L’affaire débute en 2016 lors d’un contrôle d’identité à l’aéroport de Pamandzi. Une brigade de police vérifie les documents de passagers fraîchement arrivés sur le territoire mahorais. Trois individus sont interpellés au cours de la journée, suspectés d’avoir utilisé des documents falsifiés.
Au commissariat, les enquêteurs relèvent des similitudes entre les passeports présentés. Ces éléments déclenchent l’ouverture d’une enquête qui met progressivement au jour un système organisé de fabrication et de circulation de faux passeports et de titres de séjour. Les investigations témoignent d’une organisation structurée reposant sur des relais à Mayotte et des faussaires installés en région parisienne. Deux intermédiaires assurent la diffusion locale des documents, tandis que leur production est réalisée en Hexagone. L’ensemble est coordonné par un individu connu sous le pseudonyme de « Kalfane », chargé d’assurer la liaison entre les différents acteurs.
Un système pyramidal et des peines lourdes prononcées
Au fil de l’enquête, les magistrats décrivent un fonctionnement en chaîne. Chaque client pouvait devenir « rabatteur » en recrutant de nouveaux demandeurs, en échange de réductions ou de la gratuité des documents falsifiés. Ce mode opératoire a permis l’extension progressive du réseau.
À Mayotte, deux hommes sont identifiés comme relais principaux, l’un en Petite-Terre pour les cartes d’identité et les passeports, l’autre en Grande-Terre pour les titres de séjour. Trois faussaires basés en Île-de-France sont également mis en cause pour la fabrication des documents, ensuite acheminés vers le 101ème département français. Les flux financiers transitaient par virements bancaires et servaient à financer la production de nouvelles contrefaçons, pour un montant estimé à environ 7 700 euros.
À l’issue de l’audience, plusieurs lourdes condamnations ont été prononcées. Le principal prévenu, Kalfane, a été condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, ainsi qu’à 15 000 euros d’amende. Les autres prévenus ont écopé de peines comprises entre deux et quatre ans d’emprisonnement, assorties pour certains de sursis et d’amendes, en fonction de leur rôle dans le réseau.
Léo Vignal et Mathilde Hangard


