Les Apprentis d’Auteuil Mayotte célèbrent les 160 ans de la Fondation

Entre témoignages et échanges, la matinée a été l’occasion de célébrer et rappeler l’engagement des équipes mobilisées pour accompagner les jeunes et les familles face aux besoins croissants après le passage du cyclone Chido.

Dans l’hémicycle du Conseil départemental Younoussa Bamana, l’association Apprentis d’Auteuil de Mayotte (AAM), présente et engagée sur le territoire depuis 2008, a célébré vendredi 27 mars les 160 ans de la Fondation Apprentis d’Auteuil.

Un moment de célébration et de partage, où témoignages et prises de parole ont permis de rappeler les valeurs de la Fondation ainsi que l’engagement constant de ses centaines de salariés, mobilisés auprès des jeunes et des familles en difficulté, venus nombreux pour l’occasion. Une parenthèse bienvenue, offrant un temps de respiration dans un quotidien souvent exigeant, notamment depuis le passage du cyclone Chido, qui a augmenté les besoins d’accompagnement sur le territoire.

Plus de 2.500 jeunes et familles accompagnées chaque année

AAM compte huit dispositifs dédiés à la prévention, la protection de l’enfance, la scolarisation et l’insertion socio-professionnelle. (archives AAM)

Aujourd’hui, à travers huit dispositifs dédiés à la prévention, la protection de l’enfance, la scolarisation et l’insertion socio-professionnelle, l’association Apprentis d’Auteuil de Mayotte accompagne chaque année plus de 2.500 jeunes et familles à Mamoudzou, Sada, Dzoumogné, Bandraboua, Vahibé et en Petite-Terre.

Parmi ces actions, les centres d’accueil de jour « M’Sayidié » à Cavani et Labattoir, accompagnent des jeunes de 8 à 18 ans sortis du système scolaire. Les éducateurs vont à leur rencontre sur le terrain, recréent un lien de confiance et leur transmettent les bases nécessaires pour favoriser un retour à l’école. L’objectif est de permettre à chacun de retrouver un parcours éducatif et une place dans la société.

L’internat éducatif et scolaire (IES), d’une capacité de 27 places pour des jeunes filles, est lié au Lycée d’Enseignement Adapté l’Espérance (LEA), qui accueille 240 élèves de la 6ᵉ au CAP. L’établissement comprend une classe Kanel de pré-scolarisation et d’enseignement général et professionnel, ainsi que trois formations de CAP dans la restauration, l’accompagnement éducatif petite enfance, et le métier d’équipier polyvalent de commerce. L’internat offre un cadre structurant et un suivi individualisé pour aider chaque jeune à réussir, grâce au soutien scolaire, à l’accompagnement éducatif et à l’orientation vers les parcours professionnels adaptés.

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Ponçage d’une pirogue réalisée au sein du chantier de réinsertion professionnelle de Sada. (photographie/DR/ Apprentis d’Auteuil Mayotte)

L’insertion professionnelle passe aussi par des ateliers professionnels, comme l’atelier et chantier d’insertion « Laka Ya Baraka ». Encadrés par des professionnels, des salariés en insertion y développent des compétences en fabriquant du mobilier à partir de palettes ou des pirogues, tout en contribuant à la valorisation du patrimoine local. Au-delà de l’apprentissage, ces activités visent à redonner confiance et à ouvrir de nouvelles perspectives.

La matinée a été aussi l’occasion de revenir sur des moments forts partagés entre les salariés et des jeunes, notamment la participation à un Stand Up à Paris, un pèlerinage à Lourdes et des Concours artistiques. « On fait ça pour que les jeunes osent, fassent des choses qu’ils n’espéraient jamais accomplir », souligne un salarié.

Des réductions de financements, des bâtiments encore endommagés mais un engagement sans failles

Suite à la réduction des financements publics, Apprentis d’Auteuil Mayotte a dû réduire son activité dans le domaine de l’insertion et de la formation en mettant fin aux activités de trois dispositifs.

Mais dans un contexte marqué par la réduction des financements publics, Apprentis d’Auteuil Mayotte a été contrainte d’adapter son organisation. L’association a ainsi mis fin à trois dispositifs : le programme « Oumeya » dédié à l’insertion socio-professionnelle des 16-29 ans, le centre de formation continue, ainsi que les formations linguistiques et civiques confiées par l’OFII, suite à la fin du marché.

« Les besoins sont très importants et évidemment que les opérateurs comme nous,  mobilisés dans la jeunesse, ont besoin de plus de crédits pour agir davantage, mais le soutient est là, les collectivités, les entreprises, l’Etat, il faut pour nous continuer, poursuivre et développer ce qui est sur le territoire », souligne Franck Saint-Martin, directeur d’AAM. « On voit un certain nombre de bâtiments encore dégradés pour lesquels on a pas encore fait le nécessaire mais c’est en bonne voie, notre centre de formation continue devrait être habilité dans les mois à venir, donc on garde espoir de pouvoir redévelopper des activités comme c’était avant ».

« C’était important aujourd’hui d’être tous rassemblés pour fêter l’anniversaire de la fondation à laquelle nous sommes rattachés. Malgré les difficultés, malgré les situations difficiles à vivre personnellement et professionnellement, les gens sont toujours aussi engagés dans leurs missions auprès de cette jeunesse et c’est ce qu’on a envie de fêter et de retenir aujourd’hui », ajoute-t-il.

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