Depuis le 20 avril 2026, les policiers municipaux interviennent directement dans les classes de CM2 de Petite-Terre. Une heure de séance, des élèves attentifs et une conviction commune : prévenir la violence, ça s'apprend, et ça commence dès l'enfance.

« Nous sommes là pour vous » : les policiers municipaux de Petite-Terre en classe Prévention de la violence en milieu scolaire

Depuis le 20 avril 2026, les policiers municipaux interviennent directement dans les classes de CM2 de Petite-Terre. Une heure de séance, des élèves attentifs et une conviction commune : prévenir la violence, ça s'apprend, et ça commence dès l'enfance.

Tout a démarré le 24 juin 2025, en ouverture de la séance plénière du CISPD (Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance), avec la signature d’une convention réunissant le Rectorat de Mayotte, la CCPT, les communes de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi, la Gendarmerie nationale et le CNFPT.

Dix mois plus tard, les engagements se concrétisent. Les agents de police municipale, formés par le Centre National de la Fonction Publique Territoriale, interviennent auprès de l’ensemble des élèves de CM2 de Petite-Terre. L’objectif de cette première année : préparer ces enfants à leur entrée au collège, un environnement plus exigeant, avec de nouveaux codes où il est essentiel de disposer de repères solides pour favoriser une intégration positive et prévenir les situations d’influence ou de regroupements à risque.

Ce que les enfants apprennent

Le support pédagogique, validé par le Rectorat, aborde des sujets que les enfants côtoient mais ne savent pas toujours nommer.

Trois formes de violence y sont clairement distinguées : la violence verbale, la violence physique, et la violence psychologique.

Trois formes de violence y sont clairement distinguées : la violence verbale (insultes, moqueries, menaces), la violence physique (coups, bousculades), et la violence psychologique (exclusion, rumeurs, isolement).

Les enfants apprennent que ces comportements, lorsqu’ils se répètent, constituent du harcèlement et que le harcèlement est puni par la loi.

La séance couvre aussi les réflexes à adopter selon les contextes : à l’école, dans le quartier, dans le transport scolaire, et rappelle les numéros d’urgence – 17, 15, 18, 112 – que chaque élève devrait connaître par cœur. Gratuits, accessibles sans crédit, ils sont présentés non comme une ressource abstraite mais comme un outil du quotidien.

Un point a particulièrement marqué lors de la séance observée à Labattoir 3 : l’enseignant encourage régulièrement ses élèves à mémoriser aussi le numéro de téléphone de leurs parents. Ce réflexe, aussi élémentaire soit-il, n’est pas acquis.

En fin de séance, un guide mémo est remis à chaque élève. Conçu comme un support pédagogique, il reprend les principes du vivre-ensemble, les numéros utiles et invite chaque enfant à s’engager personnellement.

À travers un « passeport du vivre-ensemble », les élèves formalisent ainsi, par écrit, des engagements simples : respect, refus de la violence, entraide et responsabilité au quotidien.

Des policiers qui font tomber les murs

Lors des interventions, les policiers invitent les élèves à définir eux-mêmes les termes, à comprendre le sens de ce qu’on leur explique : pas à subir un cours.

C’est peut-être l’un des effets les moins visibles, mais l’un des plus durables de ce programme. Pour ces enfants, la police a souvent une image avant tout corrective : on la voit quand il y a un problème. Alerter la police n’est pas un réflexe naturel, même dans les situations graves.

Les agents le savent. Ces séances sont aussi une façon de se rendre présents autrement : souriants, pédagogues, encourageants. Lors des interventions, ils invitent les élèves à définir eux-mêmes les termes, à comprendre le sens de ce qu’on leur explique : pas à subir un cours. Ce lien tissé en classe est une forme de prévention que les statistiques ne mesurent pas facilement, mais que l’enseignant qui accueille ces séances voit, lui, très clairement.

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