Depuis le cyclone Chido, l’Afpa estime avoir déployé des formations adaptées aux besoins locaux, en métropole et sur l'archipel afin de renforcer les compétences de la population mais aussi pour soutenir la reconstruction du territoire.

L’Afpa sort un bilan des actions de formation post-Chido

Depuis le cyclone Chido, l’Afpa estime avoir déployé des formations adaptées aux besoins locaux, en métropole et sur l'archipel afin de renforcer les compétences de la population mais aussi pour soutenir la reconstruction du territoire.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 11 décembre, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) a souhaité revenir sur les actions proposées depuis le passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024.

L’agence a lancé un plan en deux temps, tout d’abord des actions immédiates pour répondre à l’urgence, suivies d’un programme progressif visant à renforcer durablement les compétences locales dans le cadre du plan « Mayotte debout », piloté par l’État. Un moyen selon l’agence de permettre aux habitants d’être les premiers acteurs de la reconstruction.

Trois priorités ont été définies : faciliter l’accès aux formations qualifiantes, développer des compétences adaptées aux réalités climatiques et sociales de Mayotte et associer les entreprises locales à l’effort de reconstruction.

Des formations en métropole pour répondre à l’urgence

Tribunal, aides covid, fonds de solidarité, Mayotte, DRFIP
Des formations ont été proposées à Mayotte et en métropole pour des secteurs nécessaires à la reconstruction comme la maçonnerie.

Depuis plusieurs mois, des habitants de Mayotte suivent des sessions dans les centres Afpa de métropole, dans le cadre d’un dispositif co-construit avec France Travail, le Département de Mayotte et d’autres partenaires locaux. Les métiers ciblés sont jugés structurants pour la reconstruction : bâtiment (maçonnerie, électricité, plomberie, canalisations), gestion de l’eau et régénération des milieux (assainissement, lutte contre l’érosion, gestion des eaux pluviales), construction durable avec matériaux locaux, logistique et transport, ainsi que agroforesterie et transformation locale.

Une vingtaine de sessions ont déjà été organisées depuis le début de l’année auprès d’une centaine de stagiaires. Les parcours incluent hébergement et accompagnement, pris en charge par LADOM, et sont partiellement financés par France Travail et le Département de Mayotte. Selon l’Afpa, ces formations constituent une première réponse opérationnelle à l’urgence tout en posant les bases d’une montée en compétences durable.

Des dispositifs adaptés aux réalités locales

Avec un accès à la formation qui reste complexe sur le territoire l’Afpa a repensé son « ingénierie pédagogique » en proposant des parcours hybrides combinant formation à distance et accompagnement sur place. Des formateurs locaux sont présents dans des espaces numériques de proximité, et un agent conversationnel en shimaoré facilite l’apprentissage pour les publics dont le français est une langue seconde.

Deux nouveaux titres professionnels sont en cours de déploiement : « Ouvrier en régénération du cycle de l’eau » et « Constructeur en terre, terre allégée et fibres locales ». Ces formations visent à restaurer le cycle de l’eau, lutter contre l’érosion, valoriser les matériaux locaux (terre, bambou, raphia, fibres végétales) et répondre aux besoins des programmes GeMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Elles combinent adaptation aux enjeux climatiques et développement économique local.

Former directement dans les communes

La Varappe, formation, conteneurs, insertion, Dzoumogné, Mayotte
Le siège de La Varappe à Dzoumogné et son unité de fabrication de conteneurs en premier plan.

Pour rapprocher la formation des habitants, des ateliers mobiles dans des containers aménagés seront installés dans plusieurs communes, en partenariat avec La Varappe, spécialiste de l’insertion et de l’éco-construction. Ces unités permettront selon l’Afpa de former jusqu’à 1.000 personnes par an aux métiers essentiels au relèvement du territoire et aux techniques de construction biosourcée adaptées au climat et aux ressources locales.

Pour l’agence ces initiatives contribuent à renforcer durablement les compétences locales, à soutenir l’économie mahoraises et à faire de la population un acteur direct de la reconstruction de son territoire.

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