Art traditionnel mahorais, le conte avait presque disparu ces dernières années sur l’île avec l’avènement de la société moderne. Heureusement, certaines structures s’emploient à le faire renaître comme la mairie de Mamoudzou avec son « mois du conte » et l’association Hippocampus avec son « festival du spectacle vivant ».

Grand retour de l’art du conte à Mayotte pour le plus grand bien de la société

Art traditionnel mahorais, le conte avait presque disparu ces dernières années sur l’île avec l’avènement de la société moderne. Heureusement, certaines structures s’emploient à le faire renaître comme la mairie de Mamoudzou avec son « mois du conte » et l’association Hippocampus avec son « festival du spectacle vivant ».

« Les contes traditionnels étaient très importants dans mon enfance. Ils étaient racontés par nos grand-mères, qui nous transmettaient des valeurs culturelles et morales à travers ces histoires », affirme Bacar Abdou N’tro, le conteur qui enchante les spectateurs du « Mois du conte » depuis début juin dans les MJC du grand Mamoudzou. Muni d’instruments de musique pour accompagner la narration, guitare, m’kayamba, gaboussi et dzendzé, il s’emploie à faire revivre ces contes du temps jadis tout en les adaptant à la société moderne. « Je modifie ou j’ajoute des choses en fonction de l’actualité », déclare celui qui estime que les contes traditionnels sont porteurs de l’identité mahoraise.

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Si le public de ces derniers spectacles était principalement constitué d’enfants, les adultes sont également les bienvenus aux spectacles de contes de Bacar Abdou N’tro

« La perte de repères des jeunes d’aujourd’hui est en grande partie due à la perte de nos traditions et de nos valeurs. Cette rupture dans la chaîne de la transmission donne une population frustrée, en colère et qui en a oublié l’essentiel de la vie : l’amour, la convivialité et le vivre-ensemble », ajoute le conteur, estimant que la renaissance des contes traditionnels à Mayotte pourrait contribuer à cicatriser les plaies de cette société blessée. La dimension didactique de son spectacle de 2h30 n’en occulte nullement sa dimension divertissante puisque sa manière de raconter les histoires, très théâtrale, capte directement l’attention du public. Enfants comme adultes y sont les bienvenus et le conteur s’adapte en fonction de la moyenne d’âge de ses spectateurs.

Il reste 3 dates pour pouvoir assister au spectacle de contes de Bacar Abdou N’tro : ce mercredi 19 juin à la MJC de M’tsapéré, le mercredi 26 à celle de Vahibé et le vendredi 28 à celle de Tsoundzou. De 14h à 16h à chaque fois.

Samedi 22 juin : deux conteurs au festival Hippocampus du spectacle vivant

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Le conteur réunionnais Zanpyér (au centre) et ses musiciens

Ce samedi 22 juin, le conteur mahorais partagera la vedette avec le conteur réunionnais Jean-Pierre Accapandier, dit Zanpyér, venu spécialement de l’île voisine pour le Festival du spectacle vivant, organisé par l’association culturelle Hippocampus au restaurant le M’haju, situé à Musicale Plage (Bandrélé). Il sera accompagné de Laurent, un musicien spécialisé dans l’art du balafon, instrument traditionnel africain rappelant le xylophone. Joint par téléphone (il n’arrive que ce mercredi sur notre île), Zanpyér nous dévoile que le spectacle fera la part belle à la musique qui accompagnera les contes africains racontés.  « Je raconte des contes africains, car de toute façon les contes réunionnais sont d’inspiration africaine pour la majorité d’entre eux, alors j’ai préféré aller directement à la racine », explique-t-il en ajoutant que « les mémoires africaines imprégnaient toutes les îles du sud-ouest de l’océan Indien ».

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Le Festival de ce samedi offrira au public des spectacles de contes, de cirque ainsi que des concerts et de la danse !

Comme son homologue mahorais, le conteur réunionnais a commencé l’apprentissage de son art avec « les anciens » de sa famille, pour l’enrichir d’un apport théâtral et musical par la suite lors de sa professionnalisation. « C’est une professeure de théâtre qui m’a ouvert les yeux sur mon potentiel de conteur, ensuite je me suis spécialisé dans cet art », révèle-t-il. Lors du festival, il croisera son imaginaire avec celui de Bacar Abdou N’tro, deux univers différents et pourtant si proches puisqu’issus de la même région océan Indien. Cette première rencontre doit d’ailleurs déboucher sur un projet de résidence de création à Mayotte en septembre et octobre prochains.

Mentionnons par ailleurs qu’outre les spectacles de contes, la compagnie mahoraise Rêvons l’envers présentera un spectacle de théâtre et tissus aériens et que plusieurs musiciens et danseurs locaux se produiront également comme le chanteur comorien Mwegné Madi et le groupe Feed back crew-Hip hop (Mayotte).

Nora Godeau

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