La crise franchit un nouveau cap à l’aéroport Marcel-Henry ce mercredi 17 juin. Le mouvement social qui touche la plateforme de Dzaoudzi-Pamandzi depuis le samedi 13 juin est entré dans son cinquième jour. Alors que les opérations aériennes ne peuvent plus être assurées dans des conditions de sûreté suffisantes, les voyageurs sont invités à quitter l’aéroport. Dans les airs, les conséquences sont déjà visibles : un appareil d’Air Austral a été contraint de rebrousser chemin avant même de toucher le sol mahorais.
Le nombre insuffisant d’agents de sûreté paralyse les opérations aéroportuaires
Selon un responsable de l’aéroport, l’absence d’un nombre suffisant d’agents ne permet plus de garantir les opérations de sûreté indispensables au fonctionnement normal de l’infrastructure. Face à cette situation, les passagers présents sur place ont été invités à rentrer chez eux et à contacter leurs compagnies aériennes afin de connaître les modalités de report ou de remboursement de leurs voyages.
L’aéroport fonctionne actuellement au niveau de protection 5, un niveau de sûreté renforcé impliquant des exigences accrues en matière de contrôles et de sécurisation des installations. Dans ces conditions, la présence d’un nombre suffisant d’agents est indispensable pour assurer les vérifications des passagers, des bagages et l’accès aux zones réglementées. Faute d’effectifs, ces opérations ne peuvent plus être garanties normalement.
Des négociations rompues sur fond de désaccord salarial
Le conflit porte principalement sur des revendications salariales. Selon l’intersyndicale, les salariés d’Edeis réclament toujours une revalorisation générale des salaires de 10 % ainsi qu’une prime exceptionnelle de 4 000 euros, parmi d’autres mesures. Lors d’une réunion de négociation tenue la veille, mardi 16 juin, les représentants du personnel ont fait valoir que les salariés du GIESM devaient bénéficier d’une augmentation de salaire de 5 % et ont demandé un traitement comparable pour les employés d’Edeis. De son côté, la direction a proposé une augmentation générale de 2,5 %, selon un compte rendu transmis par des membres de l’intersyndicale.
Les représentants du personnel auraient alors interrogé la direction sur la possibilité d’améliorer cette offre. Celle-ci aurait indiqué ne pas être en mesure d’aller au-delà de sa proposition, toujours selon l’intersyndicale. Les syndicats auraient ensuite quitté la réunion, qui se serait achevée sans accord. Faute d’accord, l’intersyndicale a décidé de poursuivre le mouvement social, à l’origine des perturbations actuelles du trafic aérien.
Un vol d’Air Austral contraint de faire demi-tour avant d’atterrir
Les répercussions de la grève ont été ressenties dans le ciel mahorais. Dans un communiqué transmis à la presse ce mercredi, Air Austral indique que son vol UU272 reliant La Réunion à Mayotte n’a pas pu atterrir à Dzaoudzi. Alors que l’appareil était en phase d’approche, l’aéroport n’a pas été en mesure d’ouvrir ses installations en raison du mouvement social en cours.
Faute d’autorisation d’atterrir, le commandant de bord a dû interrompre sa descente et reprendre la direction de La Réunion. Une décision qui illustre les difficultés rencontrées pour maintenir les opérations aériennes depuis le début du mouvement. Selon la compagnie, plusieurs centaines de passagers sont directement touchés par cette situation. Le transport de fret est également perturbé, tout comme l’ensemble du programme de vols prévu à destination et au départ de Mayotte.
Mathilde Hangard


