Le 4 août 2024, quatre gendarmes interviennent pour contenir une bagarre au concert du chanteur Wawa à Bandrélé, lorsqu’un individu s’en prend aux forces de l’ordre.

Un jeune homme s’en prend à des gendarmes au concert de Wawa à Bandrélé

Le 4 août 2024, quatre gendarmes interviennent pour contenir une bagarre au concert du chanteur Wawa à Bandrélé, lorsqu’un individu s’en prend aux forces de l’ordre.

Le 4 août 2024, quatre gendarmes interviennent pour mettre fin à une bagarre survenue au milieu de la foule du concert de Wawa à Bandrélé. Sur place, les gendarmes constatent qu’une personne est blessée.

Alors qu’il saigne abondamment, il griffe et mord un gendarme 

Mayotte, concert, foule,
Une bagarre a éclaté au milieu de la foule venue applaudir le chanteur (illustration/DR)

« On arrive à la fin de la bagarre, on sépare deux individus, il y a trois ou quatre personnes de chaque côté, mais une des personnes ne veut pas s’écarter », explique un gendarme. L’individu s’accroche à la bombe lacrymogène du gendarme, le griffe, le mord au poignet gauche et lui crache du sang sur le corps et dans les yeux. « Fils de pute », « connard », proclame le mis en cause, fortement alcoolisé, tenant des propos incohérents et résistant avec détermination aux forces de l’ordre et aux pompiers, qui tentent de le soumettre à un test d’alcoolémie. « Je vous jure, je ne me rappelle pas du tout », affirme-t-il devant le tribunal.

Un prévenu déjà condamné pour des faits similaires 

Le 13 juillet dernier, cinq gendarmes avaient été agressés sur le sentier des crêtes de Bandrélé

« Je suis fatigué d’avoir des problèmes pour rien. Quand je sors du travail, je rentre directement chez moi. J’ai fait une exception ce soir-là, je voulais juste m’amuser un peu. » En situation régulière sur le territoire, pacsé à une femme, et père de trois enfants, l’homme qui travaille au sein de l’association Mlézi Maoré, mène une vie relativement stable. À la barre du tribunal, il apparaît fatigué, nettement blessé aux yeux et au visage, le pantalon encore tâché de sang. Comme rappelé par le parquet, le 24 mai 2022, l’individu avait déjà été condamné à un an d’emprisonnement, assortis à six mois de sursis probatoire, pour avoir exercé des violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. « Votre rapport à l’autorité n’est pas toujours très bon et vous ne maîtrisez pas votre consommation d’alcool », finit par soutenir le président du tribunal. 

Une double casquette de victime et d’auteur 

« Les violences sur des militaires peuvent être punies de 7 ans d’emprisonnement », a rappelé le président du tribunal au prévenu

Mais pour Me Hermand, « il ne faut pas inverser les rôles ». D’après l’avocate, qui intervient en qualité de conseil des gendarmes, le comportement du prévenu a été « inadmissible », et le crachat de sang, dans les yeux, constitue « une source de stress immense pour les gendarmes. » Malgré des premiers résultats d’analyse négatifs, les gendarmes devront se soumettre à une nouvelle série de tests trois mois plus tard, pour écarter toute contamination au virus de l’immunodéficience humaine (VIH). « Ce jet de sang n’est pas anodin », assure le parquet, qui s’interroge sur le comportement du prévenu : « On ne comprend pas pourquoi il va s’en prendre à ces gendarmes alors qu’ils sont là pour l’aider ». Mais pour son avocat, Me Dedry, l’incarcération d’un homme, inséré dans la société, n’aurait aucun intérêt : « Regardez sa tronche. Ses yeux, sa bouche. Monsieur a été victime de violences (…) Il a été littéralement frappé et ensanglanté, regardez son pantalon encore plein de sang (…) Il a voulu s’amuser un peu (…) il a eu son permis récemment (…) Il a nécessairement besoin d’être accompagné (ndlr : pour son alcoolisme) (…) La sévérité est utile pour la justice mais il faut l’adapter au contexte. Quel intérêt de l’envoyer en prison alors qu’il a un travail, une femme, une famille ? » Après avoir délibéré, le tribunal a déclaré le prévenu coupable pour les faits qui lui sont reprochés. L’individu a été condamné à douze mois d’emprisonnement, dont six mois de prison ferme et six mois assortis d’un sursis probatoire, mais aussi à une interdiction de détenir une arme et à une obligation de soins. À sa sortie du tribunal judiciaire de Mamoudzou, l’homme a été conduit au centre pénitentiaire de Majikavo.

Mathilde Hangard

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