Dans un rapport paru mardi 16 juin 2026 sur les risques climatiques, l’UNICEF estime que près d’un enfant sur deux dans le monde est désormais exposé à plusieurs menaces climatiques simultanées. L’organisation cite notamment Mayotte, où le cyclone Chido a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les territoires insulaires face à l’intensification des événements extrêmes.

Mayotte face au climat : l’alerte de l’UNICEF

Dans un rapport paru mardi 16 juin 2026 sur les risques climatiques, l’UNICEF estime que près d’un enfant sur deux dans le monde est désormais exposé à plusieurs menaces climatiques simultanées. L’organisation cite notamment Mayotte, où le cyclone Chido a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les territoires insulaires face à l’intensification des événements extrêmes.

Le changement climatique pèse de plus en plus lourdement sur la vie des enfants. Dans son rapport de 2026 sur les risques climatiques pour les enfants, publié ce mardi 16 juin, l’UNICEF dresse un constat alarmant : 1,1 milliard d’enfants dans le monde sont exposés à au moins trois aléas climatiques conjugués. Parmi les territoires particulièrement vulnérables figurent les outre-mer français, dont Mayotte, citée dans l’étude à la suite du passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024.

Mayotte, exemple des défis climatiques des territoires insulaires

Au fil de son rapport, l’UNICEF rappelle que les effets du changement climatique ne concernent plus uniquement certaines régions du globe. Les territoires ultramarins français figurent eux aussi parmi les zones particulièrement exposées. L’organisation souligne que dans les territoires insulaires français, « la totalité des enfants ultramarins sont exposés au risque de tempêtes tropicales sévères ». 

Mayotte est directement mentionnée dans le document. L’UNICEF estime que le cyclone Chido a constitué un révélateur des enjeux auxquels font face les territoires insulaires confrontés à des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses.  « À Mayotte, le passage du cyclone Chido a mis en évidence la vulnérabilité particulière de ces territoires face aux effets du changement climatique. En plus d’être fortement exposés aux risques climatiques extrêmes, leur capacité d’adaptation et de résilience est limitée en raison de services publics essentiels peu nombreux, mal dotés ou vétustes », souligne le rapport.

Sans remettre en cause la capacité des populations à faire face aux crises, l’organisation attire l’attention sur la nécessité de renforcer les infrastructures et les services essentiels dont dépendent les enfants, notamment l’école, l’accès à l’eau potable ou encore les structures de santé.

Près de la moitié des enfants du monde exposés à plusieurs menaces

L’étude publiée par l’UNICEF présente une cartographie mondiale de l’exposition des enfants à huit risques climatiques : les inondations côtières, les sécheresses, les chaleurs extrêmes, les incendies, les vagues de chaleur, les inondations fluviales, les tempêtes de sable et de poussière ainsi que les tempêtes tropicales.

Selon l’organisation, « 1,1 milliard d’enfants, soit près de la moitié des enfants de la planète, sont désormais exposés à au moins trois aléas climatiques conjugués », une situation susceptible de menacer « leur santé, leur éducation et leur survie ». Le rapport révèle également que « la quasi-totalité des enfants dans le monde sont confrontés à au moins un aléa climatique » et que plus de quatre millions d’entre eux pourraient être exposés à six menaces simultanément.

Parmi les combinaisons les plus fréquentes figurent les sécheresses, les chaleurs extrêmes et les vagues de chaleur. Selon l’UNICEF, 296 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans des régions confrontées à cette triple menace. Les sécheresses, les chaleurs extrêmes et les tempêtes tropicales constituent la deuxième combinaison la plus répandue, touchant 115 millions d’enfants.

« La vie des enfants continue d’être bouleversée par les vagues de chaleur, les feux incontrôlés, les sécheresses et les inondations », déclare Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. « Désormais, la moitié des enfants de la planète font face à au moins trois menaces climatiques conjuguées ayant des répercussions directes sur leur quotidien ». 

Pollution, paludisme et services essentiels sous pression

Au-delà des catastrophes climatiques elles-mêmes, l’UNICEF met en garde contre leurs conséquences indirectes sur la santé et les conditions de vie des enfants. Le rapport souligne que la pollution atmosphérique touche désormais « la quasi-totalité des enfants dans le monde ». Dans le même temps, un milliard d’entre eux vivent dans des zones exposées au paludisme, dont le développement est favorisé par les évolutions climatiques.

Pour mesurer les risques, l’organisation ne s’intéresse pas uniquement aux phénomènes météorologiques. Elle prend également en compte l’accès aux services essentiels, comme l’eau potable, l’éducation, la nutrition ou les soins de santé. Selon l’UNICEF, les territoires et les pays les plus fragiles sont souvent confrontés à une double peine : l’exposition aux aléas climatiques et des capacités de réponse limitées. Les petits États insulaires sont particulièrement concernés, les tempêtes tropicales pouvant « paralyser des îles entières d’un seul coup et submerger les services essentiels ».

Un appel à agir rapidement

Face à cette situation, l’UNICEF appelle les gouvernements à accélérer les politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’organisation demande notamment de renforcer la résilience des écoles, des établissements de santé, des réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi que des systèmes d’alerte précoce.

« En France, la totalité des enfants de nos territoires sont exposés aux impacts du changement climatique. Face à la multiplication et l’intensification des événements climatiques extrêmes, nous devons renforcer urgemment les capacités de résilience de nos systèmes essentiels et investir dans l’adaptation de nos territoires les plus menacés, particulièrement en Outre-mer, afin de protéger dès maintenant nos enfants et leur avenir », affirme Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France. L’étude avertit enfin que sans action rapide, les aléas climatiques continueront de gagner en fréquence et en intensité, avec des conséquences croissantes pour les enfants et les services publics.

« Lorsque nous renforçons les systèmes de santé et d’éducation, et améliorons les infrastructures au bénéfice des enfants, nous les protégeons des menaces climatiques actuelles tout en les aidant à construire leur avenir », conclut Catherine Russell.

Mathilde Hangard

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