La victoire du Football club M’tsapéré contre l’Unicornis de Passamaïnty au mois d’août laissait présager initialement la tenue d’un choc face à La Réunion sur l’île aux parfums. En effet, comme au basket-ball, la Coupe de France féminine nécessite de déterminer un champion de l’océan Indien avant d’affronter les équipes hexagonales. Une alternance entre Mayotte et La Réunion devait s’opérer pour recevoir (ndlr, l’an dernier, le FC M’tsapéré s’était incliné à Saint-Paul sur le score de quatre buts à zéro). Ce ne sera pas le cas, cette année, et il n’y aura pas de revanche sur le territoire mahorais. La semaine dernière, la Fédération française de football a tranché et décidé que les mêmes adversaires se retrouveront plutôt à La Réunion, le samedi 31 octobre.

Un dénouement redouté et craint à Mayotte, car depuis plusieurs semaines, le choix du lieu restait en suspens. Les dirigeants de la Saint-Pauloise football club ont fait ainsi part de leurs doutes concernant la sécurité. “En aucun cas, nous avons refusé de jouer à Mayotte. Nous avons simplement demandé des garanties concernant la sécurité de nos joueurs, ainsi que de notre staff, au vu des derniers incidents qui se sont produits à Mayotte. A aucun moment, nous n’avons obtenu des garanties”, assure Frédéric Catronia, l’un des coachs de l’équipe réunionnaise. Selon lui, leur refus n’était pas catégorique, car celui-ci aurait débouché sur un forfait. “Pour nous, la sécurité de nos joueurs et de notre encadrement passe avant tout”, poursuit-il.
La solution sadoise écartée
Afin d’obtenir ces fameuses garanties, il y a bien eu des échanges entre la Fédération française de football(FFF), la ligue mahoraise et la préfecture de Mayotte. Mais aucune solution n’a été trouvée. Pire, le choix du stade de Sada, qui dispose d’un terrain synthétique, a définitivement fait capoter le projet, après les heurts du samedi 26 septembre. Une quinzaine de personnes ont été blessées, pendant la rencontre entre l’AS Sada et le Bandrélé FC, en demi-finale de Coupe de France régionale masculine. “La ligue mahoraise de football envisageait de se reposer sur le support des dirigeants de Sada pour l’organisation du match. Les graves incidents qui ont interrompu la rencontre sur le même stade ont eu pour conséquence de rendre caduque ce projet”, explique Christophe Drouvroy, directeur des compétitions nationales de la FFF.

Autre argument avancé pour délocaliser, Mayotte manque toujours de stades homologués pour ce type de rencontre. A la FFF, on admet que “la rencontre n’a pu être validée sur le territoire car les enceintes sont en travaux [ndlr, seul le stade départemental de Cavani pourrait potentiellement avoir le niveau requis] et/ou ne disposent pas des documents administratifs permettant de valider la tenue d’un match officiel”.
Côté FC M’tsapéré, l’annonce de délocaliser le match a fait office de douche froide, même si la fédération s’est engagée à prendre en charge le déplacement et l’hébergement des filles. Si les dirigeants ne souhaitaient pas réagir pour le moment, la tendance serait quand même à une participation, au moins pour éviter des sanctions.
Alexis Duclos


