Le sujet de philosophie, commun aux bacs généraux et technologiques, semblait bien inspiré de l'actualité récente : rôle de l'Etat ou de la culture, importance de la méthodologie scientifique, l'on y retrouve les grands thèmes de la vie publique des derniers mois. Tout un symbole à Mayotte, où le nombre de candidats ne cesse d'augmenter.

Rôle de l’Etat, de la culture, ou rigueur scientifique, un bac de philo très politique

Le sujet de philosophie, commun aux bacs généraux et technologiques, semblait bien inspiré de l'actualité récente : rôle de l'Etat ou de la culture, importance de la méthodologie scientifique, l'on y retrouve les grands thèmes de la vie publique des derniers mois. Tout un symbole à Mayotte, où le nombre de candidats ne cesse d'augmenter.

« Les pratiques artistiques transforment-elles le monde » ? Ou « Revient-il à l’Etat de décider de ce qui est juste ? » Et vous quel sujet auriez-vous choisi si vous aviez dû passer l’épreuve de philo ce mercredi, à l’instar de quelques 3900 élèves à Mayotte ? Peut-être auriez-vous penché pour le commentaire d’un texte de 1951, qui traite de démarche scientifique et semble avoir été écrit à l’aune de la crise sanitaire et des fake news ?

Quoi qu’il en soit, c’est un baccalauréat décidément très politique et d’actualité qui a été proposé aux élèves, pour la seule épreuve commune ayant résisté aux réformes récentes du baccalauréat : la philosophie.

Pour ce moment important pour les élèves, le recteur Gilles Halbout avait tenu à être présent, pour découvrir les sujets en même temps qu’eux.

« Symboliquement c’est important d’être avec les équipes pour ce qui est la dernière épreuve commune passée par tous les élèves, à partir de la semaine prochaine ils vont passer les grands oraux. Il y aura aussi jusqu’à la fin certaines options. C’est important parce que ça marque la fin d’un cycle, et pour beaucoup d’élèves, c’est déjà le début d’une projection vers les études supérieurs puisqu’ils ont déjà pour la plupart des résultats positifs pour leurs vœux sur ParcourSup. A cette heure, on a plus de 90% des élèves dans la voie générale qui ont des réponses positives. »

Le proviseur adjoint, juste avant d’ouvrir les scellés contenant les sujets

Avant de rejoindre l’enseignement supérieur, il aura donc fallu en passer par cette épreuve, sans doute en s’inspirant de l’actualité, mais sans oublier ses cours. Les élèves ont en effet pris le temps de « bachoter » toute la semaine précédente, selon le proviseur adjoint Manuel Borego selon qui « les enseignants les ont bien préparés ».

Le recteur lui, est déjà impatient de voir les productions qu’auront inspiré ces questions aux élèves. « La question sur l’art et la culture, ou sur ce que fait l’Etat et ce qu’on en attend, ce sont deux questions qui sont d’actualité partout en France et en particulier sur Mayotte, il sera intéressant de voir ce que les élèves auront fait et quel aura été leur prisme d’attaque sur ces sujets universels. On sort d’une période électorale, avec un questionnement sur l’Etat, et concernant la culture, avec tout ce qui a été fait pour la rendre accessible dans les zones les plus éloignées, il sera intéressant de voir ce que les élèves en auront retenu ».

Au final, ils auront été près de 3900 à plancher sur le même sujet à Mayotte, dont 94 en candidats libres , le plus âgé ayant plus de 50 ans. En tout, 4051 candidats passent le bac cette année à Mayotte.

Gilles Halbout à l’étage du lycée

« C’est intéressant de voir que le bac reste un diplôme utile et reconnu » salue le recteur. « En termes de statistiques, on voit que le nombre de candidats croît de près de 9% dans la voix générale, et c’est similaire dans la voix professionnelle qu’on a beaucoup développée depuis 2 à 3 ans. Cela veut dire que l’accès à la scolarisation jusqu’à 17 – 18 ans est ouvert à une plus grande partie de cette classe d’âge. En tout ce sont 5500 élèves qui passent le bac, tous bacs confondus, dont 1800 en voie technologique et 1500 en voie professionnelle ». Seuls ces derniers ne passent pas la philo, optionnelle en voie professionnelle.

L’autre grande question, sera celle de la réussite globale, sur un territoire où le taux de réussite est chaque année bien inférieur à la moyenne nationale. « On a encore un travail à faire sur la scolarisation précoce » indique Gilles Halbout « et sur l’apprentissage de la lecture, l’éducation prioritaire, tout ça portera ses fruits dans quelques années. Certes on progresse mais il reste beaucoup de travail à faire. Mais pour les 80% qui réussissent, ils sont pris dans l’enseignement supérieur, obtiennent des écoles et des prépas en corrélation avec ce qu’on peut voir ailleurs, les 80% sont du même niveau que les 95% des autres académies.

La fresque dans le hall du lycée semble avoir inspiré un des sujets de philo

D’où les filières d’excellence, pour que ces élèves ne pâtissent pas du fait d’avoir fait leurs études à Mayotte, sans oublier les 20 à 30% qui sont plus en difficulté. Il faut aussi qu’on mette plus de moyens pour qu’ils rattrapent leur retard. Dans le Mayotte de demain, on ne pourra pas avoir de jeunes qui n’ont pas les notions communes. Il faut faire le nécessaire pour qu’aucun jeune ne quitte le système éducatif sans diplôme, sans formation, et in fine, sans métier. »

Y.D.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Deux établissements fermés administrativement par la préfecture en raison de manquements

La préfecture de Mayotte a ordonné la fermeture du restaurant de l’hôtel Maharajah à Mamoudzou pour des manquements sanitaires et celle du douka La Madjirani à Sada pour plusieurs infractions au Code du travail.

À Mamoudzou, le CHM se prépare à l’éventualité d’un cas d’Ebola

Alors qu’un foyer épidémique d’Ebola a été signalé dans l’est de la République démocratique du Congo le 15 mai dernier, le centre hospitalier de Mayotte (CHM) anticipe un éventuel cas importé. Dans un territoire sous forte pression sanitaire, l’unique hôpital de l’île renforce ses protocoles, malgré des moyens contraints.

Assemblée plénière : débats sur le camp de Tsoundzou, la fibre et le port de Longoni

Réunie ce mardi 26 mai 2026 dans l’hémicycle Younoussa-Bamana, l’Assemblée départementale de Mayotte a adopté l’ensemble des rapports à l’unanimité, dans une séance dominée par les débats sur le camp de Tsoundzou, la fibre optique et une réorganisation du port de commerce, avec un rapport finalement retiré de l’ordre du jour.

Handicap et emploi : une convention structurante pour l’insertion des personnes en situation de handicap

La convention prévoit le déploiement de "Cap Emploi", de la Ressource Handicap Formation (RHF), d’une feuille de route territoriale ainsi que l’installation d’une antenne locale de l'AGEFIPH, afin de renforcer l’accès à l’emploi et l’accompagnement des personnes en situation de handicap sur le territoire.