Une nouvelle barge a fait son apparition dans le lagon de Mayotte. La machine, commandée par STMM et cofinancée par le Département et les intercos du Sud et de Petite Terre, est spécialement conçue pour installer des pontons de pêche sur les plages des villages de pêcheurs, et ainsi faciliter le travail de ces derniers. Un pas en avant dans la modernisation du secteur.

Pour booster la pêche artisanale, une machine à planter des pontons entre en service

Une nouvelle barge a fait son apparition dans le lagon de Mayotte. La machine, commandée par STMM et cofinancée par le Département et les intercos du Sud et de Petite Terre, est spécialement conçue pour installer des pontons de pêche sur les plages des villages de pêcheurs, et ainsi faciliter le travail de ces derniers. Un pas en avant dans la modernisation du secteur.

Traîner sa barque sur le sable et y décharger sa pêche, ce sera bientôt un lointain souvenir pour les quelque 400 artisans pêcheurs de Mayotte. Le secteur de la pêche reste en effet majoritairement artisanal sur l’île, et les professionnels utilisent des barques individuelles pour se rendre sur les sites de pêche. Or, en l’absence d’infrastructures modernes dans les villages de pêcheurs, ces derniers sont contraints par les horaires des marées, et doivent parfois débarquer dans des conditions difficiles. C’est pourquoi le secteur réclame depuis plusieurs années des pontons en bonne et due forme, afin de partir et revenir de la pêche dans de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité.

Pour répondre à ce besoin, « des projets sont en train de sortir de terre pour installer un réseau d’appontement pour les pêcheurs » indique Nicolas Martineau, directeur de la société STMM. « Ce sont des pontons montés sur des pieux, on appelle ça des WHARF, il y en a en Petite Terre, à Mtsahara, Chiconi, et probablement à Mtsamboro. On avait anticipé ces projets et en collaboration avec les Affaires maritimes, on a investi dans un outil, une barge dédiée au battage de pieux. Elle a été fabriquée par MSI à Barcelone, et financée par le Département à 50% et par deux intercommunalités, celle du Sud et celle de Petite Terre » poursuit le responsable.

Commandée en 2019, la barge planteuse de pontons a pris du retard à cause de la crise Covid. En décembre dernier, le conteneur de 40 pieds a enfin été livré, et cinq mois plus tard, le constructeur est présent à Mayotte pour procéder à l’assemblage.

Des pieux de 12m de haut

Un mat et un marteau de 3 tonnes permettent de planter des pieux de 12m dans le fond marin

Sur le principe, il ne s’agit pas de haute technologie, mais la machine est conçue pour répondre rapidement aux besoins locaux. « La barge est faite pour mettre le pieu droit, le poser bien droit, puis un marteau de 3 tonnes vient taper la tête du pieu. Ce n’est pas très moderne mais c’est simple et efficace » sourit le directeur. Au  cours des trois prochaines années, l’embarcation, conçue pour être facile d’utilisation et utilisable avec de faibles profondeurs, notamment sur les plages, ira du nord au sud pour répondre aux besoins en pontons. Ceux-ci pourront être construits aisément avec des pieux en acier faisant jusqu’à 12m de haut, hissés par une tourelle impressionnante de 14m. A la clé, des pontons en acier et bois, dont une base flottante permettra leur usage par toutes marées.

« Ces pontons sont dédiés exclusivement à la pêche » prévient toutefois Nicolas Martineau, « il n’est pas prévu pour l’instant un usage touristique. Cela donne la possibilité aux pêcheurs d’être moins tributaires des marées pour charger et décharger les bateaux. A l’heure actuelle ils déchargent sur le sable. Cela leur donnera en théorie des créneaux plus larges. C’est une amélioration des conditions de travail pour les 400 pêcheurs artisans qui utilisent des barques », s’enthousiasme le directeur en dévoilant la machine sur le quai Ballou, à Dzaoudzi.

Le navire fait 14m de haut, un sacré mat pour un bateau sans voile

Pour lui, ce projet est un nouveau pas en avant pour une filière en plein processus de structuration. « Des actions de formation ont été mises en place, les pêcheurs se sont organisés en coopérative, des efforts ont été faits sur la conservation, les captures etc. Ces ouvrages ça sera la concrétisation de démarches engagées depuis déjà 15 ans de professionnalisation. A l’heure actuelle cinq projets sont financés mais ça va faire des petits, il y en aura d’autres » assure-t-il, promettant au nouvel outil de passer les prochaines années entre le pieu et le lagon. La vie de rêve pour un bateau.

Y.D.

 

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