L’opacité du secteur de la grande distribution dénoncée par l’Observatoire des prix de La Réunion 

La cherté de la vie en Outre-mer et le maigre pouvoir d’achat qu’elle induit, devrait être un combat de tous les jours des élites. A La Réunion, l’Observatoire des Prix et des Marges demande des « sanctions dissuasives » contre les entreprises qui freinent la transparence.

<p style="text-align: justify;">Alors que la Martinique se soulève contre la vie chère en Outre-mer, à l’île de La Réunion, l’Observatoire des Prix et des Marges (OPMR) est opérationnel. Au point de communiquer non pas sur le listing du Bouclier Qualité Prix (BQP) comme ce fut le cas en 2023 par l’OPM de Mayotte, mais sur sa difficulté à contrôler efficacement la formation des prix. « Les membres du groupe de travail se sont heurtés à de nombreuses difficultés qui relèvent de la complexité et de la relative opacité du secteur de la grande distribution à dominante alimentaire à La Réunion », indique l’OPMR.</p>
<p style="text-align: justify;">L’organisme consultatif dépend des ministères chargés de l’Agriculture et de l’Economie, qu’animent les services de la préfecture de chaque département, aux côtés de parlementaires, du président de l’association des maires, du président du Conseil régional (Départemental pour Mayotte), de la Présidente du Conseil général, des représentants de syndicats de salariés et d’employeurs et de personnalités qualifiées.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les obstacles à l’étude des prix, la frilosité de la grande distribution à communiquer, « non-respect de publicité des comptes de la part de certaines entreprises du secteur » ou « l’opacité entretenue par certains distributeurs, en particulier sur la question des marges arrire », mais aussi le manque de moyens alloués, « l’insuffisance des outils institutionnels de suivi statistique, l’insuffisance des moyens de contrôle étatiques, l’insuffisance des leviers juridiques à la disposition de l’OPMR pour lui permettre de remplir pleinement ses missions », dénonce son groupe de travail.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’INSEE au centre de l’action</strong></p>

<a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2024/10/Pub-produits-pas-cher.jpeg"><img class="wp-image-49411 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2024/10/Pub-produits-pas-cher-300×233.jpeg" alt="" width="300" height="233" /></a> Des promotions affichées qui masquent des pratiques comme les marges arrière
<p style="text-align: justify;">Pour aller vers plus de transparence, il faut, selon l’OPMR, mettre en place 5 actions. Il s’agit tout d’abord de faire appliquer la loi qui impose une publicité des comptes annuels des entreprises, or toutes ne le font pas, faute de « sanctions dissuasives ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, et parce qu’il est le partenaire tout désigné, l’INSEE devrait pouvoir réceptionner numériquement les tickets de caisse qui correspondent aux produits ciblés par sa publication mensuelle d’indice des prix à la consommation, ce qui permettrait « la mise en place par l’INSEE d’un outil de suivi de prix sur les principaux produits de grandes consommations à La Réunion et d’avoir ainsi un nouvel indicateur sur l’évolution des prix des produits ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’INSEE qui est d’ailleurs invité, aux côtés des Douanes, de la DGFIP (Finances Publiques, de la DEETS (Travail et emploi) et l’IEDOM (Émission de billets) à faire preuve eux-mêmes de davantage de transparence, alors que ces organismes et administrations « se retranchent derrière le secret des affaires ». L’Etat est d’ailleurs invité à doter l’OPMR de davantage de moyens humains.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les « marges arrière » misent en avant</strong></p>

<a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2024/08/IEDOM-Odonnat-et-Croissandeau.jpeg"><img class="wp-image-47470 size-medium" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2024/08/IEDOM-Odonnat-et-Croissandeau-300×204.jpeg" alt="IEDOM, BDE, FED, Mayotte, Outre-mer, banques, inflation, BQP" width="300" height="204" /></a> Ivan Odonnat (à droite) avait dénoncé les prix des produits alimentaires 30% plus élevés à Mayotte qu’en métropole en 2022
<p style="text-align: justify;">Dans le cadre d’une meilleure transparence des entreprises de la grande distribution, revient la thématique des « marges arrière », qu’il faut faire évoluer. Les marges arrière sont des réductions de prix, des ristournes, octroyées par le fournisseur au distributeur, après la signature d’un contrat. D’où le terme « arrière ». Elles viennent s’ajouter à la marge réalisée par le distributeur. Étant donné qu’elles n’apparaissent pas, ce dernier ne la répercute pas automatiquement sur le prix final, empêchant le consommateur d’en bénéficier. Par contre, le fournisseur va répercuter cette remise sur son prix de vente, ce qui impacte le consommateur qui subit donc une double peine. L’OPMR suggère de remplacer ces marges arrière par des remises sur facture, « pour plus de transparence et mettre un terme à leur impact potentiellement inflationniste ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ces failles dans le contrôle de la formation des prix avaient été dénoncées par le président général de l’IEDOM lui-même, lors de son passage à Mayotte au mois d’août 2024. Ivan Odonnat  <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/08/28/contre-la-vie-chere-il-faut-modifier-le-modele-economique-des-outre-mer-invite-ivan-odonnat/">appelait à plus de contrôles de la grande distribution</a> notamment sur le Bouclier Qualité Prix (BQP), « je ne suis pas certain qu’elle respecte la charte », avait-il déclaré. En rajoutant que globalement, les entreprises orientent leurs bénéfices « vers des opérations de croissance externe, vers d’autres marchés, mais les investissements ne sont pas consolidés localement en Outre-mer. »</p>
<p style="text-align: justify;">L’Observatoire des prix, des marges et des revenus de Mayotte doit saisir cette opportunité du travail mené par son alter ego réunionnais pour porter les mêmes demandes, car à La Réunion, les membres du groupe de travail expliquent n’avoir pas pu expliquer l’écart de prix des produits alimentaires entre La Réunion et la métropole lors de la dernière publication de l’INSEE. C’était « hors de portée » explique l’OPMR pour les raisons expliquées plus haut, seules quelques enseignes ont joué le jeu en communiquant sur les prix et les marges de 21 produits.</p>
<p style="text-align: justify;">A.P-L.</p>

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