Dans le cadre du renforcement de la sécurité publique, les autorités ont lancé une vaste opération de contrôle d’identité face à la recrudescence des violences, après la condamnation de deux Malgaches pour un braquage.

Comores : expulsion de 8 étrangers, 23 autres en rétention administrative

Dans le cadre du renforcement de la sécurité publique, les autorités ont lancé une vaste opération de contrôle d’identité face à la recrudescence des violences, après la condamnation de deux Malgaches pour un braquage.

Les autorités comoriennes ont annoncé, ce mercredi 20 août, l’expulsion de « huit étrangers » sur les « vingt-trois en situation irrégulière » enregistrés au terme de cinq jours de contrôle d’identité dans les trois principales villes du pays Aucune précision n’a été faite sur la nationalité de ces personnes qui séjournaient illégalement dans l’archipel. Le ministère de l’Intérieur a seulement annoncé que les 15 autres sont placées « en rétention administrative », selon un communiqué publié dans la journée.

Expulsions et placements en rétention : un bilan contrasté

En tout, l’opération a permis de recenser « 2000 personnes » dont « 180 étrangers ». À la lecture du communiqué, vingt-trois personnes ne disposaient pas de papiers. Et huit d’entre elles, ont été expulsées dans la foulée vers les pays d’origine. Quinze autres personnes, sont en attente de régularisation. « Le Ministère salue les efforts constants et le professionnalisme des forces de police mobilisées et dont l’engagement a permis de mener cette opération dans le calme ; la dignité et le respect des droits fondamentaux », souligne le communiqué. 

Comores, immigration, contrôles, opération, police, identité,
Photographie prise lors d’une opération de contrôle d’identité.

Les autorités locales ont, par ailleurs, fait état de « cent cinquante Comoriens » ne disposant pas de documents d’identité, « invités à régulariser leur situation dans un délai de 15 jours ». Le ministère de l’Intérieur promet de poursuivre et d’étendre l’opération de contrôle « dans toutes les localités du pays en collaboration avec les mairies et les opérateurs économiques ». Toujours d’après le communiqué, il s’avère que de nombreux étrangers travaillent sans papiers. L’opération de contrôle d’identité est hautement saluée dans le pays malgré les grincements de certains citoyens.

Une opération de contrôle sur fond d’insécurité croissante

Les autorités expriment leur entière disponibilité à travailler avec les patrons pour mieux garantir la sérénité de leurs activités et les droits des étrangers. « Le ministère de l’Intérieur reste pleinement engagé à œuvrer, avec tous les partenaires concernés, dans un esprit de responsabilité partagée afin de garantir la stabilité des activités économiques, la sécurité de la population et la préservation de l’ordre public », souligne le communiqué. « Nous lançons un appel aux employeurs des travailleurs étrangers à collaborer avec les services compétents et à veiller au respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur en Union des Comores sous peine de pénalités conformément aux textes régissant les conditions de travail et de séjour des étrangers. » 

On peut supposer que cette opération de contrôle d’identité a été lancée en raison de la multiplication des actes de violence. L’archipel a enregistré environ quatre meurtres entre juin et juillet 2025. Deux Malgaches ont été condamnés à des lourdes peines après un braquage l’an dernier dans une agence de transfert d’argent. L’employé a été grièvement blessé. Mais l’incident a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion où l’on a fustigé « le laisser aller des étrangers » et « le manque de contrôle pour assurer la sécurité des citoyens ». L’opération en question peut-elle vraiment dissuader les auteurs des actes de violence et réduire la délinquance dans l’archipel ?

A.S.Kemba

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Le Tour de Mayotte en pirogue s’est achèvé à M’tsangamouji après 140 km de pagaie

Pendant quatre jours, quatre moniteurs ont parcouru 140 kilomètres autour de Mayotte à la seule force des bras. De Bandraboua à M'tsangamouji, en passant par Bandrélé et Bouéni, cette première édition du Tour de Mayotte en pirogue a mêlé défi sportif, transmission culturelle et sensibilisation des jeunes au monde maritime.

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.

Quatre enseignants jugés après une pétition accusant une inspectrice de harcèlement

Entre le 16 janvier et le 2 février 2026, quatre enseignants sont accusés d’avoir participé à la diffusion de propos jugés diffamatoires envers une inspectrice de l’Éducation nationale. À l’audience, chaque partie a défendu sa version des faits.