Le Pôle d’Excellence de Coconi a dévoilé ce jeudi son futur laboratoire consacré à la recherche appliquée. L’infrastructure, opérationnelle dès septembre de cette année, offrira de nouvelles opportunités pour le développement des filières de la cosmétopée ou encore de la pharmacopée à Mayotte.

Le laboratoire du Pôle d’Excellence Rural pour soutenir le développement de l’innovation à Mayotte

Le Pôle d’Excellence de Coconi a dévoilé ce jeudi son futur laboratoire consacré à la recherche appliquée. L’infrastructure, opérationnelle dès septembre de cette année, offrira de nouvelles opportunités pour le développement des filières de la cosmétopée ou encore de la pharmacopée à Mayotte.

« C’est la concrétisation d’un projet dont l’idée a émergé en 2020 ». Fahoullia Mohamadi, déléguée à la recherche et de l’innovation du territoire au rectorat de Mayotte, note que le déploiement du laboratoire au sein du Pôle d’Excellence Rural (PER) de Coconi permettra d’accompagner, « dès la fin du mois de septembre de cette année », les acteurs économiques qui entendent faire de la recherche « au niveau du territoire ».

« Développer l’innovation »

La partie « analyse » du laboratoire reste encore à installer d’ici fin septembre

Créé ex-nihilo, le laboratoire revêt deux composantes : la partie extraction avec, entre autres, les centrifugeuses, et celle d’analyse. « Cette structure est un laboratoire vert, tout solvant chimique est banni », tient à souligner Cédric Bertrand, professeur à l’université de Perpignan, docteur en phytochimie. Sollicité il y a deux ans par le rectorat et le Conseil départemental, finançant le projet à hauteur de 100 %, « l’objectif était de développer l’innovation à Mayotte », explique-t-il.

Alors, trois axes d’innovation avaient été mis en avant qu’il s’agisse de l’économie verte, l’économie bleue ou encore la jeunesse. « Pour ma part, je suis intervenu sur la première de ces thématiques », poursuit le docteur. L’idée était alors « d’offrir une collaboration avec les structures économiques locales aussi bien les producteurs ou les transformateurs dans le domaine de pharmacopée ou la cosmétopée afin de développer des produits ayant une appellation Mayotte made in France ».

Un laboratoire dédié à la recherche appliquée

Si la crainte initiale était de ne pas trouver l’engouement suffisant chez les producteurs locaux, cette dernière s’est rapidement dissipée : « j’ai senti une motivation, un engagement, une véritable envie », note Cédric Bertrand. Redynamiser la filière ylang, faire monter en compétence la filière vanille, produire des huiles essentielles pour des cosmétiques locaux, tout a été pensé pour répondre aux attentes du territoire.

Le PER, vitrine des richesses locales

Pour y parvenir, le laboratoire s’oriente uniquement vers de la recherche appliquée « c’est-à-dire qu’à la fin, il y a un prototype proposé », informe Cédric Bertrand. A l’instar du « concept car » dans l’industrie automobile, il s’agit de montrer que l’on peut produire la substance demandée sans pour autant que cette dernière soit commercialisée. « On montre que cela est possible », note-t-il. Le laboratoire n’entre donc pas en concurrence avec le multilab de Dembéni, prévu à l’horizon 2025, dans la mesure où ce dernier sera dans une logique, entre autres, de contrôle de qualité. Une complémentarité bienvenue.

Des projets déjà en cours

Actuellement deux types de projets sont en cours qu’il s’agisse de la cosmétopée, concernant la cosmétique traditionnelle, et la pharmacopée se rapportant aux plantes médicinales traditionnelles. Afin d’affiner le futur de ce pôle « de le rendre agile en s’adaptant aux besoins du moment, tout en assurant la sécurisation des plantes utilisées pour éviter toute utilisation de substance toxique », cinq experts sont venus apporter leur expertise aussi bien dans la phytochimie, la métabolomique, l’ethnopharmacopée ou encore l’extraction de biomasse. Cette infrastructure semble donc ouvrir de nouvelles perspectives de développement à Mayotte en valorisant l’écosystème local tout en mettant à l’honneur le savoir-faire des producteurs locaux. Une subtile alchimie préparant le futur sans pour autant renier les traditions.

Pierre Mouysset

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

« Des difficultés de gestion » : la Chambre régionale des comptes pointe les fragilités du GIPEAM

Créé en 2021 pour répondre à la crise des fonds européens à Mayotte, le GIPEAM a repris une large part de leur gestion. Dans son rapport d'observations définitives, la Chambre régionale des comptes relève des difficultés dans son organisation, ses ressources humaines et son installation à Tsingoni.

Le Tour de Mayotte en pirogue s’est achèvé à M’tsangamouji après 140 km de pagaie

Pendant quatre jours, quatre moniteurs ont parcouru 140 kilomètres autour de Mayotte à la seule force des bras. De Bandraboua à M'tsangamouji, en passant par Bandrélé et Bouéni, cette première édition du Tour de Mayotte en pirogue a mêlé défi sportif, transmission culturelle et sensibilisation des jeunes au monde maritime.

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.