Ce vendredi matin, le collectif qui bloquait le bureau des étrangers a été reçu en préfecture sur un sujet qui relève du national: la fin du titre de séjour territorialisé qui empêche son porteur de sortir de Mayotte. Un courrier sera remis ce samedi au ministre Vigier qui évoque également la crise de l'eau. 

Fin du blocage du Bureau des étrangers, mais fermeté du collectif sur le titre de séjour de droit commun

Ce vendredi matin, le collectif qui bloquait le bureau des étrangers a été reçu en préfecture sur un sujet qui relève du national: la fin du titre de séjour territorialisé qui empêche son porteur de sortir de Mayotte. Un courrier sera remis ce samedi au ministre Vigier qui évoque également la crise de l'eau. 

Après plus d’un mois et demi de fermeture, le service de délivrance de titres de séjour aux étrangers va pouvoir ouvrir, rapporte le collectif de Safina Soula. « Nous avions dit qu’on bloquerait jusqu’à l’arrivée du ministre, or il arrive demain, même si nous attendions Darmanin, nous allons faire passer nos demandes », ont expliqué les membres du collectif en préfecture ce vendredi matin, reçus par Thierry Suquet et par le sous-préfet LIC, Thierry Sautron.

Des demandes qui concernent davantage les parlementaires, « nous allons justement monter à Paris pour sensibiliser », mais qu’ils ont détaillées dans un courrier à Philippe Vigier, « il faut qu’il se fasse notre relais auprès du ministre de l’Intérieur », souligne Safina Soula.

En question, toujours les Titres de séjour territorialisés, qui une fois empochés par l’étranger arrivant sur l’île, ne lui permet pas de sortir du territoire, d’où l’embolie de tous les services: scolaire, médicaux, foncier, et notamment, la consommation d’eau.

« Ce titre de séjour territorialisé a pour seul objectif de préserver le territoire national et le Département de La Réunion, escale vers l’Hexagone, de l’immigration en provenance de l’Union des Comores. Cette logique est assumée par le gouvernement au détriment de Mayotte et de sa population, qui non seulement subit une discrimination inacceptable au regard de la loi républicaine, mais supporte tous les désordres et nuisances consécutifs à l’application dudit titre de séjour », souligne le Collectif.

Safina Soula maintient la pression

De l’appel d’air au courant d’air

Et au gouvernement qui évoque « un appel d’air » qui serait consécutif à l’autorisation de quitter Mayotte pour la métropole ou La Réunion, le collectif fait valoir que l’attrait est déjà là, preuve en est ces milliers d’habitants qui vivent dans des conditions sordides à Mayotte, et d’avancer un des objectifs de Wuambushu de lutte précisément contre l’immigration clandestine bien ancrée sur le territoire. On pourrait basculer d’un appel d’air actuel, à un courant d’air, si les départs de l’île sont possibles !

Les politiques de tous bords défendent ce point de vue, et les associations, »y compris la CIMADE », ces derniers notamment parce que les étrangers ne bénéficient pas ici des dispositifs leur permettant de survivre et de se soigner, AME (Aide Médicale d’Etat) ou ADA (Allocation pour les demandeurs d’asile).

« Les conditions de délivrance des titres de séjour permettent la régularisation massive de clandestins et le regroupement familial, elles constituent une incitation à la fraude documentaire, à la déclaration de paternité fictive », rapporte encore le collectif. Qui doit donc glaner des soutiens à Paris.

Ils n’ont pas eu le temps d’évoquer avec le préfet la crise de l’eau, « mais c’est l’association les Assoiffés qui doit interpeller le ministre ce samedi », rajoute Safina Soula. L’essentiel est dit dans le courrier au ministre: « Dans ce domaine vital, la conjoncture montre qu’une solution urgente s‘impose et nous comptons sur la célérité du gouvernement pour enrayer la pénurie d’eau et résorber les difficultés qui ne peuvent être résolues à court et moyen terme que si l’Etat prend les mesures nécessaires en termes de financement des équipements hydrauliques structurants et de réhabilitation du réseau de distribution d’eau vétuste : réparer le fuites et construire de nouvelles infrastructures est indispensable pour rétablir la disponibilité de la ressource ».

A.P-L.

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