Lycée du Nord : le rectorat appelle à la reprise des cours et brandit la menace de poursuites

Le ton monte  au lycée polyvalent du Nord, dans un communiqué de presse, le rectorat de Mayotte condamne le maintien du blocage de l’établissement et demande désormais la reprise des cours. Pour l’académie, les conditions permettant d’accueillir les élèves sont réunies depuis ce lundi 28 septembre.

« Le rectorat condamne fermement toute action visant à empêcher la reprise effective des enseignements », écrit l’académie, qui appelle à « la levée immédiate de tout obstacle à l’accès au lycée ».

Cette prise de position intervient après plusieurs semaines de mobilisation au lycée du Nord, où parents et personnels avaient dénoncé notamment la hausse des effectifs dans les classes, les conditions de travail, les problèmes d’infrastructures, le manque de moyens à la vie scolaire, ainsi que la restauration scolaire. Depuis, les parents d’élèves de l’APECSN et de la FCPE avaient appelé à la reprise des cours.

Des mesures déjà actées

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L’académie dit avoir acté plusieurs mesures en faveurs de la communauté éducative.

Le rectorat rappelle que les échanges menés avec la communauté éducative ont permis d’acter plusieurs mesures. Un protocole de sortie de crise reprenant ces engagements aurait été transmis aux représentants des personnels et leur mise en œuvre doit désormais être suivie dans le cadre d’un comité.

Sur les moyens d’enseignement, l’académie annonce qu’une dotation complémentaire de 92 heures a été accordée. Des organisations pédagogiques en groupes à effectifs réduits ou en dédoublements pourront également être mises en place. Autres points, l’installation de quatre salles supplémentaires, deux blocs sanitaires, ainsi que des moyens humains complémentaires sont également prévus.

Ces mesures interviennent dans un lycée qui accueille aujourd’hui environ 2.300 élèves alors qu’il avait été conçu pour en recevoir environ 900. À la rentrée, l’arrivée de 125 élèves supplémentaires en seconde avait contribué à relancer les tensions autour des effectifs, certaines classes atteignant 31 élèves et des terminales dépassant 37 élèves.

Des dossiers restent encore ouverts

L’académie ne présente toutefois pas la situation comme définitivement réglée. Dans son communiqué, elle reconnaît que plusieurs sujets nécessitent encore du travail, notamment « la restauration scolaire, le plateau technique de la voie professionnelle et les besoins supplémentaires en personnels ».

Sur le plateau technique, plusieurs solutions sont encore étudiées pour permettre aux élèves de la voie professionnelle de poursuivre leurs enseignements pratiques et leurs certifications. Parmi lesquelles : une plateforme extérieure, une possible mobilisation d’Erasmus+, l’organisation d’une période de certification dans l’académie de Lille, ou encore la possibilité de restaurer la plateforme du lycée.

La restauration scolaire reste elle aussi un dossier ouvert. Le projet de réfectoire doit être inscrit dans le prochain contrat de convergence et de transformation. Dans l’attente, l’académie travaille sur une solution permettant aux élèves d’accéder, « dans des conditions sécurisées », aux points de vente situés à proximité de l’établissement. Une équipe doit notamment se rendre sur place avant les vacances d’octobre afin d’évaluer la faisabilité de cette solution et les aménagements nécessaires.

Mises en garde sur les conséquences du blocage

Cependant le rectorat fait également acte de fermeté :  les revendications peuvent continuer à être exprimées, mais le blocage physique de l’établissement ne peut pas se poursuivre. « L’expression de revendications ou de désaccords est légitime », rappelle le rectorat, avant de préciser que cette expression doit s’exercer « dans le respect du droit » et ne pas empêcher l’accès à l’établissement ni le fonctionnement du service public de l’éducation.

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Lundi 21 septembre, alors que le lycée de la Cité du Nord restait bloqué, 32 élèves seulement ont pu entrer dans l’établissement avant d’être reconduits chez eux. Mathilde Hangard / JDM

Ces actions peuvent mener à de lourdes conséquences, car  empêcher physiquement l’accès au lycée ou faire obstacle à la reprise des cours « sont susceptibles de constituer des infractions et d’exposer leurs auteurs à des poursuites pénales ». Une mise en garde qui intervient alors que le blocage avait été maintenu malgré les annonces du rectorat et l’appel à la reprise des cours.

Le rectorat insiste surtout sur les conséquences de cette situation pour les élèves. L’académie rappelle que l’établissement connaît déjà « cinq semaines sans enseignements dans des conditions normales ». Et elle prévient : « chaque nouvelle journée perdue fragilise davantage les apprentissages, les parcours scolaires et les perspectives de réussite des élèves ».

La question est particulièrement sensible pour les élèves qui préparent des examens cette année. Si le blocage devait se prolonger, la question du rattrapage des heures de cours perdues et des compensations nécessaires pourrait également faire partie des prochaines discussions.

Un suivi prévu chaque mois

L’académie veut désormais s’appuyer sur le comité de suivi rectoral pour contrôler l’avancée des engagements annoncés, avec une  instance qui doit se réunir chaque mois. « La reprise effective et durable des enseignements constitue désormais une étape déterminante », écrit-elle.

Le désaccord n’est donc pas totalement terminé, plusieurs demandes formulées depuis le début de la mobilisation restent encore en discussion, mais le rectorat considère que les mesures déjà prises permettent la reprise de l’enseignement. L’académie demande donc une reprise immédiate et durable des cours et prévient que le maintien du blocage pourrait désormais avoir des suites judiciaires.

Shanyce MATHIAS ALI

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