Incendies criminels à Tsararano : le maire demande au préfet le retrait des titres de séjour

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la commune de Dembéni a été encore une fois le théâtre d’affrontements entre bandes de voyous. Dans un contexte de grande violence généralisée à Mayotte.

« Nous avons subi de nombreux actes barbares la nuit dernière, l’insécurité a franchi un cap supplémentaire », lâche Moudjibou Saïd, maire de Dembéni. Les commerces qui longent la nationale en ont fait les frais : le garage Services Plus et la quincaillerie sont partis en fumée, et avec eux, plusieurs véhicules. « C’est toujours dans le cadre des guerres de délinquants de Dembéni contre ceux de Tsararano ».

Le maire va réitérer ce qu’il avait mis en place il y a quelques semaines, « un comité des sages de la commune va se réunir avec les populations de Dembéni et Tsararano. Tous les villages seront représentés », mais on sent que la motivation s’épuise. Un conseil municipal d’urgence est convoqué pour le 3 février, « on va voir comment débloquer des aides au secteur économique sinistré ».

Le maire de Dembéni avait déjà eu à gérer de violents actes de délinquance dans sa commune au début du mois de décembre

Moudjibou Saïd a instauré plusieurs couvre-feux pour les mineurs, « six, pour les cinq villages Iloni, Dembéni, Ongoujou, Hajangua, Tsararano et un à Ironi Be », du 1er au 29 février de 19h à 5 h du matin. Avec toujours la même question, qui pour les faire respecter ? « La gendarmerie et la police municipale », répond l’édile. En réalité, peu de chance que les premiers interpellent des jeunes pour avoir enfreins un couvre-feu quand ils font bien pire, quant aux seconds, le danger est tel qu’ils se mettent rarement en première ligne.

Moudjibou Saïd veut actionner un autre levier, nous explique-t-il : « Nous avons demandé au préfet qu’il ne renouvelle pas les titres de séjour aux parents de délinquants, voire qu’il les retire. Nous l’avons testé à Ongoujou, deux mamans risquent de ne pas voir leur séjour renouvelé. La préfecture nous a répondu que le ‘dossier est en bonne voie’ ».

Anne Perzo-Lafond

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Barrages à Kahani ce matin avant une opération de décasage

Plusieurs barrages ont été érigés tôt ce jeudi matin...

À Tsoundzou 2, une mangrove fragilisée au cœur d’un dilemme migratoire et environnemental

Depuis plusieurs semaines, riverains et internautes alertent sur la dégradation d’une partie de la mangrove de Tsoundzou 2 liée à la présence du camp. Une question environnementale qui se heurte à l’absence de solution d’accueil pérenne pour les exilés, dans un contexte de tension persistante.

« D’habitude on voit ça derrière nos écrans ! » : des étudiants mahorais au Festival de Cannes

Cinq étudiants de l’Université de Mayotte ont vécu une semaine d’immersion au Festival de Cannes, entre projections, rencontres et découvertes des métiers du cinéma. Une expérience marquante au cœur de la Croisette qui nourrit désormais leur projet de court-métrage.

La formation professionnelle largement en retard à Mayotte

Les chiffres présentés lors de la conférence par L'Institut national de la statistique et des études économiques montrent un écart important avec l’Hexagone, malgré les dispositifs existants et les besoins croissants en compétences sur le territoire.