La 3ème édition Salon du Livre de Mayotte, Salima pour les intimes, a ouvert ses portes ce vendredi 1er décembre sur la place de la République. Il s'est étalé sur deux jours et regroupait de nombreux stands d’auteurs mahorais, mais également d’éditeurs et de libraires.

3ème édition du Salon du Livre de Mayotte : promouvoir la littérature et l’édition mahoraises

La 3ème édition Salon du Livre de Mayotte, Salima pour les intimes, a ouvert ses portes ce vendredi 1er décembre sur la place de la République. Il s'est étalé sur deux jours et regroupait de nombreux stands d’auteurs mahorais, mais également d’éditeurs et de libraires.

Guillaume Deslandes, directeur de la DAC, a évoqué l’urgence de développer le goût de la lecture pour tous à Mayotte.

« Ce Salon du Livre a deux objectifs : promouvoir la littérature mahoraise et contribuer à développer l’industrie du livre sur le territoire », a déclaré Guillaume Deslandes, le directeur de la Direction des Affaires Culturelles, en ouverture de l’évènement. « Nous recensons à l’heure actuelle une quarantaine d’auteurs sur le territoire et deux maisons d’édition. Mais il reste encore beaucoup à faire notamment dans le domaine de la lutte contre l’illettrisme. Les derniers chiffres que nous possédons révèlent que 58% des habitants de notre territoire ne maîtrisent pas complètement la lecture et l’écriture », a-t-il ajouté. Pour lui, cette lutte passe notamment par l’organisation d’évènements au sein des bibliothèques municipales qui doivent devenir « un lieu moteur de l’apprentissage de la lecture ». Il a en outre précisé que l’Etat soutenait les collectivités dans cette démarche à hauteur de 950 000 euros par an et que ce chiffre devrait être revu à la hausse en 2024. « Notre objectif est de développer le goût de la lecture pour tous », a-t-il conclu tout en précisant que le conseil départemental se devait d’être « le fer de lance du réseau des bibliothèques sur le territoire ».

Des auteurs et des éditeurs mahorais, mais également des invités venus d’Afrique de l’Est

L’éditrice tanzanienne Mariam H. Bundala a présenté des ouvrages de son pays.

Toutes sortes d’auteurs originaires de notre île étaient présents au Salima. Des romanciers, bien sûr, mais également des essayistes, des poètes, des dramaturges et des historiens. Saïd Ahamadi, historien et économiste, y a présenté ses essais encourageant les Mahorais à se réconcilier avec leurs racines africaines. Andinani Saïd Ali, essayiste également, analyse quant à lui, au sein de ses ouvrages, les difficultés des Mahorais de La Réunion. Les amateurs de lectures plus distrayantes ont pu se tourner vers le roman fantastique de l’auteur chiconien Dominus Ali Toybou intitulé « L’être ange et les esprits de Bilambou » et les amateurs de vers ont trouvé leur bonheur dans les recueils de Papana ou de Yazidou Mandhui. Les enfants n’ont, bien entendu, pas été oubliés au sein de ce salon puisque de nombreux auteur leur consacraient des contes ou des albums, parfois en plusieurs langues (français, shimaore, kiboushi et même anglais !) comme c’était notamment le cas du célèbre écrivain mahorais Nassur Attoumani, qu’on ne présente plus !

Du fait d’un public principalement constitué d’enfants, la conférence « Littérature et territorialité mahoraises » s’est transformée en discussion autour du métier d’auteur et du goût de la lecture.

Les deux maisons d’édition mahoraises Project’île et Hizira ya maore étaient également présente pour montrer que, petit à petit, l’industrie du livre se développe sur l’île malgré un retard évident. Des maisons d’édition venues de Tanzanie et du Mozambique étaient également invitées pour présenter les auteurs de leur pays. Cette 3ème édition du Salon du Livre se voulait ouverte sur la région et multilingue afin de contribuer à désenclaver Mayotte. La conférence « littérature et territorialité mahoraise », prévue de 10h à 12h30 s’est adaptée à son public puisque ce dernier était principalement constitué d’enfants. Nassur Attoumani, Yasmina Aouny et les autres auteurs présents ont discuté avec eux et répondu à leurs questions. A celle de savoir s’il était difficile de devenir auteur, ils ont tous répondu de concert : « Pour y arriver, il faut d’abord beaucoup lire ! ». Un conseil qui ne manquera sans doute pas de motiver les petits écrivains en herbe !

Nora Godeau

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