Le combat pour récupérer les dons envoyés dans le contexte post-Chido comme il l’avait fait pour l’ouragan Irma à Saint-Martin, continue pour le président fondateur de l’association Solidarité Saint-Martin Moselle. Arnaud Gufflet nous explique « ne rien lâcher ».

Containers humanitaires bloqués : Arnaud Gufflet prêt à taper « plus haut »

Le combat pour récupérer les dons envoyés dans le contexte post-Chido comme il l’avait fait pour l’ouragan Irma à Saint-Martin, continue pour le président fondateur de l’association Solidarité Saint-Martin Moselle. Arnaud Gufflet nous explique « ne rien lâcher ».

Non seulement ses deux containers sont toujours bloqués au port de Longoni, mais un chargement serait également « en train de pourrir » selon ses propres termes, dans la zone militaire de l’aéroport de Pamandzi.

En ce qui concerne la récupération des deux containers annoncés comme humanitaires à Longoni, nous avions interrogé les professionnels du port qui nous avaient expliqué les contraintes financières de chaque intervenant. Les associations destinataires à Mayotte ne pouvant payer les frais qualifiés de « colossaux » par Arnaud Gufflet, la réquisition par le préfet avait été demandée.

Pourquoi ce qui a été fait pour Saint-Martin ne peut-il être réitéré à Mayotte ? Nous avons interrogé le président de l’association à ce sujet, et afin de connaître le mode opératoire de l’envoi de ces containers. « Le premier container d’aide alimentaire collectée par les clubs à Metz, et a été affrété par une association de cheminots de Moselle, qui avait reçu l’assurance qu’aucun frais ne serait perçu sur l’envoi. Ils ont découvert la facture ensuite. Et pour l’autre, une société spécialisée dans le fret pour Mayotte et basée à Bordeaux, avait annoncé envoyer gratuitement les dons. » Le destinataire de ce 2ème colis n’a, à première vue, rien d’humanitaire, puisqu’il s’agit de la Ligue d’haltérophilie, mais Arnaud Gufflet précise que le contenu devait être distribué aux enfants dans les écoles, « il y a des vêtements, des chaussures et un peu d’alimentaire. » Et d’autres containers seraient en cours d’expédition dans la même logique d’aider la population démunie après Chido.

La société de cheminot l’informait ce lundi avoir réglé le montant pour débloquer le container et permettre à l’aide d’être acheminée, « sans quoi les marchandises allaient repartir à l’envoyeur », nous menace-t-on, mais prévient de son impossibilité d’acquitter la prochaine facture sur le container de 40 pieds en instance d’être débarqué.

Récupérés sans frais à Saint-Martin

Ces cartons de dons resteront-ils en souffrance dans la zone militaire à Pamandzi ? (Photo : D.R.)

Arnaud Gufflet nous précise le mode opératoire à Saint-Martin : « Nous avions affrété 75 tonnes de marchandises pour un collectif qui n’a eu aucun mal à le récupérer là-bas. Mais impossible à Mayotte. » Les transitaires nous avaient expliqué que les manutentions et stockage à quai étant payés à prix d’or à Mayotte, aucun de ces métiers ne pouvaient accorder de remise ou offrir quoique ce soit. « Ici ils demandent 700 à 1.000 euros aux associations locales pour faire bouger un container, quasiment le double qu’à Saint-Martin où les containers humanitaires ont été récupérés sans rien avoir à débourser ! » D’où sa demande d’une réquisition du préfet.  « Ni le sénateur Omar Oili, ni moi, n’avons obtenu de réponse satisfaisante. » Nous avons contacté la préfecture sans obtenir de réponse à ce sujet.

« On ne lâchera pas ! », s’exclame Arnaud Gufflet, prêt à « taper plus haut ». Surtout qu’une photo vient de lui parvenir sur un colis de dons « en train de pourrir », mais cette fois dans la zone militaire de l’aéroport de Pamandzi. « Avec la logistique de l’armée, cela pourrait être rapidement réglé pourtant, d’autant qu’un VTLR (ndlr, véhicule de transport logistique) est positionné sur l’aéroport. »

En parallèle, il vient d’envoyer sur le département des filtres à eau pour purifier « jusqu’à 36 litres par jour », que les habitants peuvent acheter 10 euros de moins que ceux qui étaient sur le marché, plaide-t-il.

Anne Perzo-Lafond

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