Parés d’un gilet fluorescent et d’un casque, trois apprentis cyclistes bravent la chaleur ce mardi 14 avril pour pédaler autour de la place de la République. Ils font partie des bénéficiaires du plan national « vélo-égaux » tout juste déployé à Mayotte et porté par la Cadema (communauté d’agglomération de Dembéni Mamoudzou) et l’association Mlezi Maore. Ali Ammar, conseiller mobilité et animateur mobilité vélo forme les futurs cyclistes. « Maintenant que tu sais pédaler, on va voir comment changer les vitesses, surtout il faut les changer en roulant pas à l’arrêt », leur glisse-t-il.
Un vélo cargo à l’issue de la formation

Les participants à la formation – un public en situation de précarité – ont été orientés par des organismes avec lesquels la Cadema et Mlezi Maore collaborent : France Travail, Metic, École de la 2ème Chance, Expert Net. À la fin, ils recevront un vélo cargo, c’est-à-dire une bicyclette où le châssis est conçu pour recevoir une caisse ou une plateforme permettant le transport de charges.
Pour l’instant, dix personnes participent au programme. Au total, la Fédération française des Usagères et usagers de la Bicyclette (FUB), prévoit d’accompagner 90 bénéficiaires en prenant en charge la formation et le don de vélo.
Le but est d’inciter l’usage des mobilités douces face à la voiture qui présente plusieurs inconvénients. « Aujourd’hui, à Mayotte comme tout le monde le voit, il y a trop de voitures et le vélo reste un moyen plus facile à se déplacer », considère Ali Ammar. Cela peut être une option plus rapide. « Pour aller faire quelques courses, au lieu de prendre un taxi de Cavani pour descendre à Mamoudzou, on prend son vélo cargo pour aller acheter six briques de lait », donne pour exemple le formateur.
Faciliter l’insertion professionnelle à travers le vélo

Les bénéficiaires sont en recherche d’emploi ou en en contrat partiel, l’objectif à travers ce dispositif est aussi de faciliter leur insertion professionnelle. « La mobilité peut être un frein pour l’insertion parce qu’on n’a pas de moyen de transport, quand on a un vélo c’est plus facile pour se déplacer », souligne Ali Ammar.
C’est précisément cet argument qui a convaincu Hortense, une quarantenaire, de faire partie du dispositif. « Ça pourra m’aider par rapport aux embouteillages pour ne pas arriver au travail en retard, si jamais je n’arrive pas à trouver une voiture en stop », évoque-t-elle.
Pour Zaïna Attoumane, le vélo va lui faire gagner du temps. « Quand je vais au travail, je prends 2 taxis, un de Kawéni à Mamoudzou et ensuite un autre jusqu’à Mtsapéré, c’est long et ça a un coût… Le vélo, ça va m’aider », estime-t-elle. Du côté de Saindou Abdallah, c’est l’argument économique qui l’a convaincu. « Pour aller à l’auto école de Mlezi depuis Kawéni, je dépense cinq euros de taxi aller-retour, à la fin de la semaine, ça coûte 25 euros, c’est cher », témoigne-t-il. Le fait que « le vélo ne pollue pas » l’a aussi séduit. À l’issue du journée de formation, les trois bénéficiaires sont déjà à l’aise, ils pédalent sereinement, bientôt prêts à parcourir les routes de Mayotte … à vélo.
Lisa Morisseau


