Vendredi à Dzaoudzi, en pleine heure de pointe aux alentours de 16 heures, de nombreux usagers étaient déjà regroupés à l’arrêt de bus, attendant l’arrivée des véhicules en direction de Pamandzi et Labattoir. Quand les bus sont finalement arrivés, ils se sont rapidement remplis, si bien que plusieurs personnes ont dû patienter pour le passage suivant.

Nous avons embarqué au Quai Ballou en direction de Pamandzi, à bord, l’ambiance restait calme comme si une habitude s’était déjà installée chez certains passagers depuis la phase test. Les arrêts s’enchaînent régulièrement pour laisser monter ou descendre les usagers, pendant que chacun s’occupe à sa manière : en écoutant de la musique, d’autres échangeant entre eux ou regardant simplement la route défiler à travers les vitres.
Pour l’instant, les fameux nouveaux bus floqués aux couleurs officielles de M’Safara ne sont pas encore visibles sur les routes. En attendant, le réseau fonctionne actuellement avec des véhicules déjà utilisés auparavant, l’arrivée des modèles neufs est prévue par le Département à partir de juillet. Une absence très remarquée par les usagers.
Un lancement réussi ?
Cette première journée semble en tout cas avoir dépassé les attentes des équipes sur place. « Depuis ce matin il y a beaucoup de monde, on ne s’attendait pas à ça. J’avais mille tickets gratuits et à 16 heures il n’y en a déjà plus ! Pareil pour mon collègue qui était là dans la matinée », explique Abdallah, contrôleur sur le réseau.

Selon lui, rien qu’en Petite-Terre, près de 2.000 usagers auraient déjà utilisé le service dans la journée. « Avant, quand il y avait seulement des rotations le matin et en fin de journée, on était déjà autour de 400 ou 500 personnes. Là c’est en continu toute la journée donc forcément il y a beaucoup plus de flux ».
Le réseau M’Safara doit couvrir l’ensemble de Mayotte, contrairement aux réseaux communaux déjà existants sur certaines zones. En Petite-Terre, huit bus circulent actuellement sur plusieurs lignes entre Labattoir, Pamandzi et le Quai Ballou, avec des rotations prévues jusqu’en soirée, aux alentours de 20 heures.
Un réseau encore en rodage sur le terrain
Cependant, le réseau compte encore quelques imperfections. Pour le Département la prochaine étape est l’installation de panneaux et de marquages au sol sur les différents arrêts de l’île pour permettre aux habitants de mieux se repérer. « Pour les gens qui ne connaissent pas encore les arrêts c’est vrai que c’est compliqué », reconnaît-on.

Des ajustements nécessaires également soulignés par les usagers du réseau. Hamada Madi, habitant de Labattoir, reconnaît qu’il y a eu de l’attente à certains moments de la journée et que tout n’est pas encore totalement en place. Malgré cela, il estime que l’arrivée du réseau reste une avancée importante. « Quand on débarque de la barge et qu’on voit qu’il y a un transport en commun qui est là, ça fait du bien ».
Une application mobile ainsi qu’un système d’abonnement doivent prochainement être mis en place, même si pour l’instant des tickets gratuits continuent d’être distribués et qui sont valables jusqu’au 31 mai.
Des habitudes de déplacement qui évoluent

Pour le contrôleur, ce lancement reste encourageant même si le réseau doit encore trouver son rythme. Il explique que dans la journée, certains bus étaient moins remplis, notamment parce que beaucoup d’habitants étaient au travail et que l’habitude de prendre le bus n’est pas encore bien installée en Petite-Terre. D’après lui, cette fréquentation devrait évoluer progressivement avec le temps.
Il estime aussi que ce nouveau réseau peut avoir un impact important chez les jeunes. Avec un ticket à deux euros valable pendant deux heures, beaucoup pourront désormais se déplacer plus facilement entre les communes, aller à la plage ou se rendre à des festivités. « Je pense que c’est une aubaine pour les jeunes », explique-t-il.
D’après Abdallah, le réseau pourrait progressivement entrer dans les habitudes des Mahorais, comme cela se fait déjà à La Réunion où les transports en commun sont utilisés au quotidien pour le travail, les courses ou les loisirs.
Shanyce MATHIAS ALI.


