s’attendait à avoir un abri comme sur l’autre quai ».

Des chapiteaux ont été mis en place pour remplacer les abris détruits par le cyclone.

D’autres préfèrent retenir l’essentiel, comme cette habitante de Labattoir. « Quand la barge était de l’autre côté, c’était hyper compliqué et fatigant. Des fois, je repoussais mes déplacements ». Elle revient aussi sur les changements qu’elle a pu observer. « Ici, c’est plus près et puis on voit que des travaux continuent, donc ça veut dire que ça va encore évoluer », confie-t-elle.

 

Shanyce MATHIAS ALI.

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