“On n’a pas très bien vécu ce changement, même s’il y avait des rumeurs qu’on allait partir à La Réunion”,reconnaît Djadid Abdourraquib. Le président du Football club de M’tsapéré ne cache pas sa déception quant à la délocalisation du match entre son club et la Saint-Pauloise football club. Cette rencontre de Coupe de France féminine aura lieu à La Réunion, le samedi 31 octobre, alors qu’elle devait initialement se dérouler à Mayotte. En effet, la semaine dernière, après plusieurs réunions avec la préfecture de Mayotte et la ligue mahoraise de football, la Fédération française de football a tranché et décidé d’organiser cette finale de l’océan Indien à La Réunion. Un choix dicté par l’absence de stades homologués à Mayotte et une solution à Sada définitivement écartée après des heurts entre supporters de l’AS Sada et le Bandrélé FC.
“Beaucoup de démarches administratives”

Si la décision fédérale est dure à encaisser, elle est vue à Mayotte comme une faveur accordée à des Réunionnais “qui n’avaient pas l’intention de venir dès le départ”. Contacté en début de semaine dernière, Frédéric Catronia, l’un des coachs de l’équipe réunionnaise, avait réfuté cette idée reçue, même si son club avait demandé “des garanties” concernant la sécurité. “On sent qu’il n’y a pas de gros écart entre eux et nous. Avec nos supporters et un effectif au complet, on pouvait espérer un beau résultat et continuer le parcours en Coupe de France”, considère le président du FCM, qui voit deux handicaps dans ce déplacement.
Outre l’absence de supporters, le club mahorais pourrait être aussi privé de joueuses. Car, chaque année, le problème se pose en Coupe de France pour les clubs mahorais et peu importe le sport. Les joueurs étrangers, même en situation régulière à Mayotte, ne peuvent se rendre sans visa dans l’Hexagone ou à La Réunion. “Ça va nous lancer dans beaucoup de démarches administratives. On a aucune certitude d’avoir tous les visas ou laissez-passer à temps”, rappelle le président. “Ce n’est pas insurmontable, mais cette année, on pensait s’en passer, parce qu’on s’est vraiment préparé à recevoir.”
“On y va jusqu’au bout”

Afin d’anticiper les besoins en effectif, M’tsapéré devrait compter sur deux de ses licenciées, parties récemment à La Réunion pour poursuivre leurs études supérieures. Elles ne seront pas de trop, puisque comme le rappelle Mickaël Salim, un match à La Réunion impose de jouer avec les règles en vigueur localement, soit avec un quota limité de joueuses étrangères. “L’année dernière, on n’avait pas pu faire jouer tout le monde”, se souvient le coach de l’équipe féminine, à propos de cette confrontation similaire avec Saint-Paul (défaite des Mahoraises 4 à 0). “On y va jusqu’au bout, on ne va pas laisser tomber. On va aller à La Réunion et mettre toutes les armes de notre côté pour pouvoir gagner”, prévient toutefois l’ancien gardien de la sélection de Mayotte, qui partira avec ses joueuses, le jeudi 29 octobre.
Avec cette décision de délocaliser, Mayotte sera-t-elle condamnée à ne jamais recevoir ce type de rencontre ? Les dirigeants du FCM le craignent, eux qui voient bien l’absence de travaux pour des enceintes sportives sur le territoire. Seul espoir, dans son procès-verbal, la FFF encourageait Mayotte à engager les travaux de mise en conformité pour accueillir un match entre les deux départements “dès la saison prochaine”.
Alexis Duclos


