Alors qu’un énième incident a eu lieu ce week-end, dans la nuit de samedi à jeudi, au Centre médical de référence (CMR) de Kahani, le personnel de l’établissement a fait valoir son droit de retrait hier pour que ces violences cessent. Le dispensaire n’a rouvert que lundi en fin d’après-midi.

Santé : Les personnels du dispensaire de Kahani à nouveau en droit de retrait ce lundi

Alors qu’un énième incident a eu lieu ce week-end, dans la nuit de samedi à jeudi, au Centre médical de référence (CMR) de Kahani, le personnel de l’établissement a fait valoir son droit de retrait hier pour que ces violences cessent. Le dispensaire n’a rouvert que lundi en fin d’après-midi.

« Trop c’est trop ! Les personnels du CMR de Kahani en ont ras-le-bol. Ils ont peur pour leur vie et n’ont plus envie de risquer leur peau à chaque fois qu’ils doivent se rendre au travail. Ils sont fatigués de cette situation », déplore Sophie Fouchard, cheffe du pôle CMR au sein du CHM. En effet, ce n’est malheureusement pas la première fois que des incidents graves se déroulent du côté du dispensaire de Kahani. Le dernier en date remonte seulement à début juin. Et en 2020, les personnels de ce CMR étaient déjà en droit de retrait. Les agents de sécurité et les patients subissent régulièrement de multiples agressions et des caillassages, sans compter les menaces et les agressions physiques. Les événements qui se sont déroulés ce week-end sont la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Le dispensaire de Kahani a été caillassé une nouvelle fois ce week-end

« Je ne comprends pas que l’on puisse s’en prendre à un centre de soins ! Nous sommes là pour sauver les gens et c’est nous que l’on agresse, s’insurge Sophie Fouchard. On ne peut pas faire la sourde oreille aux revendications des soignants qui demandent à avoir des conditions sereines pour travailler. Il faut que les violences cessent ! Il y a une dérive de la société qui est profondément alarmante. La réponse à ces incidents doit passer, à mon sens, par de solutions sociétales en impliquant la population et les habitants afin que les jeunes ne caillassent pas les centres de soins ».

Une réunion s’est tenue mardi après-midi avec les différentes parties prenantes

Face à cette situation intolérable, une réunion s’est tenue hier après-midi au CMR de Kahani avec la direction du CHM, des représentants de la gendarmerie de Sada et de la police municipale de Ouangani, ainsi que l’adjoint au maire en charge de la sécurité et le DGS de la Ville. L’objectif était de trouver des solutions et des réponses pour mettre fin à ces violences gratuites. « Je pense qu’il faut impliquer davantage la population, les acteurs de la société mahoraise dans son ensemble afin de trouver des mesures adéquats », souligne la responsable du pôle CMR. Durant cette réunion des échanges ont été menés sur plusieurs points de réflexion comme par exemple : comment renforcer la sécurisation du site ?

Cortège, soignants
Cortège des soignants mobilisés contre l’insécurité (illustration)

« Chacun a fait part de ce qu’il pouvait mettre en place comme mesure efficace le plus rapidement possible, raconte le directeur des soins du CHM, Aynoudine SALIME. La police municipale et la gendarmerie vont multiplier les rondes pour rassurer les agents. La mairie de Ouangani devrait installer prochainement des caméras de surveillance, quant aux mesures prises par le CHM, nous allons renforcer la sécurité du CMR de Kahani dès ce soir avec un agent de sécurité accompagné d’un chien. Nous voulons ainsi rassurer nos agents ».

A l’issue de cette réunion qui a duré près d’1h30, les personnels du CMR ont semblent-ils été rassurés et l’impression d’avoir été entendus puisqu’ils ont levé leur droit de retrait vers 16h30. « Tout va rentrer dans l’ordre dès ce soir car les agents ont repris leur service, indiquait le directeur des soins du CHM. C’était une réunion constructive où nous avons pu également retravailler sur les différentes procédures en cas de caillassage et d’agression… ».

L’ensemble des personnes concernées a prévu de se revoir dans un mois, le 19 juillet, afin de faire un premier bilan des mesures mises en place.

B.J.

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