« La vague », un jeu pédagogique de collégiens mahorais en finale nationale à Paris

Trois élèves du collège Nelson Mandela, à Doujani, se sont envolés dimanche pour Paris afin de représenter Mayotte lors de la finale nationale du concours CGénial, prévue le jeudi 28 mai prochain, avec un jeu vidéo éducatif imaginé autour de la protection du lagon et des cétacés.

L’heure était à la préparation la semaine dernière pour une quinzaine d’élèves de cinquième et de troisième au collège de Doujani. Entre répétitions, derniers réglages et préparation du voyage vers Paris, cette fin d’année scolaire est bien remplie. Le groupe a été sélectionné pour la finale nationale du concours CGénial avec son projet « La vague : un jeu pédagogique », trois élèves font le déplacement à Paris pour le représenter.

Derrière ce titre, il y a un jeu vidéo conçu autour de la protection de l’océan et de la sensibilisation à l’environnement marin. Une manière différente de transmettre ce que les élèves ont appris tout au long de l’année sur le lagon mahorais, les cétacés et les conséquences des activités humaines sur le milieu.

Un projet construit avec des partenaires scientifiques

Les élèves ont fait plusieurs sorties en mer en présence de scientifiques.

« Durant cette année scolaire, on a mené un projet autour de l’océan avec les élèves », explique Dimitri Hoarau, professeur de technologie au collège Nelson Mandela. Pour construire ce travail, le professeur s’est entouré de plusieurs partenaires, notamment l’association Ceta’Maoré et l’Institut océanographique de Monaco qui a financé plusieurs sorties en mer pour les élèves et échangé avec les jeunes en visioconférences. Les collégiens ont également pu découvrir différents métiers liés au monde maritime, grâce à des sorties découvertes à l’école Maritime, ou encore dans la barge.

Au départ, l’idée n’était pas forcément de créer un jeu vidéo. Les élèves ont d’abord accumulé des informations, pris des notes et travaillé sur les enjeux environnementaux liés à l’océan. Puis une question s’est posée : comment partager toutes ces données avec d’autres jeunes ?

« On s’est demandés ce qui pouvait plaire aux autres élèves. Une vidéo était possible, mais finalement on est partis sur le jeu vidéo parce que c’est quelque chose qui intéresse plus les enfants », raconte l’enseignant.

De l’apprentissage à la création du jeu vidéo

Le jeu est déjà disponible sur internet.

Le résultat prend la forme d’un petit jeu d’aventure dans lequel le joueur doit réaliser des actions positives pour protéger l’océan. Il rencontre différents personnages liés au lagon, dont les actes ont des conséquences directes sur l’environnement marin, notamment des pêcheurs ou encore des habitants. Chaque interaction apporte des informations et permet de gagner des points. L’objectif est simple : récolter le maximum de points en une minute tout en découvrant les bons gestes à adopter pour l’environnement.

Mais derrière le jeu, les élèves ont surtout appris à travailler autrement. « Ils ont appris à programmer, à rédiger des textes, à construire un scénario, à prendre la parole en public mais aussi à gérer un projet », détaille Dimitri Hoarau.

Une préparation avant la finale à Paris

Des compétences que les collégiens devront mettre en pratique lors de la finale nationale, durant laquelle ils tiendront un stand toute la journée face à plusieurs jurys ainsi que devant d’autres collégiens. Depuis plusieurs semaines, ils s’entraînent donc à présenter leur projet et à répondre aux questions. « Ils sont impatients, ils ont un peu peur aussi, mais ils sont surtout très contents de pouvoir représenter leur île », souligne leur professeur.

Le jeu vidéo a déjà remporté des prix au niveau local et international.

Le jeu vidéo a déjà reçu plusieurs distinctions avant même la finale parisienne. Il a notamment remporté le prix de « l’action éco-déléguée » lors d’une journée du développement durable organisée à Ouangani, où il a été testé par des élèves de plusieurs collèges. Il a également obtenu le prix « Coup de cœur » du concours international Océano ainsi qu’un prix académique artistique et culturel.

Pour Dimitri Hoarau, ce type de projet ouvre aussi des perspectives nouvelles à des jeunes qui n’auraient peut-être jamais imaginé certains métiers ou certains parcours. « Ça crée des vocations, certains élèves disent qu’ils veulent travailler sur des bateaux, d’autres dans la programmation de jeux vidéos ».

En ce qui concerne le jeu, il est déjà disponible en ligne et continue de circuler dans les établissements scolaires de Mayotte. En attendant la finale prévue jeudi 28 mai prochain à Paris, les jeunes programmeurs poursuivent leurs derniers entraînements.

Lien du jeux : doujani.fr/jeux/

Shanyce MATHIAS ALI.

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