Pendant les vacances scolaires, la question de l’occupation des enfants revient souvent dans les familles. À Labattoir, la commune mise sur le sport pour répondre à cette réalité, avec des animations qui rassemblent chaque jour des centaines de jeunes venus de différents quartiers.
En effet, depuis le début de ces deux semaines de repos, le stade de Labattoir est devenu un lieu de rendez-vous quotidien. Les jeunes s’y retrouvent pour participer à des ateliers sportifs mis en place par la mairie, un moyen de passer du temps ensemble, dans un cadre organisé et structuré par des animateurs.
Des vacances rythmées par le football

Sous un soleil intense en début de matinée, les conditions ne freinent pas vraiment les participants. Ballon au pied, bouteilles d’eau posées dans un coin du terrain et maillots trempés par la chaleur, les participants enchaînent les matchs. Depuis lundi, un tournoi de football rassemble les catégories U11 à U14, soit des jeunes âgés de 11 à 14 ans. Avant cela, la première semaine des vacances était consacrée aux entraînements de course de pneus, une activité très suivie à Mayotte, avec une compétition organisée le week-end dernier à Pamandzi.
Pour Inzou Selemani, agent communal chargé de la jeunesse, ce type d’initiatives ne date pas d’hier. Il explique qu’il organise ces activités à chaque période de repos depuis plusieurs années, avec toujours la même ambition : occuper les jeunes et les sortir de l’oisiveté. « Le but, c’est d’occuper ces jeunes pour qu’ils ne fassent pas n’importe quoi dans les quartiers », explique-t-il. Il évoque une réalité qu’il dit observer régulièrement pendant les périodes sans école, quand certains jeunes se retrouvent sans cadre précis.
Des moyens absents

Cependant au fil du temps, le contenu des activités a évolué. D’après lui, avant il y avait davantage de diversité dans les disciplines proposées. Il cite notamment le tennis, mais aussi des activités éducatives comme des ateliers autour du code de la route, du vélo ou d’autres formes de découverte. Ces formats permettaient de toucher la jeunesse autrement que par l’activité physique.
Aujourd’hui, ces possibilités sont plus limitées, à cause d’un manque d’infrastructures adaptées. Certains équipements ne sont plus utilisables depuis le passage du cyclone Chido, ce qui réduit directement les options possibles sur le terrain. « On fait avec ce qu’on a ! », résume-t-il, en décrivant une organisation qui doit s’adapter en permanence aux conditions matérielles.
En effet, le terrain de tennis n’est plus utilisable et certaines activités comme le basket-ball sont mises de côté pour le moment par prudence, le sol en goudron du plateau sportif de Labattoir étant jugé trop dangereux pour les enfants en cas de chute notamment.
Une forte participation des jeunes
Au-delà des infrastructures, l’organisation repose aussi sur un travail de proximité. L’animateur indique qu’il se déplace directement dans certains quartiers de Labattoir, notamment à Toutouroucha et à La Vigie, pour aller chercher des jeunes qui ne viendraient pas forcément d’eux-mêmes sur les lieux. « Je les récupère puis à la fin de l’activité je les ramène dans leur quartier. C’est un moyen aussi de rassurer les parents », affirme l’animateur.

Depuis le début du tournoi, environ 200 jeunes ont déjà participé aux ateliers. L’affluence reste importante tout au long de la semaine, avec des animations qui ne se limitent pas aux vacances. Car même pendant la période d’école, des « Mercredi découverte » sont organisés au stade avec le même objectif. « Ils sont très réceptifs, parfois c’est eux qui viennent me voir en me disant que ça serait bien d’organiser un tournoi. Ils choisissent ce qu’ils veulent faire comme sport et nous les animateurs on est là pour les encourager et les accompagner », raconte Inzou Selemani.
Charif fait partie des jeunes présents chaque jour, il participe régulièrement aux activités proposées par la commune et dit y trouver une occupation qu’il attend à chaque période de vacances. « J’aime bien parce que ça m’évite de m’ennuyer à la maison, en plus je fais du sport et je me fais aussi des amis », confie-t-il, le sourire aux lèvres.
Le tournoi de football se termine ce vendredi par une finale. Les équipes participantes vont recevoir des médailles et des trophées fournis par la municipalité, dans l’objectif de valoriser leur engagement pendant ces deux semaines de repos.
Shanyce MATHIAS ALI.


