Combani poursuit sa métamorphose. Ce mercredi matin, une foule de décideurs politiques et économiques s’était rassemblée sur le pôle d’activités de la commune pour marquer une nouvelle étape structurante : la pose symbolique de la première pierre des projets Marashi et Mulima. Ces opérations confirment la vitalité du site initié en 2021 par CBo Territoria, après l’entrepôt Climax en 2022, le centre commercial Ylang-Ylang en 2023 et les bureaux de France Travail livrés en 2024.
L’ambition est d’étoffer l’offre tertiaire et commerciale du centre de l’île. Le premier ensemble, Marashi, déploiera environ 1 000 m² dédiés aux bureaux, aux commerces et aux services, avec l’installation très attendue d’un centre de dialyse, véritable bouffée d’oxygène pour l’accès aux soins de proximité. Le second, le retail park Mulima, proposera près de 1 500 m² de surfaces commerciales supplémentaires dès l’été 2027. « Cette dynamique rejoint les ambitions que nous portons pour notre territoire. Notre économie ne

peut plus se concentrer sur un seul bassin de vie », a rappelé Zaounaki Saindou, conseillère départementale de Tsingoni. Pour l’élue, chaque investissement privé engagé après les traumatismes du cyclone Chido témoigne d’une confiance précieuse dans l’avenir mahorais.
Décentraliser l’activité
Cette volonté de rupture avec l’hyper-centralisation de Mamoudzou a constitué le fil rouge des prises de parole. Pour Rahadati Abdallah, première vice-présidente de la Communauté de communes du Centre-Ouest (3CO) et première adjointe de Tsingoni, la consolidation du pôle d’activités économiques (PAE) est un levier de souveraineté locale. « La pose de cette première pierre n’est pas un simple geste symbolique, c’est un acte de justice territoriale. Nous faisons le choix d’un aménagement qui ne subit pas les déséquilibres, mais qui les corrige. » L’implantation d’agences bancaires, de compagnies d’assurance et de boutiques spécialisées permet ainsi aux administrés du Centre et du Sud d’accéder aux services essentiels sans devoir traverser l’île.
Une continuité politique saluée par le maire de Tsingoni, Issilamou Hamada, qui a tenu à rendre hommage à son prédécesseur Mohamed Bacar, initiateur de la libération foncière de 2017. En devenant un carrefour de services, la commune démontre que le développement économique peut s’enraciner durablement hors de l’agglomération chef-lieu, préparant le terrain pour de futurs projets d’envergure, dont l’implantation programmée du second centre hospitalier de Mayotte.
L’urgence du contournement routier
Mais ce dynamisme accéléré soulève un corollaire redouté : l’asphyxie des réseaux de

transport. Traversé quotidiennement par des flux pendulaires majeurs, le carrefour de Combani arrive régulièrement à saturation. « Le succès et l’essor d’un territoire imposent d’en anticiper les défis », a prévenu Issilamou Hamada. Appelant l’État, le Département et la 3CO à une mobilisation partenariale sans faille. L’édile a fait du projet de contournement routier de Combani le chantier indispensable pour préserver l’attractivité de la zone.
Un message reçu par les services préfectoraux, alors que le Département poursuit ses investissements sur la RD1 et les voiries de desserte du futur pôle hospitalier. Géraldine Neyret Gleizes, présidente-directrice générale de CBo Territoria, a elle aussi insisté sur cette équation : la réussite d’un bassin d’emploi dépend d’infrastructures d’accès fluides et modernes.
En scellant ces blocs de béton à Combani, élus et investisseurs n’ont pas seulement posé les fondations de deux nouveaux immeubles d’affaires. Ils ont acté le basculement progressif du centre de gravité économique de Mayotte vers ses terres intérieures.
Léo Vignal


