À ce stade, 94,3 % des logements ont été recensés, il en reste 5 %, tandis qu’entre 1 et 2 % ne seront pas enquêtés. Sur les 17 communes du territoire, seules trois ont terminé le 10 janvier, 4 ont eu besoin d’une semaine supplémentaire et 10 prévoient de conclure l’opération au plus tard ce samedi 24 janvier.

Dernière ligne droite pour le recensement : une dizaine de communes reste à parcourir

À ce stade, 94,3 % des logements ont été recensés, il en reste 5 %, tandis qu’entre 1 et 2 % ne seront pas enquêtés. Sur les 17 communes du territoire, seules trois ont terminé le 10 janvier, 4 ont eu besoin d’une semaine supplémentaire et 10 prévoient de conclure l’opération au plus tard ce samedi 24 janvier.

À Kani-Kéli, Dembéni, Bandraboua, Bouéni ou encore Mamoudzou, les agents recenseurs sillonnent cette semaine rues et quartiers des dix dernières communes restantes afin d’achever le recensement exhaustif de la population de Mayotte. Une opération inédite depuis 2017, qui s’achèvera au plus tard ce samedi 24 janvier, après une prolongation exceptionnelle de quatorze jours accordée à la demande des municipalités.

Suite au cyclone, la dotation de recensement a été exceptionnellement revalorisée jusqu’à atteindre 1.5 million d’euros à se partager entre les communes.

Un exercice qui a été marqué par plusieurs difficultés et des tensions entre l’Insee et certaines communes. D’un côté, l’Institut alertait le 19 décembre, sur un état « inquiétant » des collectes liés principalement « à différents manquements dans les communes les moins avancées, accompagnés d’une plus ou moins grande complexité à joindre les élus ou les responsables des agents communaux réalisant le recensement », de l’autre les maires, qui, le 30 décembre 2025, demandaient au préfet de Mayotte, un « report généralisé » du recensement en raison de logements vacants, d’habitants méfiants et d’agents recenseurs menacés.

« Cela n’a pas avancé sur le terrain, comme ça devait avancer », constate Bertrand Kauffmann, chef de projet à l’Insee pour le recensement de Mayotte, ce lundi 19 janvier. « Certaines personnes ont refusé de se faire recenser, d’autres n’étaient pas joignables. Les communes ont mis du temps à convaincre les gens », explique-t-il. « En métropole 70% de la collecte se fait par Internet, ici 4%, le porte-à-porte prend du temps ». Une faible utilisation du numérique a considérablement allongé le travail sur le terrain, qui reposait quasi exclusivement sur des passages physiques dans les foyers.

Des procédures de redressement pour les logements non-recensés

Résultat : sur les 17 communes du territoire, seules trois avaient terminé le recensement le 10 janvier dernier, date initialement retenue. Quatre ont eu besoin d’une semaine supplémentaire et dix autres projettent de conclure l’opération ce samedi. Pourtant, les communes ont bénéficié de moyens exceptionnels. Dans le contexte post cyclonique, la dotation de recensement a été exceptionnellement revalorisée. Elle a atteint 1,5 million d’euros à se partager, contre environ 500.000 euros habituellement prévus pour les communes des Outre-mer. Cette enveloppe visait à absorber les surcoûts liés à l’allongement de la collecte, aux contraintes logistiques et aux difficultés d’accès à certains quartiers.

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Selon les mairies, le retard est causé en raison des absences, des refus et des tensions lors des visites.

« Actuellement, 94,3 % des logements ont été recensés », souligne Bertrand Kauffmann. « Il en reste 5%, et entre 1 et 2% ne seront pas enquêtés. Mais une procédure de redressement sera mise en place au niveau des communes pour les prendre en compte ».  Ces logements non-recensés représentent environ 5.000 personnes qui seront intégrées statistiquement pour garantir la fiabilité des chiffres finaux.

« En tout cas les agents ont couvert l’ensemble des zones, y compris dans les quartiers réputés les plus sensibles. Ils sont allés où on nous promettait des difficultés, que ce soit Majicavo, Vahibé qui a été un dès village où on est allé le plus vite en terme d’efficacité, le camp des africains, et jusqu’à l’îlot M’tsamboro », détaille le chef de projet. La collecte dans ces secteurs n’a pas été sans incidents. « Il y a eu 2 agressions physiques des agents recenseurs. Deux de trop », condamne-t-il.

Avec la fin de la phase de terrain cette semaine, les équipes vont désormais récupérer les documents et entamer les vérifications, avant d’appliquer les ajustements nécessaires pour les logements non-enquêtés. « Après cette dernière semaine, les documents vont être récupérés puis vont débuter les procédures de vérifications durant les prochains mois », poursuit Bertrand Kauffmann.

Les premières estimations de population sont attendues dès le mois d’avril, après les élections municipales, avant la publication d’un chiffre provisoire à l’été, puis de la population légale, officielle et définitive en décembre. Entre temps, d’autres données viendront compléter le dispositif, notamment celles issues de la prison, des structures d’accueil et du centre de rétention administrative.

Victor Diwisch

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