Afin de faire un point sur l’état d’avancement des travaux du futur réseau de transport collectif urbain Caribus, la Communauté d'Agglomération Dembéni Mamoudzou (CADEMA) a organisé une visite de différents sites en chantier. L’occasion de comprendre la technicité des aménagements induits mais aussi de prendre conscience du potentiel de modernisation pour l’île.

Un chantier titanesque pour faire sortir Caribus de terre

Afin de faire un point sur l’état d’avancement des travaux du futur réseau de transport collectif urbain Caribus, la Communauté d'Agglomération Dembéni Mamoudzou (CADEMA) a organisé une visite de différents sites en chantier. L’occasion de comprendre la technicité des aménagements induits mais aussi de prendre conscience du potentiel de modernisation pour l’île.

Plus de dix années après le début du projet Caribus porté alors par la commune de Mamoudzou, avant le passage de flambeau à la Communauté d’Agglomération Dembéni Mamoudzou (CADEMA), les travaux sont bel et bien lancés. Depuis la pose symbolique de la première pierre en février dernier, le chantier a pris des envergures titanesques, temps et si-bien qu’il est source de questionnement pour de nombreux riverains. Un constat partagé par Damien Rietsch, directeur régional de Vinci, « il nous semblait nécessaire de donner de la visibilité à ce projet compte tenu des nombreuses interrogations qu’il suscite».

L’envergure des travaux suscitent de nombreuses interrogations

Une visite du chantier dont l’objectif était également de faire le point sur « l’avancement de la partie sud de la ligne 1 » ; ligne devant relier Passamainty à Hauts Vallons. Qu’il s’agisse du terre-plein de Mtsapéré, accueillant, entre autres, la « base-vie SOGEA » et la centrale à béton, ou les abords de la route nationale au niveau de Passamainty, le balai des camions bennes, des pelleteuses ou encore des rouleaux compresseurs s’est peu à peu instillé dans le paysage urbain.

 

Un projet global pour moderniser les axes routiers

Sur le site à proximité des anciens locaux de la Croix-Rouge, Stéphane Van Landeghem,

L’actuel pont sera remplacé par une structure plus moderne

directeur de travaux Caribus, invite les participants à « imaginer qu’il y aura ici une gare routière, une plateforme de retournement ainsi qu’un parking relais pour que les usagers venant du sud puissent garer leurs véhicules avant de prendre les transports en commun ».

A proximité, les jours du pont de l’ancienne route nationale sont comptés. « Sa destruction est prévue pour la semaine prochaine, un nouvel ouvrage d’art le remplacera», détaille le directeur de travaux. Même si aucun bus n’est amené à l’emprunter, le projet Caribus à une vocation de modernisation des installations, « ce n’est pas uniquement la création de voies pour les bus, c’est aussi l’aménagement des ouvrages annexes ainsi que les routes », précise le directeur de cabinet de la CADEMA, Amine Maoudjoudi.

Des ronds-points remplacés par des carrefours à feux tricolores

Aux grands projets, les grands moyens

Jouxtant l’actuel pont de la route nationale à hauteur de Mtsapéré, une machine bien particulière s’active à creuser les trous qui recevront les piliers d’un futur ouvrage d’art enjambant le cours d’eau. « Ce nouveau pont permettra uniquement la circulation des bus, un à la fois et une passerelle pour les piétons complétera l’ouvrage existant ». Des travaux qui ont l’avantage de ne pas encombrer le trafic actuel. Toutefois, les usagers de la route devront patienter quand les ronds-points entre Passamainty et Hauts Vallons seront, au fur et à mesure, remplacés par des carrefours à feux pour donner la priorité aux transports en commun. « Ce sera un travail de nuit pour limiter au maximum la gêne occasionnée, mais il faudra faire preuve de patience », admet Amine Maoudjoudi.

Un premier tronçon mis en service dès la fin 2023

Pour l’heure, la mise en activité du tronçon Passamainty jusqu’au rond-point du Baobab de la ligne 1 est prévue pour fin 2023. « Je ne peux que me réjouir de l’avancée de ces travaux», félicite Rachadi Saindou, président de la Cadema. « Souvent, on pose la première pierre, mais rien n’aboutit derrière, là ce n’est pas le cas. Le projet Caribus est une vitrine pour l’île, il ne s’agit pas uniquement des utilisateurs de la communauté d’agglomération mais bien de toute la population du département qui va pouvoir s’en servir », abonde-t-il.

Une vitrine de l’île qui se construit sous les yeux des riverains

Un projet d’envergure pour Mayotte dans son ensemble

Une vitrine d’autant plus attrayante que 3 autres lignes de transport en commun sont prévues. Ces aménagements constituent une réponse sur le long terme à la problématique de l’engorgement du trafic routier et participeront à améliorer la qualité de vie de la population avec une pollution de l’air amoindrie. Certes, avant d’atteindre cet état de grâce, les usagers de la route devront vraisemblablement devoir rester indulgents, mais Caribus est engagé sur la bonne voie.

Pierre Mouysset

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