Lycée Mtsangadoua: « l’intérêt des élèves comme priorité », les parents appellent à lever le blocage

Face au blocage prolongé du LPO de Mtsangadoua, l’APECSN et la FCPE Mayotte demandent une sortie de crise rapide: rouvrir l’établissement sans abandonner les revendications. Dans une tribune datée du 27/09/2026 à Mtsangadoua, les associations de parents estiment que la mobilisation ne doit pas transformer les élèves, «que nous voulons défendre», en «premières victimes». Elles rappellent que chaque journée sans cours compromet un peu plus la scolarité, notamment pour ceux qui passeront des examens en fin d’année.

Les difficultés pointées sont connues: conditions d’accueil et de travail dégradées, équipements et moyens insuffisants, besoins humains et matériels non couverts, sureffectifs et nécessité de réponses durables pour la cité scolaire du Nord. Certaines demandes auraient reçu des réponses, d’autres exigent encore des engagements, des financements ou une programmation. Les parents réclament d’acter les avancées et de fixer, par écrit, un calendrier «précis et vérifiable», en mettant «en regard» les revendications et les réponses du Rectorat, afin d’assurer la réouverture du lycée tout en poursuivant le dialogue.

Pour l’APECSN et la FCPE Mayotte, reprendre les cours «n’est pas une capitulation mais une décision responsable». Elles invoquent le droit fondamental à l’éducation, consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Citant Nelson Mandela — «l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde» — ainsi que les pensées de Maria Montessori et Paulo Freire, elles refusent de «banaliser la perte du temps scolaire» à Mayotte. Après plusieurs semaines d’interruption, préviennent-elles, la réouverture seule ne gommera pas le retard: programmes, épreuves anticipées, baccalauréat et Parcoursup suivront leur cours, et les élèves de Mtsangadoua seront soumis aux mêmes exigences que les autres.

Les associations appellent chacun à «faire un pas». Au Rectorat, elles demandent de formaliser les annonces et de présenter, pour les chantiers plus longs, une programmation assortie de financements et d’échéances. Aux personnels mobilisés, elles disent entendre les préoccupations sur les conditions de travail, qui «contribuent à celle des élèves», tout en les invitant à considérer l’inquiétude des familles. Aux parents, elles rappellent leurs devoirs: permettre à leurs enfants d’apprendre, être présents et vigilants, dialoguer avec l’établissement, car «la coéducation est essentielle».

«Personne ne doit sortir humilié de cette crise», insistent-elles. Elles appellent «toutes celles et ceux qui peuvent contribuer à la sortie de crise» à revenir autour de la table: continuer à discuter, revendiquer si nécessaire et demander des comptes sur les engagements pris, tout en ouvrant l’établissement. Au-delà d’un certain point, jugent-elles, prolonger le conflit «risque de faire plus de mal aux enfants que d’avancer les revendications». Et de conclure: une revendication peut encore être négociée demain; une journée d’école perdue aujourd’hui «ne reviendra jamais tout à fait». Pour l’APECSN et la FCPE Mayotte: «Que les portes du LPO de Mtsangadoua s’ouvrent, que les enseignants retrouvent leurs élèves, que les élèves retrouvent leurs classes et que le dialogue continue.»

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