Le Grand Cadi de Mayotte et sa délégation ont inspecté de fond en comble l’Abattoir de Volailles de Mayotte (AVM) à Kahani ce lundi. Une visite rituelle et sanitaire indispensable pour renouveler la certification halal de la marque locale Mon Pouleti.

Remis sur pied après Chido, l’abattoir Mon Pouleti renouvelle sa certification halal

Le Grand Cadi de Mayotte et sa délégation ont inspecté de fond en comble l’Abattoir de Volailles de Mayotte (AVM) à Kahani ce lundi. Une visite rituelle et sanitaire indispensable pour renouveler la certification halal de la marque locale Mon Pouleti.

Prouver aux consommateurs que la volaille locale allie rigueur vétérinaire européenne et fidélité aux prescriptions religieuses. C’était tout l’enjeu de la venue matinale, ce lundi 28 septembre, des plus hautes autorités cadiales de l’île au cœur de la zone de Kahani. Accompagné de son adjoint et de son chargé d’études spécialisé dans la jurisprudence religieuse, le Grand Cadi de Mayotte est venu passer au crible l’ensemble de la chaîne d’abattage de Mon Pouleti avant d’apposer son paraphe sur le renouvellement annuel du label halal.

« Notre rôle est d’être les garants de ce que consomment les Mahorais », a rappelé la délégation cadiale au terme de l’inspection. De l’arrivée des bêtes vivantes jusqu’à leur stockage en chambre froide, chaque maillon a fait l’objet d’un examen minutieux : prononciation rituelle du Bismillahi Allahu Akbar lors de la saignée, respect de l’orientation de l’animal vers la Qibla, propreté irréprochable des installations et garantie stricte de la chaîne du froid. « Il ne faut pas que le produit soit pourri ; la bonne conservation fait partie intégrante du processus », ont insisté les religieux, saluant les efforts constants de l’établissement.

Normes européennes

Mon Pouleti, Mayotte, AVM, Grand cadi, halal
Un peu moins de 13000 poulet sont abattu chaque semaine.

Pour l’entreprise insulaire, cette certification religieuse ne s’oppose pas aux standards d’hygiène modernes mais les complète. « On est à Mayotte, en terre musulmane, et les Mahorais ont à cœur de consommer une viande strictement conforme aux règles du Coran. Mais nous sommes aussi en France, sous le coup d’un agrément sanitaire européen particulièrement exigeant », décrypte Élie Tassin, responsable QHSE (qualité, l’hygiène, la sécurité et l’environnement) du groupe Agro-Mêa, maison-mère de l’AVM (Abattoir de Volaille de Mayotte).

Recrutée dès 2019 à l’époque où la structure abattait artisanalement 1 600 volailles par jour à l’atelier public de Coconi avec cinq salariés, elle a piloté la construction et l’ouverture de l’usine de Kahani en mars 2021. Aujourd’hui, l’abattoir applique les protocoles les plus stricts en matière de bien-être animal. À l’accrochage, des plaques de décompression évitent la panique des bêtes suspendues par les pattes, tandis qu’un bac d’électro-narcose assure un étourdissement réversible : les poulets sont insensibilisés sans être mis à mort, évitant ainsi la souffrance et les spasmes réflexes avant la saignée.

Une production qui repart de plus belle

Le grand Cadi a signé la certification halal.

Frappée de plein fouet par le cyclone Chido qui avait arraché des toitures et endommagé de nombreux bâtiments d’élevage fin 2024, la filière a achevé ses chantiers de réhabilitation et le remplacement de ses cuves techniques. Si le passage du météore avait reporté d’un an les objectifs de croissance, les éleveurs partenaires ont repeuplé les poulaillers et l’outil tourne désormais à plein régime.

« Nous sommes revenus sur d’excellentes bases. Le rythme est environ de 6 000 poulets traités par vacation, à raison de deux à trois jours d’abattage hebdomadaires », détaille un opérateur de production. Le site abat désormais un peu moins de 13 000 volailles par semaine. Une dynamique renforcée par la diversification engagée fin 2024 dans la charcuterie de volaille fraîche : saucisses, merguez, jambons de poulet et découpes marinées sous vide à destination de la restauration hors foyer. En renouvelant sa confiance à Mon Pouleti, le Grand Cadi scelle bien plus qu’un accord religieux. Il ancre la production locale comme une alternative crédible face aux importations massives de viandes congelées.

Léo Vignal

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

« On se dit qu’on peut se faire tuer », les soignants du CHM à bout face aux violences

Après deux attaques contre des véhicules transportant des professionnels de santé en quelques jours, une partie du personnel du centre hospitalier de Mayotte a décidé d'exercer son droit de retrait. Lundi 28 septembre 2026, près d'une centaine d'agents se sont rassemblés dans la cour de l'hôpital, en attendant des réponses des autorités.

Jeux des Îles aux Comores : les sportifs mahorais prêts à y aller, le Département-Région beaucoup moins

Hormis la ligue mahoraise de handball, les ligues et comités locaux ont fait part de leur désir de se rendre aux Comores, en août 2027, pour les douzièmes Jeux des Iles de l’océan Indien. Sauf que le Département-Région de Mayotte traîne toujours des pieds et ne compte pas financer la moindre préparation

« Ils n’ont pas pu rentrer dans le lycée », à Acoua, la reprise annoncée par la rectrice n’a pas eu lieu

La rectrice avait annoncé le retour des élèves ce lundi 28 septembre après plusieurs jours de négociations. Mais devant le lycée polyvalent de la Cité du Nord, à Acoua, le blocage se poursuit. Une vingtaine d'élèves venus de Longoni sont arrivés en bus sans pouvoir entrer dans l'établissement.