La visite de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des Outre-mer à Mayotte ce week-end, était très attendue. L'occasion pour certains élus d'échanger avec lui et d'évoquer les difficultés du département. Said Omar Oili, maire de Dzaoudzi-Labattoir, faisait partie de ces élus et revient sur cet épisode.

Au cœur des échanges entre le ministre et le maire de Dzaoudzi-Labattoir

La visite de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des Outre-mer à Mayotte ce week-end, était très attendue. L'occasion pour certains élus d'échanger avec lui et d'évoquer les difficultés du département. Said Omar Oili, maire de Dzaoudzi-Labattoir, faisait partie de ces élus et revient sur cet épisode.

Le tout premier point abordé est l’un des fléaux principaux qui règnent sur l’île : l’insécurité. M. Omar Oili nous en dit davantage : « Notre discussion était très libre. La première thématique évoquée était bien évidemment l’insécurité. Tout le monde sera d’accord sur le fait qu’on doit mettre les moyens pour sécuriser la population. Améliorer la formation et la compétence de nos policiers municipaux, par exemple, fait partie des solutions envisagées. »

La quantité des élèves ne cesse d’augmenter, au détriment de la qualité de l’éducation

L’éducation, autre gros problème de l’île aux parfums, a aussi fait partie de la discussion comme nous le dévoile le maire : « Nous avons parlé de l’éducation. C’est un défi important pour raison précise : l’égalité des chances n’est qu’une illusion dans notre département. Un élève mahorais n’a pas les mêmes chances qu’un élève guadeloupéen, réunionais ou métropolitain, c’est une réalité. Je vous donne un petit exemple, nous avons 500 élèves en attente d’inscription pour la maternelle à Dzaoudzi-Labattoir. Il n’y a plus de place mais on ne peut pas laisser ces enfants sans éducation. La conséquence est que certains élèves vont passer en classe supérieure, sans forcément avoir le niveau, pour faire de la place aux autres. C’est triste d’en arriver là. »

Maternité, CHM, sage-femme, Mayotte, Réserve sanitaire
Mayotte est considérée depuis quelques années comme « la plus grande maternité de France »

« Chaque année, l’équivalent d’une commune nait à Mayotte »

Le sujet principal de l’entretien entre Gérald Darmanin et Said Omar Oili a été la démographie de Mayotte. Pour ce dernier, la forte croissance démographique entraîne la plupart des complications du territoire. Il nous dévoile son point de vue : « Vous pouvez constater les chiffres, 10000 nourrissons voient le jour à Mayotte. On ne se rend pas compte mais c’est énorme, c’est l’équivalent d’une commune entière en France. Un recensement plus efficace doit être effectué chaque année pour permettre au moins l’actualisation des nos dotations. Les moyens dont on dispose sont loin de répondre à la demande de la population actuelle. »

L’amélioration du CHM de Petite-Terre et l’ouverture d’une université sur Petite-Terre, ont également fait partie de cette discussion. M. Darmanin, M. Omar Oili et quelques personnes de leur entourage ont entretenu des discussions « riches » et d’après le maire, le ministre de l’Intérieur a pris note de chaque point abordé. Suffisant pour la suite ? Le temps nous le dira.

Houmadi Abdallah

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.

Quatre enseignants jugés après une pétition accusant une inspectrice de harcèlement

Entre le 16 janvier et le 2 février 2026, quatre enseignants sont accusés d’avoir participé à la diffusion de propos jugés diffamatoires envers une inspectrice de l’Éducation nationale. À l’audience, chaque partie a défendu sa version des faits.

« On pouvait difficilement avoir mieux », au CHM, des avancées pour les brancardiers après deux jours de grève

Après une matinée de négociations avec la direction du Centre hospitalier de Mayotte, les brancardiers et ambulanciers grévistes ont obtenu plusieurs avancées sur les heures supplémentaires et les interventions SMUR. Mais des points de désaccord demeurent, notamment sur les retours à domicile et certaines tâches effectuées à la morgue.